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#YesAllWomen: non à la misogynie et la violence sexuelle

Des étudiants de l'Université de la Californie ont... (PHOTO REUTERS)

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Des étudiants de l'Université de la Californie ont protesté hier contre la violence sexuelle et les crimes haineux dans les rues de Santa Barbara.

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Dans les heures qui ont suivi la fusillade d'Isla Vista, en Californie, la discussion s'est enflammée sur les réseaux sociaux. Depuis samedi soir, sous le mot-clic #YesAllWomen (oui, toutes les femmes...), Twitter s'est transformé en véritable forum de discussion sur la violence sexuelle et le sexisme à l'endroit des femmes.

Il faut dire que le présumé meurtrier de 22 ans a tenu des propos misogynes parfois très violents un peu partout sur le web avant de commettre l'irréparable. Dans un manifeste de 141 pages dans lequel on apprend qu'il s'est toujours senti rejeté, il distille sa haine des femmes. Des quotidiens américains, dont le Washington Post, rappellent qu'il participait également à des forums de discussion masculinistes en ligne, forums reconnus pour leurs propos particulièrement virulents à l'endroit des femmes.

Époque oblige, le jeune homme avait également enregistré plusieurs vidéos qu'il avait mises en ligne sur le site YouTube (ne les cherchez pas, YouTube les a retirées). Dans l'une d'elles, il déclarait: «Je me sens tellement invisible lorsque je marche dans mon collège. Vos shorts révélateurs, vos cheveux blonds en cascade, vos jolis visages... J'en veux une comme petite amie. Je suis poli, je suis l'ultime gentleman et pourtant vous, les filles, ne me laissez pas une chance. Je ne sais pas pourquoi.»

Ce sont les commentaires publiés à la suite de la diffusion de ces vidéos qui semblent avoir mis le feu aux poudres. En effet, certains internautes (bien cachés sous leur pseudonyme) affirmaient que cette terrible tragédie était la faute des femmes qui avaient rejeté le jeune homme.

«Voyez, les filles, ce qui arrive quand vous traitez les gentils garçons comme de la merde...», a écrit un de ceux-là. «Je ne blâme pas les fusils, je blâme les blondes cette fois...», a renchéri un autre.

Réactions

Révoltées, de nombreuses femmes n'ont pas tardé à réagir. C'est une blogueuse qui, la première, a utilisé le mot-clic #YesAllWomen. «Discutons non pas de ce que "tous les hommes" peuvent faire, a-t-elle écrit samedi soir, mais plutôt de ce que les femmes doivent craindre...» Cette invitation a provoqué un véritable torrent de témoignages et de commentaires. Hier après-midi, plus de 720 000 tweets avaient été publiés selon Topsy, firme qui étudie les tendances et analyse l'activité sur Twitter.

Des femmes d'un peu partout sur la planète, et pas seulement aux États-Unis, participent à la discussion depuis plus de 48 heures. Des dénonciations, des déclarations, mais aussi des histoires très personnelles et tragiques de viols et de violence sexuelle. Résumées en 140 petits caractères, certaines ont l'effet de véritables coups de poing.

L'auteure new-yorkaise Deborah Copaken Kogen, ancienne photoreporter de réputation internationale, chroniqueuse au Financial Times et auteure de plusieurs best-sellers, a avoué samedi, sous le mot-clic #YesAllWomen, qu'elle avait été violée la veille de sa collation de grades, mais qu'on lui avait conseillé de ne pas entamer de poursuites. Aujourd'hui mère de deux enfants, elle a ajouté ceci: «J'oblige ma fille adolescente à prendre un taxi après 22h, mais je laisse son frère revenir en métro...»

«J'ai passé 19 ans à enseigner à ma fille à ne pas se faire violer, a tweeté une maman. Combien de temps avez-vous passé à apprendre à vos fils à ne pas violer une fille?»

La candidate d'Option nationale dans Crémazie, Gabrielle Ladouceur-Despins, a quant à elle tweeté: «Parce que tout le Québec se souvient du nom du tireur de Polytechnique, mais pas de celui des victimes...»

Des hommes aussi participent à l'échange. Certains en profitent pour exprimer leur rage à l'endroit des femmes, d'autres dénoncent les excès du féminisme. Au moins un homme, Francis Dufresne, étudiant en journalisme à l'UQAM, s'est porté à la défense du présumé tueur en tweetant qu'il n'était pas un monstre. «Comme beaucoup trop d'hommes, il n'a jamais su comment aimer une femme. Ou aimer tout court.» Un autre, Justin Dennis, a écrit: «Parce que je suis un homme, je n'ai jamais été harcelé sur la rue, mais ma femme et mes amies le sont tous les jours.»

Pourquoi #YesAllWomen?

Aux États-Unis, des féministes ont créé le mot-clic #NotAllMen en référence à ces hommes qui interrompent invariablement une discussion sur le sexisme en affirmant: «Mais tous les hommes ne sont pas sexistes...» (Not all men...) Ce mot-clic, qui se voulait moqueur, a donc été détourné pour affirmer que si «tous les hommes ne sont pas coupables de gestes sexistes», les femmes, elles, «peuvent toutes être victimes de sexisme de la part des hommes».




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