La création selon Marc Séguin

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C'est en écrivant son plus récent roman, Nord Alice, que Marc Séguin a eu l'idée de réaliser son premier film.

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Judith Plamondon, Caroline Pailliez

Collaboration spéciale

La Presse

De retour sur l'un des lieux du tournage de son premier long métrage, Stealing Alice, à l'Île-aux-Oies, l'artiste Marc Séguin s'est confié, entre deux parties de chasse, sur son besoin de créer sans compromis et sur son «job d'artiste».

L'histoire

Stealing Alice, qui suivra, plus tard cette année, les traces d'Alice (Fanny Mallette), jeune femme mi-québécoise, mi-inuite, qui assouvit sa quête de sens et d'identité en dérobant des oeuvres d'art dans les plus grands musées du monde. Sa rage contre la société est si forte qu'elle en vient à commettre des meurtres. «C'est une histoire de vengeance», résume le réalisateur. Quatre langues s'entremêlent dans ce récit: le français, l'anglais, l'italien et l'inuktitut.

Oser le cinéma

Marc Séguin a eu l'envie soudaine de réaliser un film alors qu'il écrivait son plus récent roman, Nord Alice. L'héroïne du long métrage est d'ailleurs en partie inspirée du personnage d'Alice avec lequel les lecteurs ont pu faire connaissance cet automne. «J'ai créé un dossier "film" sur mon ordinateur pendant que j'écrivais le roman. Je sentais que je pouvais dire des choses à travers ce médium-là - le cinéma - que la littérature ne me permettait pas.»

Un projet de femmes

Les rôles principaux de Stealing Alice sont campés par des femmes, Fanny Mallette et Elisapie Isaac. Même chose pour les deux postes clés de l'équipe technique, confiés à Claudine Sauvé (direction photo) et Mélanie Gauthier (son). Un fait rare dans un milieu dominé par la gent masculine. «Je suis très fier de ça, insiste Marc Séguin. Mais ce n'était pas un choix politique: je les ai choisies parce que c'était les meilleures.» Gaston Lepage, Denys Arcand, Fabien Cloutier et Joëlle Paré-Beaulieu complètent la distribution.

Autofinancé

Le peintre de renommée internationale a entièrement financé et produit son long métrage lui-même. Pour tourner deux jours dans des églises du Vatican, il lui a fallu contacter la Curie romaine et débourser une somme «dans les cinq chiffres en euros», précise Marc Séguin, qui assure ignorer le budget total de son film. «Lorsqu'on a atteint les 400 000$, j'ai arrêté de compter. C'est tout compilé et inscrit quelque part, mais je préfère ne pas le savoir avant la sortie du film, pour ne pas avoir de ressentiment», confie-t-il.

Tourner dans le Grand Nord

C'est à bord de trois hélicoptères que Marc Séguin et son équipe se sont rendus jusqu'au village nordique de Kangiqsualujjuaq, à l'extrême nord du Québec. Pour ce faire, le réalisateur a dû faire appel à des Inuits qui ont transporté un an à l'avance des barils d'essence par motoneige et les ont dissimulés dans la forêt en lui donnant une indication GPS de la cachette. Durant le tournage, des hommes du village devaient monter la garde 24 heures sur 24 autour du campement pour protéger l'équipe contre les ours polaires. «On en a croisé un en hélicoptère. C'était un véritable monstre», raconte l'artiste.

Un Turner à 70 millions

Dans une scène du film, le personnage d'Alice vole une peinture du peintre britannique William Turner. Il s'agit d'un original valant pas moins de 70 millions, que Marc Séguin a emprunté à un ami collectionneur. Un tableau du peintre Metzinger apparaît aussi dans le film, tout comme une toile de Goya.

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