Grizzly Bear: bien au-delà du classicisme apparent ****

Painted Ruins, de Grizzly Bear... (image fournie par RCA/Sony)

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Painted Ruins, de Grizzly Bear

image fournie par RCA/Sony

La PresseAlain Brunet 4/5

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Grizzly Bear est formé d'Edward Droste, Christopher Bear, Daniel Rossen et... (PHOTO PHIL MANSFIELD, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES) - image 1.0

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Grizzly Bear est formé d'Edward Droste, Christopher Bear, Daniel Rossen et Chris Taylor.

PHOTO PHIL MANSFIELD, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Indie Rock

Painted Ruins

Grizzly Bear

RCA/Sony

4 étoiles

En 2012, année de la sortie de l'album Shields, Grizzly Bear était au faîte de ladite tendance indie rock/art rock. Cette esthétique était alors dominante, comme elle l'avait été au cours de la décennie précédente. Elle l'était de par ses instrumentations élaborées, ses sophistications harmoniques et orchestrales au service de la forme chanson.

En 2012, Grizzly Bear incarnait le nec plus ultra parmi les importantes avancées de la culture pop/rock.

En 2017 ? La formation lance Painted Ruins, cinquième album magnifique qui ne se présente pas a priori comme une oeuvre importante de la période actuelle. A priori...

Le groupe américain (Los Angeles pour Edward Droste, Christopher Bear et Chris Taylor, Brooklyn pour Daniel Rossen) ne mise plus exactement sur cette rencontre entre musique de chambre, musique contemporaine et chanson rock. Ne mise pas non plus sur une poésie chansonnière évocatrice du contexte actuel, préférant le laisser transpirer la conjoncture à travers une écriture intimiste, traversée par de subtiles réflexions inspirées de la vie privée.

La forme se veut classique, moins aventureuse, bien qu'élégante et fouillée - on l'observe dans certaines chansons, notamment Aquarian, Systole ou Sky Took Hold.

On y observe des éléments de musique électronique, surtout dans l'usage des claviers ; les guitares et voix bellement harmonisées se trouvent aussi au premier plan. Assorti d'actualisations électro, ce retour à la synthèse des années 60 et 70 est un phénomène observable chez tant d'artistes associés à la mouvance indie. Grizzly Bear n'y fait pas exception, mais y parvient mieux que la presque totalité des artistes issus de la même esthétique.

Les références de la grande pop de création viennent à l'esprit : folk rock, psychédélisme, krautrock, prog, The Moody Blues, The Beach Boys, David Bowie, The Beatles, The Byrds, Peter Gabriel, pour ne citer que ces artistes et genres ayant gravé le monolithe de la musique populaire anglo-américaine.

Painted Ruins est une réalisation très réussie du bassiste Chris Taylor, réalisation dont les détails et la puissance se dévoilent au fil des écoutes. Des écoutes successives de cet opus mènent l'auditeur attentif à se dégager de cette impression de classicisme rétro, apparue d'entrée de jeu. À n'en pas douter, un des grands crus 2017.

- Alain Brunet, La Presse




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