Féfé: à contre-courant

Après la dissolution de Saïan Supa Crew, en... (Photo: Anne Gauthier, archives La Presse)

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Après la dissolution de Saïan Supa Crew, en 2007, Féfé a peaufiné son propre style, à la croisée du hip-hop, de la chanson française, du blues et du soul.

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Erika Peter
La Presse

Quand on pense à Féfé, c'est Saïan Supa Crew qui résonne. Ce collectif créé en 1997 s'est inscrit dans la courte liste des légendes du rap français grâce à des succès tels qu'Angela, La preuve par trois ou encore À demi nu. Pourtant, c'est bien Féfé, sans ses anciens acolytes, qui se présentera sur la scène du Cabaret du Mile End dans le cadre des Nuits d'Afrique. Comme le Saïan Supa Crew, il se démarque par son unicité.

«Aujourd'hui, on est devenu une référence du rap français, mais à l'époque on était mis à l'écart, explique Féfé. Beaucoup de gens considéraient que ce n'était pas vraiment du rap parce qu'on mélangeait beaucoup de choses. Mais je suis content, j'apprécie la reconnaissance.»

Toujours à contre-courant, il semble que l'artiste ait l'habitude de vivre «à l'écart». Après la dissolution de Saïan Supa Crew, en 2007, à la suite d'un dernier album réussi, Féfé s'est lancé dans une aventure en solo. Il a créé la surprise en 2009 avec son premier opus, Jeune à la retraite. Accompagné d'une guitare, il se met à pousser la chansonnette et peaufine alors son propre style musical, à la croisée du hip-hop, de la chanson française, du blues et du soul, à une époque où le hip-hop «bling-bling» domine le palmarès dans l'Hexagone.

«Ç'a été très difficile. C'était un combat avec moi-même, plus qu'avec le hip-hop français», dit-il.

Les critiques sont unanimes: l'artiste a trouvé sa voie avec ce qu'il appelle la chanson française urbaine. Après une longue tournée et une petite pause, Féfé a repris ses activités en 2013 avec Le charme des premiers jours, l'album de la maturité.

«J'ai mis du temps à le faire, car je ne m'attendais pas au succès du premier album, dit-il. J'ai essayé de recréer le son de ce qu'écoutaient mes parents, c'est-à-dire beaucoup de soul et de reggae. Je voulais aussi monter le niveau avec mes textes.»

Parodie avec Karim Ouellet

Au Québec, l'album a un écho grâce à Karim Ouellet, avec qui Féfé a écrit la chanson Parodie, et qu'il a découvert à l'époque où le Québécois n'était pas encore connu en France.

«Karim est très talentueux. Je l'ai rencontré lors d'un de ses tout premiers concerts en France. J'ai juste kiffé et je me suis dit que, quoi qu'il arrive, je travaillerais avec lui.»

En tournée depuis un an, Féfé s'est positionné comme un artiste de la scène, malheureusement peu prisé par les radios commerciales malgré les nombreuses critiques positives.

«J'ai toujours eu des problèmes avec les radios, même avec le premier album. Elles voulaient bien me jouer à condition que j'enlève le rap de mes chansons, explique-t-il. J'aimerais passer plus souvent à la radio, mais je n'enlèverai pas le rap.»

C'est donc un artiste entier, sans étiquette, pour les fans de musique éclectique, sans artifices, qui se présentera à Montréal ce soir. Le chanteur rappeur à texte est clair: pour lui, le public est un des membres du groupe lorsqu'il est sur scène, et il invite les Montréalais à une soirée où l'interactivité sera à l'honneur.

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Au Cabaret du Mile End, ce soir, 21h.




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