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Analyse sur les pipelines: priorité à la protection du territoire

Le fleuve Saint-Laurent près de Saint-Augustin-de-Desmaures, en banlieue... (PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Le fleuve Saint-Laurent près de Saint-Augustin-de-Desmaures, en banlieue de Québec.

PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL

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Avant de multiplier par quatre les quantités de pétrole qui traverse le sud du Québec par pipeline, bateau ou train, il faut d'abord protéger les milieux naturels et les sources d'eau potable de 3,7 millions de personnes. C'est ce qui ressort d'une analyse réalisée conjointement par le Fonds mondial pour la nature (WWF), la Société pour la nature et les parcs (SNAP) et la Fondation David Suzuki, dont La Presse a obtenu la primeur.

1% de protégé

Le Canada et le Québec sont loin de remplir leurs promesses en ce qui a trait aux aires marines protégées. Selon la SNAP, le Canada n'aurait protégé que 1% de ses océans, alors que la Convention sur la diversité biologique fixe un objectif de 10% d'ici 2020. Le Québec visait 10% dès cette année, mais ne protège que 1,3% de son territoire maritime. Le rapport rappelle le blâme adressé au ministre québécois de l'Environnement David Heurtel par la Cour supérieure au sujet de la protection de la pouponnière des bélugas à Cacouna, où TransCanada projette de construire un port pétrolier.

118 incidents en 2013

L'augmentation du transport et de la manutention de pétrole, que ce soit par pipeline, par train ou par bateau, vient avec un risque qui s'accroît proportionnellement, affirment les groupes environnementaux. En effet, selon le rapport 2013 sur les pipelines du Bureau de la sécurité dans les transports du Canada (BST), le nombre d'incidents dans les systèmes de pipelines a en gros doublé depuis 2004, dépassant 170 en 2012 et atteignant 118 en 2013. Cependant, selon le BST, la grande majorité de ces incidents sont mineurs, la plupart n'impliquant aucune fuite de produit.

1 million de litres

C'est la quantité de pétrole brut qui pourrait s'échapper même si TransCanada applique à la perfection sa capacité d'intervention dans les 10 minutes de la détection d'une fuite sur son futur pipeline Énergie Est. Mais les sociétés de pipeline sont loin de la perfection, affirment les groupes écologistes. «L'erreur humaine s'avère un facteur déterminant» dans les quelque 1000 fuites d'hydrocarbures dans les réseaux d'Enbridge et de TransCanada en Amérique du Nord entre 2001 et 2011.

28 prises d'eau

Selon Environnement Canada, il y a dans la région de Montréal 28 prises d'eau municipales en aval des points de contact entre les oléoducs 9B et Énergie Est et le Saint-Laurent. Les deux pipelines traversent la rivière des Outaouais en amont du lac des Deux-Montagnes. Énergie Est poursuivrait son trajet sur la rive nord du fleuve, traversant ses nombreux affluents, avant de traverser le fleuve lui-même en amont de Québec. Près de 3,7 millions de Québécois boivent de l'eau à même les cours d'eau qui seraient exposés en cas de déversement.

85%

C'est la proportion d'hydrocarbures qu'il est en général impossible de récupérer en cas de déversement dans un plan d'eau. Et c'est sans compter les difficultés inhérentes au Saint-Laurent: la glace, les courants et les fonds vaseux compliquent les opérations de nettoyage. Les groupes écologistes rappellent que le gouvernement fédéral vient d'autoriser des pétroliers plus gros à naviguer sur le fleuve et qu'il n'y a aucune obligation pour eux d'être escortés par des remorqueurs, une pratique pourtant répandue en Europe et sur la côte ouest de notre continent.

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