Cessez-le-feu au Soudan du Sud

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Un soldat de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) patrouille dans la ville pétrolière de Malakal, le 21 janvier.

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Jenny VAUGHAN
Agence France-Presse
Addis Abeba, Éthiopie

L'accord, destiné à mettre fin à plus d'un mois de combats sanglants au jeune Soudan du Sud, a été signé devant des diplomates étrangers et des journalistes dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Les deux parties ont également signé un accord prévoyant la libération de onze détenus proches de Riek Machar. La question de cette libération était au coeur des laborieux pourparlers entamés début janvier.

Aucune date n'a cependant été donnée pour cette libération.

«Ces deux accords sont les ingrédients pour créer un environnement propice à une paix totale dans mon pays», a déclaré au cours de la cérémonie de signature le négociateur en chef des rebelles, Taban Deng.

«Nous espérons pouvoir atteindre rapidement un accord (plus global) qui mettra un terme au bain de sang», a de son côté lancé le négociateur en chef du gouvernement, Nhial Deng Nhial.

Le Soudan du Sud est ravagé depuis le 15 décembre par des combats entre les forces sud-soudanaises loyales au président Salva Kiir et la rébellion regroupée derrière Riek Machar.

Salva Kiir accuse Riek Machar et ses alliés de tentative de coup d'État. Ce dernier nie, et reproche au premier de chercher en fait à éliminer ses rivaux politiques.

Les combats ont déjà fait des milliers de morts et un demi-million de déplacés.

Les négociations de paix ont été entamées à Addis Abeba début janvier sous l'égide de l'organisation régionale IGAD.

Le médiateur en chef pour l'IGAD, Seyoum Mesfin, a salué jeudi, avec ces deux accords, la «conclusion» d'un premier round de négociations.

«Nous devrons bientôt continuer avec un dialogue politique et travailler à une réconciliation nationale», a-t-il ajouté.

Capitales régionales reprises par l'armée

Les combats, qui se sont propagés à la majeure partie du territoire, ont fait des milliers de morts et chassé de chez eux plus d'un demi-million de personnes. Certains analystes avancent un bilan possible de 10 000 morts.

ONU et ONG ont fait état d'atrocités de la part des deux camps - exécutions sommaires, viols, enrôlement d'enfants-soldats notamment - et de massacres à caractère ethnique. À la rivalité politique entre MM. Kiir et Machar, se greffent des profonds et anciens antagonismes entre les peuples Dinka et Nuer, dont sont respectivement issus les deux hommes.

Jeudi, l'ONG NRC (Norwegian Refugee Council), a comparé les atrocités commises au Soudan à celles ayant court en Syrie ou en Somalie.

«Il y a de plus en plus de meurtres ethniques et les deux principales tribus du Soudan du Sud semblent être impliquées», a déclaré jeudi matin à l'AFP son secrétaire général Jan Egeland, ancien responsable de l'action humanitaire de l'ONU.

«Cela a commencé par une lutte politique entre des hommes qui auraient pu régler ça dans un processus de négociation politique (...). Maintenant, des femmes et des enfants meurent simplement parce que ces hommes ne veulent pas s'asseoir et discuter», a-t-il poursuivi.

Ces derniers jours, l'armée sud-soudanaise a repris le contrôle de toutes les capitales régionales tombées aux mains des partisans de M. Machar, notamment Bor, capitale de l'État oriental du Jonglei, le plus étendu du pays, le 18 janvier, et Malakal, capitale de l'État pétrolier du Haut-Nil, le 20.

Les forces fidèles à M. Machar semblaient néanmoins contrôler toujours de vastes zones rurales dans plusieurs régions.

L'ONU a indiqué mercredi soir que l'armée sud-soudanaise avait entrepris de fouiller Malakal maison par maison, ajoutant héberger désormais 72 000 personnes dans ses huit bases du pays, vers lesquelles le flot de civils fuyant les violences ont encore augmenté.

Les relations entre les autorités sud-soudanaises et l'ONU se sont tendues, Juba accusant l'organisation de donner refuge à des rebelles, ce qu'elle nie, assurant de son côté que son personnel est «menacé et harcelé» par les troupes sud-soudanaises.

Le président Kiir a récemment accusé l'ONU de vouloir établir un «gouvernement parallèle» au Soudan du Sud.




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