Bel accueil pour Genèse au festival de Locarno

Le producteur Galilé Marion-Gauvin ainsi que les acteurs... (Photo Marco Abraham, fournie par le Festival du film de Locarno)

Agrandir

Le producteur Galilé Marion-Gauvin ainsi que les acteurs Théodore Pellerin et Noée Abita ont accompagné le réalisateur Philippe Lesage à Locarno.

Photo Marco Abraham, fournie par le Festival du film de Locarno

La première mondiale du nouveau long métrage de Philippe Lesage a eu lieu dimanche dans une salle de plus de 2000 spectateurs. Le réalisateur des Démons en est sorti ravi et... soulagé !

Théodore Pellerin et Noée Abita dans Genèse, un film... (Photo fournie par Fun Film Distribution) - image 1.0

Agrandir

Théodore Pellerin et Noée Abita dans Genèse, un film de Philippe Lesage

Photo fournie par Fun Film Distribution

Il y a trois ans, le premier film de fiction de Philippe Lesage, Les démons, a été lancé au festival de San Sebastián, dans une salle où s'entassaient environ 1500 spectateurs. Son nouveau film, Genèse, a été présenté dimanche en primeur mondiale au 71e festival de Locarno, dans la Suisse italienne, devant plus de 2000 cinéphiles. Considérant les difficultés qu'ont les auteurs québécois à attirer des spectateurs dans les salles d'ici, il y a lieu de relever l'ironie. Certains films d'auteur sont en effet davantage vus à l'étranger que dans leur propre cour.

« J'espère qu'avec celui-ci, ce sera différent, a déclaré le cinéaste au cours d'un entretien accordé à La Presse au lendemain de la projection officielle. J'avoue craindre un peu la sortie au Québec, tellement c'est difficile pour le cinéma d'auteur en ce moment. Le pari est risqué pour plusieurs d'entre nous. »

« Cela dit, on a pu lire dans le Screen Daily que Genèse a un certain potentiel commercial. Ça m'a un peu étonné, mais wow ! »

- Philippe Lesage, réalisateur

En lice pour le Léopard d'or

Pour l'heure, le cinéaste québécois savoure l'expérience de Locarno, un festival réputé pour la rigueur de sa sélection, particulièrement dans la section compétitive Concorso internazionale, où Genèse est en lice pour le Léopard d'or. La récompense suprême sera attribuée samedi par un jury présidé cette année par le cinéaste chinois Jia Zhangke.

« C'est assez impressionnant, a dit le cinéaste. Cette salle, nommée FEVI, sert aussi de solution de rechange quand il pleut sur la Piazza Grande, qui accueille des milliers de personnes. Elle est immense. On m'avait prévenu que le public était plus réservé, moins démonstratif qu'à San Sebastián, mais j'ai quand même senti beaucoup de chaleur dans l'accueil. Ce festival est aussi très fréquenté par les gens de l'industrie et les programmateurs de festivals. Des discussions vont déjà bon train avec des distributeurs français. Si la négociation peut se conclure pendant le festival, j'en serai très heureux ! »

La pulsion amoureuse

Mettant en vedette Théodore Pellerin, Noée Abita et Édouard Tremblay-Grenier, Genèse évoque avec sensibilité et délicatesse les questionnements amoureux liés à l'adolescence, en trois histoires distinctes. La première est construite autour d'un jeune homme, Guillaume (Pellerin), pensionnaire d'un collège réservé aux garçons, qui tombe amoureux de son meilleur ami. Dans la deuxième, Charlotte (Abita, révélation du film français Ava) multiplie les aventures après que son amoureux a évoqué le souhait d'un couple « ouvert ». Enfin, Félix (Tremblay-Grenier, révélé grâce aux Démons) vit ses premiers émois amoureux dans un camp de vacances, en toute innocence. Moins que dans Les démons, Genèse a néanmoins une connotation « semi-autobiographique ».

« Je suis fasciné par les périodes charnières où tout est en mouvement, où rien n'est fixé, et où on se pose beaucoup de questions. »

« Il y a quelque chose de bouleversant dans le drame de la jeunesse, une période où l'on n'a pas l'expérience ni le flair pour aimer les bonnes personnes. J'ai essayé de cerner ce moment où l'on frappe un mur. »

- Philippe Lesage

« Cela dit, il y a quelque chose de beau dans cette façon qu'ont Guillaume et Charlotte d'aller jusqu'au bout de leur passion, car dans cette jeunesse réside aussi toujours la promesse de quelque chose d'autre. Ensuite, j'ai eu envie d'ouvrir les portes et de poser une troisième histoire dans un endroit enchanteur avec de plus jeunes personnes et des adultes à l'écoute. Comme une coda en musique. »

Le titre du film s'éloigne ainsi du sens biblique pour en évoquer un autre, plus large.

« C'est qu'à l'origine de la vie, il y a la pulsion amoureuse, explique Philippe Lesage. Love is the only engine of survival, comme l'a dit Leonard Cohen. Ça collait bien au film dans son ensemble. »

Genèse sera présenté une troisième fois aujourd'hui dans le cadre du festival de Locarno. On ne sait pas encore quand le film sortira au Québec.

Lunar-Orbit Rendezvous, de Mélanie Charbonneau... (Photo fournie par Travelling Distribution) - image 2.0

Agrandir

Lunar-Orbit Rendezvous, de Mélanie Charbonneau

Photo fournie par Travelling Distribution

Un autre film québécois en compétition

Par ailleurs, signalons la présentation, demain en primeur mondiale, du court métrage Lunar-Orbit Rendezvous, réalisé par la Québécoise Mélanie Charbonneau. Sélectionnée dans la compétition Pardi di domani, dont le jury est présidé par le cinéaste français Yann Gonzalez, cette comédie romantique met en vedette Frédéric Lemay, aussi signataire du scénario, et Noémie O'Farrell.

Le 71e festival de Locarno se déroule jusqu'au 11 août.




Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer