Cannes: coups de coeur et autres observations...

Saul Fia... (PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE CANNES)

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Saul Fia

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(CANNES) À deux jours de l'annonce du palmarès, alors qu'il reste encore trois longs métrages sur dix-neuf à faire découvrir aux festivaliers (dont Valley of Love de Guillaume Nicloux et Macbeth de Justin Kurzel), quelques tendances se dessinent. Voici quelques signes distinctifs d'une compétition qui, somme toute, a été de belle tenue.

LE COUP DE COEUR

Saul Fia (Le fils de Saül)

Présenté samedi dernier, ce premier long métrage stupéfiant de László Nemes reste encore bien ancré dans nos esprits. Et devrait en principe recueillir un laurier. Le parti pris de mise en scène qu'utilise le cinéaste hongrois pour raconter la Shoah à travers les yeux d'un ouvrier juif, prisonnier du camp d'Auschwitz, constitue la grande force de Saul Fia. Grâce à des plans-séquences vertigineux, le film emprunte ainsi le point de vue subjectif du protagoniste, qui vit en permanence dans l'horreur absolue. Alors que l'on croyait avoir déjà pratiquement tout vu, tout entendu à propos de l'Holocauste, voici que ce jeune cinéaste, né à Budapest en 1977, propose une approche inédite, d'une rare puissance d'évocation, et un film d'une maîtrise à couper le souffle sur le plan de la réalisation.

LE PLUS POIGNANT

Mia Madre

Nanni Moretti a fait l'unanimité auprès des critiques avec ce film où le cinéma s'entremêle aux thèmes fondamentaux de l'existence. L'affection envers Mia Madre est palpable au point où plusieurs festivaliers rêvent aujourd'hui d'une deuxième Palme d'or pour le réalisateur de La chambre du fils (2001). Le cinéaste italien glisse dans son récit une grande part d'autodérision mais il sait aussi se faire pudique - et très touchant -  en évoquant les thèmes de la perte et du deuil. Son film est à la fois drôle, tendre, délicat et subtil dans la peinture des émotions. Un des plus beaux Moretti.

LA MEILLEURE DÉCLARATION

Denis Villeneuve!

La joyeuse conférence de presse de l'équipe de Sicario a eu lieu le jour même où était révélée « l'affaire des talons plats ». À la projection de Carol, des femmes trop confortablement chaussées se sont fait interdire l'accès au tapis rouge en raison d'un soi-disant règlement obligeant les femmes à porter des chaussures à talons hauts. La direction du festival a d'ailleurs dû offrir ses excuses pour l'excès de zèle de certains de ses employés. Denis Villeneuve a offert son appui aux femmes à qui on a refusé l'entrée: « En guise de solidarité, Benicio Del Toro, Josh Brolin et moi allons porter des talons hauts pour la montée des marches ce soir! »

LA MEILLEURE PERFORMANCE FÉMININE

Cate Blanchett

Dans une classe à part, Cate Blanchett sera sans doute l'une des plus sérieuses prétendantes au prix d'interprétation féminine. Comment pourrait-il en être autrement? Dans Carol, mélodrame flamboyant de Todd Haynes, l'actrice australienne - la Meryl Streep de sa génération - offre une fois de plus une performance magnifique. Celle qui a obtenu un Oscar grâce à Blue Jasmine brille cette fois dans le rôle d'une « maîtresse de maison » bourgeoise qui, dans les années 50, mène aussi une vie plus clandestine où elle nourrit une histoire d'amour avec une jeune femme. Un geste, un regard. Et tout un personnage se construit. La grâce incarnée.

LA MEILLEURE PERFORMANCE MASCULINE

Michael Caine

À moins que le jury décide de célébrer la performance des deux inconnus - remarquables - que dirige Jacques Audiard dans Dheepan, la course inclura sans nul doute Michael Caine du côté des hommes. Dans Youth, de l'Italien Paolo Sorrentino, le vétéran en impose dans le rôle d'un chef d'orchestre à la retraite, bien décidé à n'en sortir sous aucun prétexte. L'acteur britannique, de retour sur la Croisette après 49 ans d'absence, est au coeur même de cette réflexion tendre et lucide - parfois cruelle - sur le temps qui passe. Dans chaque scène, il est d'une justesse sidérante.

LE GRAND PERDANT

Gus Van Sant

Le réalisateur de The Sea of Trees, lauréat de la Palme d'or en 2003 grâce à Elephant, gardera un très mauvais souvenir de ce 68e festival. C'est indéniable. Son nouveau film, qui fait écho au voyage qu'effectue un Américain au Japon pour aller se suicider, n'a pas fait que décevoir. Il a aussi suscité des réactions très violentes de la part des critiques, et une surenchère instantanée au rayon des formules les plus assassines. Il est vrai que ce long métrage est raté, surtout dans le dernier tiers, mais il ne méritait quand même pareil traitement. Qu'en fera le jury?

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