Le CO2 a atteint un seuil record en 2015

En 2015, les émissions de CO2 ont enregistré... (photo PATRIK STOLLARZ, archives AFP)

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En 2015, les émissions de CO2 ont enregistré un pic à cause notamment du phénomène climatique El Niño, qui surgit tous les quatre à cinq ans et qui a un effet de réchauffement climatique.

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Marie-Noëlle BLESSIG
Agence France-Presse
GENÈVE

L'année 2015 a été marquée par une nouvelle hausse du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, principal responsable du réchauffement climatique, selon l'OMM (Organisation météorologique mondiale), une agence de l'ONU basée à Genève.

Pour la première fois, la concentration de ce gaz à effet de serre a dépassé durant toute l'année le seuil symbolique de 400 ppm (parties par million), selon l'Organisation météorologique mondiale.

« La barre des 400 ppm avait déjà été atteinte auparavant par le CO2, à certains endroits et durant certains mois de l'année, mais jamais encore à l'échelle du globe et pour une année entière », a ajouté lundi l'OMM dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

Pour cette agence de l'ONU, le CO2 est « le problème numéro un », et le principal responsable du réchauffement climatique, car il reste « pendant des milliers d'années dans l'atmosphère et encore plus longtemps dans les océans ». Le CO2 trouve son origine dans la combustion des matières fossiles ou le déboisement.

Outre le C02, il y a deux autres gaz à effet de serre importants, le méthane (CH4), qui a aussi atteint un nouveau pic en 2015, et le protoxyde d'azote (N02), provenant notamment des engrais.

Les concentrations de N02 représentent désormais 121 % de leur niveau à l'ère préindustrielle (1750, NDLR).

Pour le secrétaire général de l'OMM, le Finlandais Petteri Taalas, la lutte contre le changement climatique, passe par la « lutte contre le C02 ». Actuellement, « le monde bouge dans la mauvaise direction », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Genève, en faisant référence aux hausses permanentes du niveau de CO2 dans l'air.

Le problème de fond, a-t-il insisté, « c'est la volonté politique », car il y a des solutions pour réduire les émissions et « on peut agir ». Il a notamment cité l'exemple de l'Allemagne, où les énergies renouvelables battent des records de production.

En 2015, les émissions de CO2 ont enregistré un pic à cause notamment du phénomène climatique El Niño, qui surgit tous les quatre à cinq ans et qui a un effet de réchauffement climatique.

2016 comme 2015 ?

« Le coup d'accélérateur dans la croissance du CO2 a été favorisé par l'épisode El Niño (...) le phénomène a déclenché des sécheresses dans les régions tropicales et a réduit la capacité d'absorption du CO2 par les forêts et les océans », ajoute le bulletin de l'OMM.

« El Niño a disparu, mais le changement climatique est toujours là », a encore averti M. Taalas.

Ce bulletin est publié avant les négociations sur le changement climatique, qui se dérouleront du 7 au 18 novembre à Marrakech (Maroc). Cette publication a pour but de « fournir des éléments scientifiques aux décideurs, sur lesquels ils peuvent s'appuyer ».

Concernant le C02, la teneur moyenne dans l'atmosphère qui était prévue pour 2015 était de 399,4, en hausse de 2,2 ppm par rapport à 2014, selon le rapport annuel sur l'état du climat State of climate, auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier.

Cette tendance à la hausse va encore se poursuivre en 2016, estime l'OMM, sur la base des informations de la plus ancienne station de surveillance des gaz à effet de serre, située à Mauna Loa à Hawaii.

Selon cette station de surveillance, les concentrations de CO2 « demeureraient supérieures à 400 ppm pour toute l'année 2016 et ne redescendraient pas en dessous de ce seuil pour les nombreuses générations à venir ».

« Avec la signature de l'Accord de Paris sur le climat, l'année 2015 a marqué l'avènement d'une nouvelle ère marquée au sceau de l'optimisme et de l'action pour le climat, mais elle fera aussi date dans la mesure où les concentrations record de gaz à effet de serre annoncent une nouvelle réalité climatique », a encore indiqué M. Taalas.

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