Sonic Avenues: coeurs de punk rockeurs

Les punk rockeurs montréalais Max Desharnais, Sébastien Godin,... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

Agrandir

Les punk rockeurs montréalais Max Desharnais, Sébastien Godin, Chance Hutchison et Jean-Christophe Niquet concilient depuis 2006 des boulots sérieux et des tournées au sein de leur groupe Sonic Avenues.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Exit les circuits punk de créneau? Avec son troisième album, Mistakes, le quatuor montréalais Sonic Avenues devrait enfin obtenir le titre qu'il mérite: celui d'un bon groupe rock, tout simplement.

Une ardente flamme musicale brûle dans les coeurs de punk rockeurs de Max Desharnais, Sébastien Godin, Chance Hutchison et Jean-Christophe Niquet.

Les jeunes trentenaires ont des boulots sérieux chacun de leur côté. L'un est sommelier dans un restaurant du Mile End, l'autre bosse dans un cabinet d'avocats, mais tous peuvent compter sur des patrons compréhensifs qui leur permettent de partir en tournée plusieurs semaines par année.

Leur groupe, Sonic Avenues, roule sa bosse depuis 2006 devant des salles pleines en Europe, au Japon, aux États-Unis et partout au pays. Hier, le groupe attendait de savoir si l'influent webzine Pitchfork allait dévoiler le clip de sa chanson Automatic, un mois après que celle-ci eut été en écoute sur le site branché Vice/Noisey.

Pourtant, Sonic Avenues est peu connu dans sa province natale et boudé par ses grands festivals (Osheaga, FEQ). «Il y a déjà eu des discussions, mais jamais rien n'a abouti. Je n'ai jamais voulu téter personne et on a préféré se rabattre sur où ça va bien», dit le batteur Jean-Christophe Niquet.

Acteur important de la scène punk rock américaine, le label du quatuor, Dirtnap, est basé à Portland, en Oregon.

«C'est le label mythique du groupe Exploding Hearts, dont trois membres sont morts dans un accident d'auto sans connaître le succès auquel ils étaient destinés», raconte Max Desharnais

À l'image du groupe The Sainte Catherines à l'époque, Sonic Avenues vient de l'école punk DIY («Do It Yourself»): faites vous-mêmes ce que l'industrie ne peut faire pour vous, quitte à ce que l'aventure ne soit pas toujours rentable. «L'expression go for broke, on la connaît», lance-t-il.

En 2012, le groupe nous avait convaincus par courriel de prêter l'oreille à son deuxième album, Television Youth. Sonic Avenues se produisait alors au festival South by Southwest (SXSW) par ses propres moyens, sans l'appui de Planète Québec. Mine de rien, le groupe a donné au total une centaine de spectacles pour son deuxième album.

Pour la sortie de son troisième disque, Mistakes, Sonic Avenues peut enfin compter sur une équipe aux États-Unis et au Québec. «Une chance, car nous n'avons jamais été aussi occupés en matière de promo, dit le chanteur Max Desharnais. C'est nouveau pour nous.»

Si Sonic Avenues est resté dans l'ombre pendant l'âge d'or de l'indie rock, les projecteurs pourraient enfin se tourner vers lui. Le quatuor donne dans le punk garage d'inspiration power pop. C'est à tort qu'il est considéré comme un groupe de créneau. Sa musique peut plaire à tout amateur de rock. Surtout avec les chansons mélodiques du nouvel album qui s'inscrivent dans le retour du rock sale aux courbes pop assumées (Heat, Solids, Gazoline, Le Trouble).

«Pas trop lo-fi, pas trop hi-fi, avec beaucoup d'énergie», résume le chanteur Max Desharnais.

L'animateur de CHOM Jay Walker a par ailleurs diffusé sa (plus ancienne) chanson Throw It Away à son émission, dimanche dernier.

«Ça fait du bien de voir que des gens de Montréal care. On avait un peu perdu espoir», dit Jean-Christophe Niquet

Du rock, tout simplement

Avant d'en arriver au résultat final de Mistakes, Sonic Avenues a mis à la poubelle un an de compositions. «Ça ressemblait trop à nos vieilles tounes. On a décidé d'apporter un peu plus de variété», dit Max Desharnais.

Résultat: Mistakes part en trombe, puis ralentit avec des ballades. Le groupe assume ses références aux années 90 et se permet des arrangements de claviers.

«Beaucoup de chansons ont pris forme au local de pratique. Cette énergie s'est transposée sur l'album. On a écrit les deux autres albums avec notre tête, et celui-ci partait plus d'ici», dit Max Desharnais en se pinçant la poitrine.

Une partie de Mistakes a été enregistrée à Sorel, puis une autre dans le salon et la cuisine du chanteur du groupe. «On a déplacé des amplis pour l'acoustique en expérimentant beaucoup avec les voix», indique le guitariste Sébastien Godin.

Pendant la genèse de Mistakes, Max Desharnais a vécu deux épisodes de déprime amoureuse. Une épreuve douloureuse mais inspirante. «Future's bleak but I'll keep my shit together», chante-t-il en conclusion de l'album.

«Chance [Hutchison, qui a remplacé Jamie Desjardins à la basse] m'a convaincu de garder la dernière chanson, Lost & Found. Je trouvais ça trop downtempo et nineties, mais il m'a dit: si tu trouves ça bon, stick to it

«Ça donne un album honnête», ajoute le chanteur, alors que ses comparses se foutent amicalement de sa gueule dans son dos après des blagues «d'oiseau blessé».

Pas de doute: les membres de Sonic Avenues ont fait Mistakes avec bonheur et leurs coeurs de punk rockeurs.

Après une tournée en Europe, Sonic Avenues sera en spectacle à la Casa del Popolo le 12 juin, et auparavant le 18 avril au Cercle, à Québec.

À découvrir: Moodoïd

Kevin Parker de Tame Impala a mixé le EP du groupe français Moodoïd, à écouter sur Bandcamp. Le groupe mené par Pablo Padovani (guitariste de Melody's Echo Chamber et fils du jazzman Jean-Marc Padovani) convie l'auditeur à une épopée pop-world psychédélique (sorte de croisement des Besnard Lakes et de Malajube). Moodoïd propose un son qui n'a pas d'égal en France, surtout en français.

Moodoïd est une suggestion musicale de Laurent Saulnier, chef d'orchestre des FrancoFolies, donc il n'est pas impossible que Moodoïd visite Montréal bientôt.

QOTSA et Soundgarden à Montréal

Deux raisons de moins de se rendre au Bluesfest d'Ottawa ou au Festival d'été de Québec. Queens of the Stone Age se produira au Centre Bell le 9 juillet, quatre jours avant un spectacle de Soundgarden au Métropolis. De quoi réjouir les Montréalais déçus de voir les groupes écartés de la programmation du festival Osheaga.

Ce n'est qu'à Ottawa que les amateurs de country auront la chance de voir Blake Shelton (juge à The Voice) et le groupe Lady Antebellum dans le cadre du Bluesfest, qui aura lieu du 3 au 13 juillet. Le festival ratisse large, de Journey à Snoop Dogg (Lion) en passant par Cypress Hill, St. Vincent, Journey, Andrew Bird, Jake Bugg, Violent Femmes, Bombino et Blondie.

Certains de ces groupes profiteront sans doute de leur saut en Ontario pour se produire au Festival de jazz, dont on attend toujours la programmation. En parcourant la programmation du Festival d'été de Québec, annoncée hier, on constate que des artistes comme Lady Gaga et The Killers ont décidé de se produire à la fois à Montréal, Québec et Ottawa.

C'est aussi le cas de Queens of the Stone Age, dont les billets pour le spectacle au Centre Bell seront mis en vente demain.




la boite:1600147:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer