La France augmente la mise au Mali

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La France a promis une force de 2500 soldats au Mali.

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La France a envoyé hier des soldats et des blindés pour reprendre une ville du nord du Mali tombée aux mains des islamistes. Cette intervention au sol des forces hexagonales survient après trois jours de bombardements, qui n'ont pas réussi à déloger les islamistes et les Touaregs de leurs nouvelles conquêtes de la semaine dernière, d'où ils menacent la capitale Bamako.

Hier, en tournée dans les pays du golfe Persique, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a demandé aux monarchies arabes de financer la résistance du gouvernement malien. Selon les agences, une réunion de donateurs potentiels aura lieu à la fin du mois à Addis-Abeba, en Éthiopie. La France a aussi augmenté ses promesses en soldats à 2500.

«Il faut que les soldats français se limitent à appuyer les troupes maliennes dans les communications, la tactique et la traque à l'ennemi», a affirmé Edward Hunt, spécialiste de l'armée française, à la revue spécialisée en défense Jane's, en entrevue de Londres.

«Ce sont les grandes leçons tirées de l'Afghanistan. Sinon, la population locale peut considérer qu'il s'agit d'un retour des colonisateurs. En Libye, les forces spéciales occidentales ont travaillé sur le terrain, mais on ne les a jamais vues dans les attaques.»

Démonstration de force

Plusieurs centaines de soldats d'une unité mixte franco-malienne ont quitté hier Niobo, à 50 km au sud de Diabally, prise par Al-Qaïda au Maghreb, a constaté l'AFP. Une trentaine de blindés français quittaient également Bamako, à 400 km plus au sud, pour se diriger vers Diabally. Selon M. Hunt, il peut s'agir d'une démonstration de force visant à faciliter la victoire malienne, et non un plan pour utiliser les tanks de manière offensive. L'aviation française a aussi frappé les villes de Gao et de Tombouctou, situées au coeur du territoire contrôlé par les islamistes, dans le nord-est du Mali.

L'AFP rapporte également que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) a promis une force de 3300 soldats, dont les premiers doivent arriver aujourd'hui. La force sera dirigée par un général nigérian; le tiers des soldats seront également nigérians.

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Les missions de la CEDEAO

1990 - Quinze ans après sa fondation, la Commission économique des États de l'Afrique de l'Ouest intervient pour la première fois de manière militaire, au Liberia. Sa brigade de surveillance des cessez-le-feu (ECOMOG selon l'acronyme anglais) y envoie au départ 3000 troupes, contingent plus tard gonflé à 20 000. L'ONG Human Rights Watch recense des allégations de violences sur lesquelles l'ECOMOG ferme les yeux. Elle quitte le Liberia en 1999, au début de la deuxième guerre civile du Liberia. 

1991 - Intervention en Sierra Leone pour aider le gouvernement à combattre une rébellion.

1997 - Nouvelle intervention en Sierra Leone, à la suite d'un coup d'État par une junte militaire. Cette dernière est renversée en 1998 par les soldats de l'ECOMOG. Des Casques bleus remplacent l'ECOMOG. L'ECOMOG déploie jusqu'à 11 000 soldats.

1998 - Environ 600 soldats sont déployés en Guinée-Bissau, pour assurer la fin d'une brève guerre civile. Ils y restent quelques mois.

2001 - Une mission de 1700 soldats est planifiée pour empêcher les rebelles libériens de se réfugier en Guinée-Bissau et d'y installer des bases. Elle ne voit jamais le jour, faute de financement et à cause d'une intensification des hostilités.

2003 - Environ 3500 soldats sont déployés à Monrovia, capitale du Liberia, pour la protéger des rebelles de Charles Taylor (depuis condamné pour crimes contre l'humanité par un tribunal de l'ONU). Un contingent de l'ONU remplace l'ECOMOG après quelques mois.

2003 - En Côte d'Ivoire, 1300 soldats sont déployés pour y faire respecter les accords entre le parti au pouvoir et l'opposition, qui avait remporté les élections. Ils sont intégrés à une force de l'ONU en 2004.

2012 - Environ 630 soldats retournent en Guinée-Bissau pour restaurer le gouvernement, renversé par un coup d'État. Un nouveau gouvernement, composé des mutins et de l'opposition, est mis en place pour deux ans.

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