Une attaque à la grenade à Bangui fait 20 morts

Un groupe d'extrémistes a lancé une grenade offensive... (PHOTO SIA KAMBOU, ARCHIVES AFP)

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Un groupe d'extrémistes a lancé une grenade offensive sur une foule qui assistait à une veillée funèbre.

PHOTO SIA KAMBOU, ARCHIVES AFP

Christian PANIKA
Agence France-Presse
Bangui

Au moins 20 personnes ont été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'une attaque contre une veillée funèbre chrétienne, dans la capitale centrafricaine, confrontée ces derniers jours à une recrudescence des violences entre groupes armés.

«Aux environs de 23 h (18 h heure de Montréal) au quartier Kango, un groupe d'extrémistes bien connu des services de police a lancé une grenade offensive sur une foule qui assistait à une veillée funèbre. Au moins 20 personnes ont été tuées», a affirmé vendredi le ministre de la Sécurité publique, Denis Wangao Kizimalé.

«Onze autres personnes ont été blessées et suivent en ce moment des soins à l'hôpital communautaire», a ajouté le ministre.

«Le gouvernement condamne avec fermeté cet acte odieux. D'ores et déjà, une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances de ce crime. Les auteurs seront recherchés et traduits en justice», a-t-il ajouté.

Plusieurs habitants du quartier, majoritairement chrétien, ont manifesté leur colère dans la rue vendredi, attribuant l'attaque à des musulmans, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon une source proche des familles présentes à la veillée, une femme enceinte et plusieurs enfants figurent parmi les victimes.

Avant cette attaque, une recrudescence des violences à Bangui avait déjà fait une vingtaine de morts depuis samedi. Plusieurs affrontements avaient éclaté entre des groupes armés, opposant notamment des miliciens anti-balaka, majoritairement chrétiens, et des pillards à des musulmans.

Le chef de la force africaine (MISCA) a annoncé mercredi que la MISCA considérait «les anti-balaka comme des ennemis» et qu'ils seraient traités «en conséquence».

Formées en réaction aux exactions perpétrées pendant des mois par les combattants essentiellement musulmans de la Séléka après leur prise du pouvoir en mars 2013, les milices anti-balaka s'en prennent depuis à la population musulmane, qui fuit massivement le pays.

Depuis un an, l'ancienne colonie française, pays parmi les plus pauvres de la planète habituée aux coups d'État à répétition et aux rébellions, traverse une crise sans précédent avec des violences interreligieuses et des centaines de milliers de déplacés.

Si les tueries de masse ont cessé depuis le début de l'opération française Sangaris (2000 hommes) en décembre, déployée en appui des 6000 soldats africains de la MISCA, la violence reste quotidienne à Bangui et en province, où des régions entières échappent à tout contrôle militaire ou étatique.

Comme à Boda, à 190 km à l'ouest de Bangui: «vous avez une communauté musulmane, dont les membres sont en majorité bloqués, et un no man's land entre le quartier musulman et la communauté chrétienne», a déclaré à Genève un haut responsable du HCR, Volker Turk. «Sans les Sangaris, la communauté musulmane n'existerait plus», a-t-il affirmé.

Pour M. Turk, le nouveau gouvernement en place depuis l'élection de la présidente Catherine Samba Panza en janvier, «est totalement submergé» et seule la communauté internationale peut mettre fin à cette crise.

Bientôt une résolution à l'ONU

Le président français François Hollande coprésidera mercredi un «mini-sommet» sur la Centrafrique avec l'Union africaine et l'Union européenne, pour «voir comment restaurer la sécurité et stopper les tueries», selon des sources européennes.

«Un premier pas crucial à franchir est de restaurer un embryon d'État», ont souligné ces mêmes sources.

La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, s'était alarmée jeudi de «l'escalade de la violence» ces derniers jours à Bangui, appelant la communauté internationale à «agir rapidement».

«L'UE entend faire sa part dans ces efforts», a-t-elle précisé.

Mais les pays européens rechignent depuis des semaines à mobiliser les effectifs (500 soldats) et les moyens, notamment logistiques, nécessaires au lancement de la mission militaire Eufor-RCA, destinée à venir en appui aux forces africaines et françaises.

Son lancement, prévu initialement la semaine dernière, a donc été reporté.

De son côté, la France espère faire adopter «dans une dizaine de jours» par le Conseil de sécurité une résolution autorisant le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU, a indiqué vendredi l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud.

Douze mille soldats et policiers pourraient ainsi être déployés d'ici à la mi-septembre en Centrafrique pour prendre le relais des Français et de la MISCA.




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