Des Sud-Soudanaises appellent à la grève du sexe

Des Sud-Soudanaises passent à proximité d'un Casque bleu... (PHOTO ANDREEA CAMPEANU, ARCHIVES REUTERS)

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Des Sud-Soudanaises passent à proximité d'un Casque bleu de l'ONU patrouillant à Bentiu, dans l'État d'Unité, le 18 juin.

PHOTO ANDREEA CAMPEANU, ARCHIVES REUTERS

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Agence France-Presse
JUBA

Un groupe de Sud-Soudanaises militant pour la paix ont appelé à une grève du sexe pour contraindre les belligérants, dont les deux camps s'entretuent depuis plus de 10 mois dans leur pays, à cesser les combats.

Quelque 90 femmes, dont des députées, se sont réunies cette semaine dans la capitale Juba pour mettre sur pied les meilleures idées pour «faire avancer la paix, la reconstruction et la réconciliation».

Parmi les principales pistes : «convaincre toutes les femmes du Soudan du Sud de refuser leurs droits conjugaux à leurs maris jusqu'à ce que la paix revienne», ont-elles expliqué dans un communiqué jeudi.

D'autres propositions ont émergé, parmi lesquelles rencontrer les femmes du président Salva Kiir et de son ancien vice-président et rival Riek Machar, pour leur demander de faire pression sur leurs maris «pour arrêter la guerre».

Le Soudan du Sud est déchiré depuis décembre par un conflit émaillé d'atrocités entre les troupes fidèles au président Kiir et celles loyales à Riek Machar.

Dans cette guerre, des milliers de personnes - sans doute des dizaines de milliers, mais aucun bilan précis n'existe - ont été tuées et plus de 1,8 million chassées de chez elles.

Pour Tobias Atari Okori, de la Commission pour la paix et la réconciliation, soutenue par le gouvernement, l'idée d'une grève du sexe montre que la population veut la paix à tout prix.

«La population souffre énormément, et ce sont les femmes, les enfants et les personnes âgées qui souffrent le plus», a-t-il souligné à l'AFP.

Début octobre, la responsable de l'ONU responsable de la violence sexuelle dans les conflits armés, Zainab Bangura, avait affirmé n'avoir jamais vu un nombre aussi important de viols qu'au Soudan du Sud depuis le début du conflit.

Ces derniers mois, responsables politiques et militaires sud-soudanais n'ont cessé de transgresser les promesses de cessez-le-feu difficilement décrochées sous la pression de la communauté internationale.

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