Sous le charme de la présidente Meryl Streep

Au Sommet international des femmes en 2012, Meryl... (PHOTO REUTERS)

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Au Sommet international des femmes en 2012, Meryl Streep avait rendu hommage à Hillary Clinton en déclarant: «Je suis une actrice, mais Hillary est la vraie championne.» À Berlin, la présidente du jury s'est gardé une petite gêne.

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(Berlin) Hillary Clinton a peut-être perdu le New Hampshire, mais Meryl Streep, la présidente du jury de la 66e Berlinale, a gagné Berlin.

Entrée dans la salle de conférence sous un tonnerre d'applaudissements, la présidente a dû répondre à la presque totalité des questions de la presse internationale, y compris la question à un million: les Américains devraient-ils élire une femme à la présidence?

De toute évidence, la journaliste posant la question cherchait un appui formel à Hillary Clinton de la part de celle qui, au Sommet international des femmes en 2012, avait rendu hommage à Hillary en déclarant: «Je suis une actrice, mais Hillary est la vraie championne.»

À Berlin pourtant, Meryl Streep s'est gardé une petite gêne, se contentant de répondre: «Je crois que le globe au complet devrait être représenté par une moitié de femmes. C'est bien d'être le patron.»

Quelques minutes plus tôt, l'actrice s'était dite particulièrement fière de présider un jury où les femmes sont majoritaires et comptent pour quatre voix, celle de la présidente, celle d'une réalisatrice polonaise (Malgorzata Szumowska), celle d'une actrice italienne (Alba Rohrwacher) et celle de la photographe française Brigitte Lacombe. Les hommes ne sont que trois: le critique de cinéma du Guardian Nick James, l'acteur britannique Clive Owen et l'Allemand Lars Eidinger. 

Et les noirs?

Or, bien vite hier, au thème de la représentativité des femmes s'est ajouté celui, plus controversé, de la représentativité des Noirs. Le jury de la Berlinale n'en compte aucun. Qu'en pensez-vous? a demandé un journaliste allemand à Lars Eidinger. L'acteur allemand qui jouait dans Sils Maria avec Juliette Binoche n'a pas su quoi répondre. Un journaliste de l'Érythrée s'est alors levé, affirmant que depuis 10 ans, le jury de la Berlinale n'avait invité aucun Noir. C'était faux. Il y en a eu deux: Gaston Kaboré, du Burkina Faso, en 2009 et Nuruddin Farah, de la Somalie, en 2010, mais personne du jury ou de l'organisation n'a relevé l'erreur, tous pressés de passer à un autre sujet.

Plusieurs longues minutes plus tard, en répondant à une question sur les films du Moyen-Orient, Meryl Streep a lancé: «Je ne connais pas beaucoup le cinéma du Moyen-Orient, mais vous savez, j'ai joué beaucoup de personnages de cultures différentes et en tant qu'acteurs, nous sommes tous Berlinois, nous sommes tous Africains.»

La question clichée posée à tous les jurys du monde est revenue sur le tapis: comment faire pour juger ceux qui pratiquent le même métier que soi? La présidente a répondu: «Bien qu'il faille avoir de la compassion et du coeur pour être acteur, le jugement demeure un exercice nécessaire pour nous tous.» Lars Eidinger pour sa part a décidé de jouer la carte de la transparence. 

«Quand un acteur gagne un prix, il dit toujours que les acteurs n'ont pas à se juger les uns les autres, mais ce sont des mensonges. On se juge tout le temps.»

Tous les membres du jury ont répété qu'ils cherchaient avant toute chose à être touchés et transportés par un film. Quant à Nick James, journaliste au Guardian et le seul vrai critique professionnel du jury, il s'est dit reconnaissant d'avoir été invité dans le cénacle des stars. «Je remercie la Berlinale d'inclure un critique. C'est important pour ma confrérie. Tout ce que j'espère, c'est de ne pas être trop ébloui par mes compagnons.»

Et nous, tout ce qu'on espère, c'est que ce loup dans la bergerie ne soit pas le dernier, à faire partie du jury de la Berlinale.

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