Le président nigérian rencontre des parents des écolières enlevées

Une délégation de plus de 150 habitants de... (PHOTO WOLE EMMANUEL, AFP)

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Une délégation de plus de 150 habitants de Chibok, localité située dans la même région, où 276 jeunes filles avaient été enlevées dans leur école secondaire le 14 avril, a rencontré le président Jonathan.

PHOTO WOLE EMMANUEL, AFP

Ola AWONIYI
Agence France-Presse
ABUJA

Le président nigérian Goodluck Jonathan a rencontré pour la première fois mardi à Abuja des parents des écolières kidnappées par les islamistes de Boko Haram, cent jours après leur enlèvement qui avait ému le monde entier.

Cette rencontre très attendue avec le chef de l'État, accusé d'avoir manqué de réactivité dans cette affaire, intervient au moment où l'armée tente de reprendre le contrôle de la ville de Damboa (nord-est) récemment attaquée par Boko Haram qui semblait toujours la contrôler mardi.

Une délégation de plus de 150 habitants de Chibok, localité située dans la même région, où 276 jeunes filles avaient été enlevées dans leur école secondaire le 14 avril, a rencontré le président Jonathan, le président du Sénat, David Mark, et le gouverneur de l'État de Borno (nord-est), Kashim Shetima, selon un journaliste de l'AFP.

L'État de Borno, où se trouve Chibok, est l'épicentre de l'insurrection islamiste au Nigeria, qui a fait plus de 10 000 morts dans le pays depuis cinq ans et a encore gagné en intensité ces derniers jours dans le Nord-Est.

La délégation est composée de proches des otages, des 57 adolescentes qui ont réussi à s'échapper et de responsables de la communauté des anciens de Chibok, a précisé une source à la présidence ayant requis l'anonymat.

Suite à une courte prière en présence des médias, la rencontre s'est poursuivie à huis clos.

Sur les 276 écolières capturées au moment de l'attaque, 219 sont toujours portées disparues.

M. Jonathan a été très critiqué pour son manque de réactivité au lendemain de ce kidnapping de masse et pour ne s'être jamais rendu à Chibok depuis pour rencontrer les familles des victimes.

Suite à la visite de la jeune militante pakistanaise Malala Yousafzai, venue à Abuja apporter son soutien à la campagne «Bring back our girls» («Ramenez nos filles») pour la libération des écolières, la présidence avait tenté d'organiser une rencontre avec quelques proches des captives la semaine dernière.

Mais la petite délégation conviée avait décliné cette invitation, considérant que si le président Jonathan refusait de se rendre à Chibok, il pouvait au moins faire venir à Abuja l'ensemble des familles touchées par ce drame.

Le gouvernement a affrété un avion qui a transporté lundi les proches des otages de Yola (nord-est) à Abuja, a indiqué l'oncle de deux adolescentes toujours en captivité, Ayuba Chibok.

Progression des islamistes dans le Nord-Est

Le sort des otages de Chibok a suscité une très vive émotion au Nigeria et dans le monde, et suscité la campagne «Bring back our girls», relayée par les réseaux sociaux. Des personnalités telles que le pape François, la première dame des États-Unis Michelle Obama ou l'actrice Angelina Jolie ont exprimé leur soutien.

Plusieurs puissances occidentales ont offert une aide logistique et militaire au Nigeria pour tenter de retrouver les jeunes filles, mais peu d'informations ont filtré quant à l'avancée des recherches.

En dépit du lancement d'une vaste offensive militaire en mai 2013 et de l'instauration de l'état d'urgence dans trois États du Nord-Est, Boko Haram multiplie les attaques meurtrières.

Une attaque lancée jeudi soir sur Damboa s'est poursuivie durant le week-end, forçant 15 000 personnes à prendre la fuite. Selon des témoins, des civils se sont retrouvés «sans défense» dans cette ville, les forces de sécurité s'en étant retirées après de précédentes attaques.

«Les insurgés ont toujours le contrôle de Damboa», a affirmé à l'AFP un membre d'une milice locale, Kabiru Ali, qui a dû fuir la ville. Ils y ont même «hissé leurs drapeaux», a-t-il ajouté.

Certaines zones seraient entièrement régies par les islamistes, mais cela reste difficile à confirmer, notamment à cause du réseau de téléphonie mobile, très mauvais dans cette région.

L'armée tente de minimiser l'étendue de la crise. «Nous ne concédons aucune portion de ce pays à quelque groupe terroriste que ce soit», a déclaré son porte-parole Chris Olukolade, assurant que «les services de sécurité consolident leur déploiement dans tout le secteur».




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