Zimbabwe: Mugabe nomme un nouveau vice-président

Emmerson Mnangagwa a été nommé vice-président du parti... (PHOTO  JEKESAI NJIKIZANA, afp)

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Emmerson Mnangagwa a été nommé vice-président du parti au pouvoir, la ZANU-PF, et donc automatiquement de l'État.

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Agence France-Presse
HARARE

Le vieux président zimbabwéen Robert Mugabe a nommé mercredi vice-président le ministre de la Justice Emmerson Mnangagwa, plaçant en position de favori pour lui succéder cet homme qui par le passé fut en charge de la police secrète.

M. Mnangagwa a été nommé vice-président du parti au pouvoir, la ZANU-PF, et donc automatiquement de l'État.

S'exprimant à Harare au siège du parti, avec lequel il gouverne depuis l'indépendance en 1980, le président Mugabe, 90 ans, a annoncé : «Il y a deux vice-présidents. Pour l'ancienne ZANU (l'une de deux composantes historiques du parti), nous avons Emmerson Mnangagwa».

Déclenchant un tonnerre d'applaudissements, il a ajouté : «Nous le félicitons».

Il a indiqué que Phelekezela Mphoko, un ancien diplomate, avait été choisi pour le second poste de vice-président, au rôle plus symbolique.

Cette annonce constitue le point d'orgue de plusieurs semaines de guerre de succession et une purge dans les rangs du parti, en congrès annuel la semaine dernière.

Grace Mugabe, 49 ans, l'épouse du président, est l'autre grande gagnante, avec M. Mnangagwa, 68 ans, de cette séquence politique qui pourrait s'avérer cruciale pour la succession du chef de l'État.

Mme Mugabe préside officiellement depuis samedi la puissante Ligue des femmes du parti.

Selon les analystes, M. Mugabe se soucie énormément de mettre à l'abri sa famille pour le jour où il décèdera ou quittera le pouvoir.

Il se murmurait même à Harare que celle qu'on surnommait la «reine des emplettes» serait peut-être nommée vice-présidente, d'autres commentateurs la jugeant toutefois encore trop novice.

Ces derniers mois, elle a été utilisée par le président Mugabe pour attaquer Joice Mujuru, qui était la vice-présidente du Zimbabwe jusqu'à mardi, et qui fut un temps considérée comme son héritière. Elle a été limogée mardi avec huit ministres proches d'elle.

Ce limogeage est intervenu après une campagne pour isoler politiquement Mme Mujuru, veuve d'un général respecté décédé dans un mystérieux incendie en 2011. Mme Mujuru a été accusée d'affairisme, d'incompétence et de complot pour assassiner le chef de l'État.

De nouveaux ministres ne devraient pas tarder à être nommés, «mais les vice-présidents sont en fonction. Je voudrais qu'ils prêtent serment vendredi», a déclaré M. Mugabe.

Cette spectaculaire lutte pour le pouvoir intervient en plein délabrement de l'économie zimbabwéenne, sous perfusion chinoise alors que les investisseurs n'apprécient guère la politique d'«indigénisation», le transfert de propriété économique à des Zimbabwéens noirs, parfois proches du pouvoir.

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