L'actrice Danielle Darrieux meurt à 100 ans

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Danielle Darrieux lors de la cérémonie des Césars en mars 2002.

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Catherine Hours
Agence France-Presse
Paris

Actrice légendaire du cinéma français, Danielle Darrieux est décédée mardi à l'âge de 100 ans, après une carrière à la longévité exceptionnelle, en France mais aussi à Hollywood et, au théâtre, à Broadway.

Son état s'était «un peu dégradé récemment, après une petite chute», a indiqué à l'AFP son compagnon Jacques Jenvrin. Mardi, «elle s'est endormie, on peut dire».

L'actrice qui a tourné plus de cent films avait fêté ses 100 ans en mai.

«À 100 ans passés, c'était une personne un peu diminuée, mais malgré sa cécité, elle était très attachée à la vie. On a encore eu une visite le 4 octobre, elle était très bien», dit M. Jenvrin.

Archétype de la beauté féminine pour les générations d'avant la Deuxième Guerre mondiale, Danielle Darrieux a été l'inoubliable partenaire de Jean Gabin dans La vérité sur Bébé Donge (1953) et de Gérard Philipe dans Le rouge et le noir (1954).

Elle fut aussi l'inoubliable comtesse Louise de..., aux côtés de Charles Boyer et Vittorio De Sica, dans Madame de..., adapté en 1953 par Max Ophüls et tiré du roman de Louise de Vilmorin.

«J'adore ce film», confiait-elle d'ailleurs à L'Express en 1997. «C'est même le seul que je regarde avec un vrai plaisir. Je devais être terriblement amoureuse pour dégager de telles ondes. Amoureuse de Max Ophüls, de Charles Boyer, que je retrouvais 18 ans après Mayerling, et de Vittorio De Sica, qui avait un charme fou (...) Il y a eu un miracle.»

Née le 1er mai 1917 à Bordeaux, Danielle Darrieux tourne à 14 ans son premier film, Le bal.

Appréciée pour sa blondeur charmante et sa fraîcheur espiègle, elle joue d'abord dans des comédies, avant d'aborder des rôles plus dramatiques et de triompher dans Mayerling aux côtés de Charles Boyer (1935).

Parallèlement, elle mène dès 1932 une carrière internationale qui la conduira à Hollywood et, au théâtre, à Broadway.

Égérie d'Henri Decoin, «DD», comme on l'appelait, tournera une demi-douzaine de films sous sa direction.

Malmenée à la Libération (sous l'Occupation, elle a travaillé pour la Continental, dirigée à Paris par les Allemands), elle reprend néanmoins sa carrière et enchaîne les succès, dont La ronde et Madame de... (tous deux d'Ophüls), L'affaire Cicéron (Mankiewicz) ou Marie-Octobre (Duvivier).

Les demoiselles de Rochefort

En 1967, Jacques Demy relance sa carrière en lui donnant dans Les demoiselles de Rochefort (1967) le rôle de la mère des fameuses jumelles incarnées par Catherine Deneuve et Françoise Dorléac: à 50 ans, Danielle Darrieux continue d'incarner des personnages de femme ravissante, élégante et drôle.

Plus tard, sous la direction de Paul Vecchiali (En haut des marches, 1983) ou d'André Téchiné (Le lieu du crime, 1986), l'actrice montre qu'elle n'a rien perdu de sa verve. En 2002, François Ozon la choisit pour incarner l'aînée des Huit femmes.

«Darrieux a joué la femme à tous les âges de la vie», a écrit jeudi l'ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob sur son compte Twitter. «Sa bouche en coeur/ses grands yeux innocents/sa coquetterie. Sublime dans Mme de. Une amoureuse».

À partir de 1969, Danielle Darrieux s'est aussi produite au théâtre, interprétant Feydeau, Guitry ou Marcel Aymé.

En 2003, seule en scène, elle crée Oscar et la dame rose d'Éric-Emmanuel Schmitt, qui lui vaut un Molière de la meilleure comédienne. En 2010 elle travaille encore pour le cinéma et la télévision en 2010.

Danielle Darrieux s'était mariée trois fois, avec Henri Decoin, le richissime playboy Porfirio Rubirosa et le scénariste Georges Mitsinkidès, décédé au début des années 1990. Avec ce dernier, elle avait adopté un fils, mort lui-même peu après son mari.

Les principaux films de Danielle Darrieux

- Mauvaise graine (Billy Wilder, 1934)

- La crise est finie (Robert Siodmak, 1934)

- Mayerling (Anatole Litvak, 1935)

- Tarass Boulba (Alexis Granowsky, 1936)

- Katia (Maurice Tourneur, 1938)

- Battement de coeur (Decoin, 1939)

- La fausse maîtresse (André Cayatte, 1942)

- Au petit bonheur (Marcel l'Herbier, 1945)

- Jean de la lune (Marcel Achard, 1948)

- Occupe-toi d'Amélie (Claude Autant-Lara, 1949)

- La ronde (Max Ophüls, 1951)

- Le plaisi» (Ophüls, 1951)

- L'affaire Cicéron (Joseph Mankiewicz, 1951)

- Adorables créatures (Christian-Jaque, 1952)

- Le bon Dieu sans confession (Autant-Lara, 1953)

- La vérité sur Bébé Donge (Decoin, 1953)

- Madame de... (Ophüls, 1953)

- Napoléon (Sacha Guitry, 1954)

- Le rouge et le noir (Autant-Lara, 1954)

- L'amant de Lady Chatterley (Marc Allégret, 1955)

- Si Paris nous était conté (Guitry, 1955)

- Pot Bouille (Julien Duvivier, 1957)

- Typhon sur Nagasaki (Yves Ciampi, 1957)

- Marie-Octobre (Duvivier, 1958)

- Les yeux de l'amour (Denys de La Patellière, 1959)

- Les lions sont lâchés (Henri Verneuil, 1961)

- Le crime ne paie pas (Gérard Oury, 1961)

- Landru (Claude Chabrol, 1963)

- Les demoiselles de Rochefort (Jacques Demy, 1966)

- Les oiseaux vont mourir au Pérou (Romain Gary, 1967)

- Une chambre en ville (Demy, 1982)

- En haut des marches (Paul Vecchiali, 1983)

- Le lieu du crime (André Téchiné, 1985)

- Quelques jours avec moi (Claude Sautet, 1989)

- Ça ira mieux demain (Jeanne Labrune, 2000)

- Huit femmes (François Ozon, 2002)

- L'heure zéro (Pascal Thomas, 2007)

- Pièce montée (Denys Granier-Deferre, 2010)




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