Verona: le pur bonheur

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Le Quatuor Verona en concert vendredi soir à McGill.

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Claude Gingras
La Presse

Deux nouveaux venus, vendredi soir encore, à l'Académie de quatuor de McGill. Chacun a programmé un classique et un contemporain et, comme la veille avec l'extraordinaire Van Kuijk et l'ordinaire Omer, le concert nous fait passer d'un extrême à un autre.

Premier entendu, le Quatuor Verona puise ses origines à trois lieux: États-Unis (l'alto et le violoncelle), Canada (le second-violon, une Asiatique) et Singapour (le premier-violon). Comme ses deux prédécesseurs, le Verona ouvre sa participation avec un Haydn, cette musique essentielle pour l'évaluation d'un ensemble de chambre, et choisit le premier quatuor du tardif opus 74. Bien que ce ne soit pas le plus original des quelque 70 de Haydn, le soin, l'affection et le relief que lui apportent les jeunes du Verona nous valent un moment de pur bonheur. Tout est clair, lumineux, équilibré, et la polyphonie débridée du finale secoue littéralement la salle.

Même réussite dans Métamorphoses nocturnes. C'est le titre que Ligeti a donné à son premier Quatuor, L'oeuvre de jeunesse tient en un seul mouvement constitué de petites parties contrastantes totalisant 21 minutes et 1215 mesures de glissandos allant dans tous les sens et d'accords identiques répétés encore et encore avec finesse ou violence.

Abordée au premier degré, comme elle l'est trop souvent, cette musique peut paraître superficielle et vide. Le Verona y met autant de conviction que d'énergie et y crée une très forte impression, celle d'une musique qui dérange tout en révélant un son de quatuor inhabituel, parfois proche de la parole.

L'autre ensemble au programme, nommé Amber et venu de Chine, ne dérange rien et ne révèle rien. Dans Mozart comme dans Bartók, il fait de la lecture. Le K. 465 est, ou bien pris trop vite, ou bien terne à souhait. Un menuet qui manque à ce point de vigueur: du jamais entendu. Le mouvement à pizzicatos du 4e Quatuor de Bartók crée toujours son effet, mais le reste se déroule dans ce qui est confusion sonore plutôt que musique organisée. L'Académie a commis ici une erreur, ce qui n'est pourtant pas dans ses habitudes!

QUATUOR VERONA (États-Unis, Canada, Singapour) :

Quatuor no 72, en do majeur, op. 74 no 1, Hob. III : 72 (1793) - Haydn

Quatuor no 1 (Métamorphoses nocturnes) (1958) - Ligeti

QUATUOR AMBER (Chine):

Quatuor no 19, en do majeur, K. 465 (Des dissonances) (1785) - Mozart

Quatuor no 4, Sz. 91 (1928) - Bartók

Vendredi soir, Pollack Hall de l'Université McGill, dans le cadre de la 6e Académie internationale de quatuor à cordes de McGill.

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