Algérie: les neuf vies d'Abdelaziz Bouteflika

Le président Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, n'a pas... (PHOTO DENIS ALLARD, ARCHIVES AFP)

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Le président Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, n'a pas donné de discours public depuis mai 2012 et vit essentiellement en état de réclusion depuis qu'il a été victime d'un AVC en avril 2013.

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Affaibli par un accident vasculaire cérébral (AVC), vivant loin du regard public depuis bientôt 2 ans, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, vient de déposer sa candidature afin de briguer son quatrième mandat. Dans la rue et sur les réseaux sociaux, des Algériens manifestent leur exaspération envers un régime qui semble permanent. Quatre questions pour comprendre.

Q Comment le président a-t-il fait part de son désir de présenter à nouveau sa candidature?

R La mine pâle, la voix pratiquement inaudible, le regard éteint, Abdelaziz Bouteflika s'est présenté lundi devant le Conseil constitutionnel pour signaler son intention de briguer son quatrième mandat à la tête de l'Algérie. Une procédure formelle, qui a révélé au monde la fragilité de la santé de l'homme qui dirige le pays depuis 15 ans. Bouteflika, 77 ans, n'a pas donné de discours public depuis mai 2012 et vit essentiellement en état de réclusion depuis qu'il a été victime d'un AVC en avril 2013. Plusieurs doutent de ses aptitudes à diriger le pays. Les élections présidentielles algériennes auront lieu le 17 avril.

Q La victoire de Bouteflika est-elle assurée?

R Oui, répond Samir Ben Djafar, correspondant du journal El Watan à Montréal. «Si Bouteflika est toujours vivant le jour de l'élection, c'est lui qui va l'emporter, lance-t-il. En Algérie, il n'y a pas de distinction entre le gouvernement et le parti au pouvoir. L'imposant appareil de l'État travaillera à faire réélire Bouteflika. C'est une force avec laquelle les partis de l'opposition ne peuvent rivaliser.»

Deux partis de l'opposition, le Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, centriste), ont déjà annoncé qu'ils comptaient boycotter les élections, et ont appelé les autres candidats potentiels à «se retirer de cette tromperie électorale».

Q Quelle est la réaction des Algériens?

R Les Algériens semblent résignés à la situation. Cela dit, des groupes d'étudiants, d'intellectuels et de journalistes ont fondé le mouvement Barakat!, ce qui veut dire «ça suffit!». Une centaine de sympathisants de ce groupe ont tenu une occupation extérieure à Alger samedi dernier, mais le groupe été violemment dispersé par les policiers. Le 4 mars, des membres de Barakat!, dont l'auteur Mustapha Benfodil et la militante Amira Bouraoui, ont tenté le lire une lettre en opposition devant le siège du Conseil constitutionnel, mais leur groupe a été repoussé par les services de sécurité et des partisans ont été arrêtés. Une autre occupation doit avoir lieu à Alger le 15 mars prochain. Après les insurrections armées des années 90, l'Algérie est aujourd'hui plus stable, malgré d'importants problèmes économiques et l'ossification d'un État dont les revenus sont liés à l'extraction pétrolière.

Q À quoi peut-on s'attendre après le vote?

R Les Algériens ont l'habitude des coups de théâtre: en 2008, Bouteflika a fait voter par le Parlement un changement à la Constitution afin de pouvoir briguer son troisième mandat consécutif, ce qui était interdit précédemment. Cette fois, on craint d'autres changements constitutionnels, dont la création d'un poste de vice-président, ce qui maintiendrait le pouvoir entre les mains des proches de Bouteflika si celui-ci devait mourir au pouvoir. «Bouteflika a été nommé ministre à l'âge de 25 ans, il a passé sa vie au pouvoir, explique Samir Ben Djafar. Aujourd'hui, lui et son entourage ne sont pas prêts à abandonner la partie.»




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