Kendrick Lamar: impérial, explosif, un peu trop bref

Kendrick Lamar, samedi, à Osheaga... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRECHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Kendrick Lamar, samedi, à Osheaga

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Le spectacle rap le plus attendu de ce week-end à Osheaga, de surcroît le plus attendu de 2015 sur la planète hip-hop, a eu lieu hier soir. Devant un parterre très densément peuplé, Kendrick Lamar, assurément le MC de l'heure, s'est présenté dans une forme exemplaire. L'anorak de type camouflage dont il était vêtu ajoutait à l'attitude conquérante de ce jeune surdoué du hip-hop, accompagné cette fois par une formation complète et dont l'instrumentation avait été conçue pour les interventions de masse.

Kendrick a commencé avec Money Trees, enchaîné les rimes de quelques pièces hautement significatives, puis il a contemplé la foule pendant de longues secondes, pour repartir de plus belle.

Au bout d'un court moment, nous étions tous en train de faire des longueurs dans les Swimming Pools (Drank) du rappeur californien.

Kendrick s'est tu une deuxième fois, a observé la mer de monde et... une fan a dévoilé sa généreuse poitrine devant la caméra, retransmise illico sur les écrans géants. Le rappeur, lui, a semblé préférer commenter l'énergie collective. Mais saura-t-on un jour si c'était arrangé avec le gars des vues ? Chose certaine, le titre (cru) de la chanson suivante se prêtait un tantinet à la situation : Bitch Don't Kill My Vibe. Enfin...

On s'est ensuite roulé dans la soul, la vraie, aussi dans la Poetic Justice de notre hôte si brillant, si magnétique. On a contemplé des images de nuits urbaines (Los Angeles, on imagine), on était prêt à se perdre dans la M.A.A.D. City du Good Kid.

Le hip-hop du MC s'est alors enroulé d'une irrésistible soul jazzy, sensuelle, subtile, un des plus beaux titres de Kendrick : Sing About Me I'm Dying of Thirst.

Pendant que le feu d'artifice du samedi soir remplissait le ciel montréalais, on atteignait un sommet d'intensité avec la chanson I (Love Myself), dont la source musicale est un vieux tube des Isley Brothers (Who's That Lady).

Avec ferveur (c'est peu dire), la foule a scandé « We gon'be all right », mais il lui a fallu patienter ; le tube qui contient cette phrase serait servi au dessert.

Omniprésent à Osheaga, Yasiin Bey (Mos Def) est apparu sur scène et s'est limité à danser sur l'interprétation du supertube King Kunta, coiffé par le slogan « We want the funk », repris par des milliers de fans survoltés.

All Right fut enfin entonnée, assortie d'un rap improvisé de Mos Def. L'énergie hip-hop jazz était à son comble, un seul rappel a suivi.

Coït interrompu ? Inutile d'ajouter qu'on en aurait pris davantage. On aurait aussi aimé se faire balancer plus de matière tirée du dernier et génial opus de Kendrick Lamar, To Pimp a Butterfly. Et on aurait rêvé d'entendre des arrangements encore plus étoffés, joués par une formation constituée des superbes musiciens vedettes ayant participé à cet enregistrement d'exception. Dans le contexte d'un festival, cependant, on pardonnera à Kendrick Lamar d'avoir fait un peu court. La vie est courte, après tout...

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