Un militaire français tué dans le nord du Mali

Un soldat français des forces spéciales a été tué mercredi au Mali, le premier... (Photo: AFP)

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Valérie LEROUX
Agence France-Presse
Paris

Un soldat français des forces spéciales a été tué mercredi au Mali, le premier depuis la fin de l'intervention Serval en juillet, et deux autres blessés lors d'une opération destinée à freiner la résurgence des djihadistes dans le nord du pays.

Le sergent-chef des Commando parachutiste de l'air, Thomas Dupuy, basé à Orléans, est tombé «au combat tôt (mercredi) matin» dans l'Adrar des Ifoghas «dans le cadre d'une mission particulièrement périlleuse qui a atteint ses objectifs», a annoncé la présidence française dans un communiqué.

Le président François Hollande a exprimé «son profond respect pour le sacrifice de ce sous-officier des forces spéciales» et rappelé que les soldats français «contribuent avec courage et efficacité à consolider la souveraineté du Mali et à lutter contre le terrorisme».

Le sergent-chef, âgé de 32 ans et qui avait servi précédemment en Afghanistan, participait mardi à une mission dans le massif du Tigharghar, au nord du Mali, visant à «surprendre et frapper les groupes armés terroristes», a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué séparé.

Les forces françaises se sont alors «rapprochées d'un campement terroriste abritant une trentaine d'individus». «Des combats, particulièrement violents, se sont déroulés dans la nuit (de mardi à mercredi)», touchant mortellement le soldat et en blessant deux autres, a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé vendredi à Bamako un renforcement du dispositif français dans le nord du Mali face à la «résurgence» de groupes djihadistes, trois mois après la fin de l'opération française Serval.

Au total, dix soldats français ont été tué au Mali depuis le lancement de Serval en janvier 2013. Le dernier en date, un légionnaire, avait été tué le 14 juillet, victime d'un attentat suicide.

La France a laissé 1400 hommes au Mali mais a réarticulé depuis le 1er août son dispositif militaire dans la région, rebaptisé Barkhane, autour de cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad).

Cette force, dotée de 3000 hommes, a pour vocation d'effectuer des opérations éclair, terrestres ou aéroportées, et a été activée ces derniers jours au nord-Mali, après une série d'attaques meurtrières contre la Mission de l'ONU dans ce pays (MINUSMA).

L'Adrar des Ifoghas, près de la frontière algérienne, a déjà été le théâtre de violents combats contre Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) lors de l'opération Serval. Les groupes djihadistes armés, chassés alors des grandes villes du nord, essaient désormais de regagner du terrain depuis les profondeurs septentrionales du Mali et les pays voisins, où ils ont trouvé refuge.

«Les groupes djihadistes s'adaptent continuellement et gagnent en solubilité sur le terrain, notamment en s'infiltrant dans des groupes (touareg) dits "rebelles"», relève Mathieu Pellerin, chercheur spécialisé sur le Sahel à l'Institut français des relations internationales (IFRI) à Paris.

«Station-service» libyenne 

Les groupes armés sont aussi ragaillardis par la lenteur du déploiement des forces de la MINUSMA (8200 hommes) au nord de la boucle du Niger, reliant Gao à Tombouctou.

«Le nord du Mali est fragilisé parce que la MINUSMA n'a pas été au rendez-vous au moment où il le fallait», a déploré lundi M. Le Drian, en mettant en avant des problèmes logistiques.

Sur le terrain, d'aucuns invoquent la crainte des contingents de monter vers le Nord et d'aller au contact de la population. L'armée malienne, en pleine convalescence et humiliée après sa défaite en mai à Kidal face à la rébellion touareg, est aussi bien souvent aux abonnés absents.

Les djihadistes sont également servis par le sanctuaire hors pair que leur offre le Sud libyen, qui échappe à tout contrôle et vers où convergent les trafics d'armes issues des arsenaux de Mouammar Kadhafi.

Le leader djihadiste Iyad «Ag Ghali va y faire ses "courses". C'est une vraie station-service. Idem pour Belmokhtar», autre chef islamiste responsable de la prise d'otages sanglante à la raffinerie d'In Amenas en Algérie, note un responsable français, qui s'inquiète: «Il ne faudrait pas que cela devienne un lieu de contacts avec le groupe État islamique et les shebab somaliens».

Barkhane a riposté en décidant d'installer une base avancée tout près de la frontière libyenne, à Madama, dans l'extrême nord du Niger, et en perturbant les trafics qui empruntent à cet endroit les «autoroutes» du désert.

Début octobre, les Français ont ainsi intercepté un convoi de trois tonnes d'armes - dont un système de missile sol-air SA-7 en état de marche - qui descendait vers le Mali, destiné aux hommes d'Ag Ghali.

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