Un plan d'action pour le climat

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L'Agence internationale de l'énergie (AIE) veut fixer l'objectif d'un réchauffement de moins de 2 degrés Celsius d'ici 2100.

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À six mois de la Conférence de Paris, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) croit qu'il est possible de freiner l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre de façon à limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés Celsius. Le problème : on n'en fait pas assez actuellement, et le temps presse.
Insuffisant

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Les subventions des énergies fossiles sont une aberration, selon l'AIE.

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INSUFFISANT

Certains pays, dont le Canada, les États-Unis, le Japon et l'Union européenne, ont annoncé leurs intentions politiques en prévision de la Conférence de Paris. Le verdict de l'AIE : il faut faire mieux. Les réductions annoncées nous dirigent droit vers un réchauffement de 2,6 degrés Celsius en 2100, bien au-delà de la limite des 2 degrés. Le problème ? Trop d'investissements dans le secteur des énergies fossiles. Vers 2030, prévoit l'AIE, la construction de centrales au charbon continuera d'accaparer la moitié des investissements, au détriment des énergies renouvelables et du nucléaire, souligne l'Agence, qui propose d'intensifier les investissements dans les énergies vertes - il faudrait qu'ils atteignent 400 milliards en 2030. L'Agence prend soin de préciser qu'elle n'encourage pas spécifiquement l'énergie nucléaire, mais souligne que cette dernière joue un rôle important pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.

SUBVENTIONS

Pour freiner encore plus l'élan des énergies sales, il faut cesser de les subventionner, martèle l'AIE. Environ 13 % des émissions mondiales de CO2 dans le secteur énergétique sont le fait d'un usage subventionné de combustibles fossiles. L'Agence souligne que la subvention équivaut à 115 $ par tonne de CO2 émise, une somme énorme. À l'opposé, environ 11 % des émissions mondiales sont couvertes par un marché du carbone. En moyenne, le coût par tonne émise était de 7 $. D'un côté, on subventionne des émissions à 115 $ la tonne, et de l'autre, on les taxe à 7 $ la tonne. L'Agence fait ressortir toute l'absurdité de cette contradiction, et appelle à la fin de toute subvention d'ici 2030. D'autant plus qu'on estime que seulement 8 % des subventions profitent réellement aux 20 % des plus pauvres. En éliminant les subventions, on pourra produire une énergie plus propre tout en économisant 1600 milliards d'ici 2030, prévoit-on.

CAPTURE

Une bonne partie de la stratégie de l'AIE repose sur le déploiement massif de la technologie de capture et de séquestration de carbone (CCS) dans les centrales thermiques au charbon. Cette technologie permet d'injecter le gaz carbonique dans le sous-sol au lieu de le balancer dans l'atmosphère. L'Agence souligne que cette technologie a franchi un pas important en 2014 avec la mise en service du premier projet commercial de CCS à la centrale Boundary Dam, en Saskatchewan. Il y a actuellement 22 autres projets semblables sur la planète, qui pourraient éventuellement capter 40 millions de tonnes de GES par année. Mais, souligne l'AIE, « le rythme actuel du progrès est bien en deçà de ce qui est nécessaire pour rester sur le chemin des 2 degrés ». C'est attribuable sans doute au coût très important de cette technologie, comme a pu le constater La Presse lors d'un reportage en Saskatchewan en 2013, lors de la construction de ce grand projet.

EFFICACITÉ

Une fois qu'on aura éliminé les subventions et qu'on aura capturé tout ce carbone, le plus dur restera à faire : presque la moitié du plan de l'AIE repose sur l'efficacité énergétique. C'est en Chine que ce volet du plan doit rapporter le plus : on doit y réduire les émissions de GES de 1000 milliards de tonnes annuellement par rapport aux tendances actuelles. On y arrivera en imposant des normes d'efficacité pour les moteurs électriques et les procédés industriels, estime l'Agence. Le secteur de la construction sera mis à contribution, avec la multiplication des bâtiments autosuffisants. Et l'efficacité des automobiles devra doubler, en atteignant la moyenne de 4 litres aux 100 km en 2030, contre 8 litres actuellement. L'Agence souligne que l'Union européenne y est presque, avec une moyenne un peu au-dessus de 5 L/100.

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