RDC: des milliers de personnes fuient l'avancée du M23

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Les violences ont déjà poussé plus de 100 000 personnes à s'enfuir, dont plus de la moitié sont des enfants, selon l'UNICEF.

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Edmund Kagire et Melanie Gouby
Associated Press
Goma, Nord-Kivu

Les soldats congolais et les rebelles du M23 se sont affrontés pendant des heures jeudi autour de la ville de Sake, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), forçant des milliers de personnes à fuir les violences.

Pendant ce temps, le chef du groupe rebelle s'est rendu en Ouganda, où des discussions d'urgence ont eu lieu cette semaine entre les présidents de la RDC, du Rwanda et de l'Ouganda.

Les combats ont éclaté peu avant midi jeudi dans la ville de Sake, que les rebelles ont prise mercredi après s'être emparés de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, qui compte un million d'habitants. Sake est située à environ 27 kilomètres de Goma.

Le porte-parole du M23, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, a déclaré jeudi que son groupe avait l'intention de prendre Bukavu, une autre ville stratégique de la région. La prise de cette ville, capitale provinciale du Sud-Kivu, représenterait le plus important gain de territoire pour un groupe rebelle au Congo depuis près d'une décennie.

Au terme de leur réunion à Kampala, les présidents de la RDC, du Rwanda et de l'Ouganda ont appelé les rebelles à libérer les territoires qu'ils occupent. Le président congolais, Joseph Kabila, a par la suite déclaré qu'il était prêt à discuter avec des représentants des rebelles.

«Nous n'arrêtons pas du tout et notre détermination est toujours la même. Ce qui se passe à Kampala ne nous touche pas», a déclaré Vianney Kazarama à l'Associated Press. Il a confirmé que le chef du groupe rebelle, le colonel Sultani Makenga, était en route vers l'Ouganda pour des discussions.

Cette avancée des rebelles fait craindre une nouvelle guerre régionale dans l'est du Congo. Les violences ont déjà poussé plus de 100 000 personnes à s'enfuir, dont plus de la moitié sont des enfants, selon l'UNICEF.

Le M23 affirme vouloir renverser le président congolais Joseph Kabila, mais ses hommes se trouvent à plus de 1600 kilomètres de la capitale, Kinshasa. La densité de la jungle et l'absence de routes goudronnées qui traversent le pays ralentissent leur avancée.

Le Rwanda, et l'Ouganda dans une moindre mesure, sont accusés de soutenir les rebelles et de leur fournir des armes sophistiquées. Les observateurs s'accordent pour dire que le Rwanda a des visées sur les richesses minières du Congo.

Un rapport diffusé mercredi par un groupe d'experts de l'ONU affirme que le Rwanda et l'Ouganda «ont collaboré pour soutenir la création et l'expansion de la branche politique du M23» et qu'ils ont «plaidé de façon constante en faveur des rebelles».

La diffusion du rapport, au lendemain de la prise de Goma, va accroître la pression sur la communauté internationale afin qu'elle confronte les deux pays sur leur rôle dans le conflit en RDC.

Le Rwanda et l'Ouganda ont nié à plusieurs reprises tout soutien au M23, mais ils ont été peu inquiétés par la communauté internationale jusqu'à maintenant.

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