Boko Haram massacre 48 vendeurs de poissons au Nigeria

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Les attaques de Boko Haram sont quasi-quotidiennes au Nigeria. Sur la photo : Abubakar Shekau, le chef du groupe terroriste.

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Aminu ABUBAKAR
Agence France-Presse
KANO

Le groupe armé islamiste Boko Haram a commis un nouveau massacre en égorgeant ou noyant 48 vendeurs de poissons dans le nord-est du Nigeria, au bord du lac Tchad, a annoncé dimanche le responsable de leur association.

Commise jeudi, c'est la dernière attaque en date des islamistes dans l'État de Borno, leur fief du Nord-Est.

«Des dizaines de combattants de Boko Haram ont bloqué jeudi la route près du village de pêcheurs de Doron Baga sur les rives du lac Tchad, et ont tué un groupe de 48 commerçants qui allaient acheter du poisson au Tchad», a déclaré à l'AFP le responsable associatif, Abubakar Gamandi.

Selon lui, les insurgés ont arrêté sur la route le convoi des commerçants, au niveau de la localité de Dogon Fili, à 15 km de Doron Baga.

«Les combattants de Boko Haram ont tranché la gorge de certains des hommes et ont noyé dans le lac les autres après leur avoir lié les pieds et les mains», a précisé par téléphone Abubakar Gamandi depuis Maiduguri, la capitale de l'État de Borno.

Doron Baga, située à 180 km au nord de Maiduguri, est la base de la Force multinationale (MNJTF), comprenant des troupes du Nigeria et de deux pays voisins, Tchad et Niger, qui combattent le groupe islamiste.

Kaloma Zarami, un vendeur de poissons de Maiduguri, a indiqué avoir appris samedi soir le massacre de «48 personnes» par des «collègues venus de Doron Baga».

«Ils ont tué silencieusement»

Selon le responsable associatif, les assaillants «ont tué leurs victimes silencieusement sans se servir de fusil, afin de ne pas attirer l'attention de la Force multinationale».

Un officier de l'armée nigériane à Maiduguri a confirmé l'attaque, au mobile pour l'heure inconnu, vol ou autre. «Mais nous n'avons pas de détails car la région est sous le contrôle opérationnel de la MNJTF», a-t-il expliqué.

La nouvelle de l'attaque a mis du temps à se répandre en raison de la destruction des relais de téléphonie cellulaire par Boko Haram au cours d'opérations précédentes.

En visite dimanche au Niger, le premier ministre français Manuel Valls a dénoncé un «nouvel acte de barbarie» perpétré par une «organisation terroriste».

«C'est une nouvelle illustration de la menace que fait peser ce groupe, cette secte, sur les populations du Nigeria mais aussi sur les pays avoisinants», a-t-il souligné.

Plus de 13 000 personnes ont été tuées depuis le début en 2009 de l'insurrection, qui se dit désormais à la tête d'un «califat islamique» dans les zones sous son contrôle. Près de 1,5 million d'habitants ont été déplacés par les violences.

L'état d'urgence dans trois États du Nord-Est, en vigueur depuis mai 2013, a expiré jeudi. Mais la violence n'a cessé d'empirer depuis 18 mois dans les États concernés (Borno, Yobe et Adamawa), où des villes entières sont contrôlées par les islamistes.

Sur les rives du lac Tchad, les incessantes attaques de Boko Haram ont désorganisé les activités agricoles, et les pêcheurs de Doron Baga ont dû abandonner leur activité pour se tourner vers l'importation de poisson séché depuis le Tchad.

Selon M. Gamandi, la route par Dogon Fili, qui longe le lac, reste le passage le plus sûr pour les commerçants de Doron Baga allant au Tchad. Les autres axes sont infestés d'insurgés.

En août dernier, les islamistes avaient attaqué Doron Baga, tuant 28 villageois et en enlevant 97. Les otages, dont des femmes et des enfants, avaient été emmenés à bord de canots à moteur sur le lac jusqu'au Tchad.

L'armée tchadienne avait ensuite intercepté un convoi de bus transportant les otages depuis la rive et avait libéré 85 d'entre eux.

Alors que les attaques de Boko Haram sont quasi-quotidiennes dans le nord-est du Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique se prépare à la présidentielle de février 2015, à laquelle est candidat le chef de l'État Goodluck Jonathan, au pouvoir depuis 2010.

Un scrutin à haut risque, de l'avis général. Dimanche, le principal parti d'opposition a accusé le pouvoir d'avoir fait saccager samedi ses bureaux à Lagos par des agents de sécurité.

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