Série INTER_CONNECT: Mexico électro

Alberto Bustamante, alias Mexican Jihad, a cofondé le... (Photo María Fernanda Molins, fournie par MUTEK)

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Alberto Bustamante, alias Mexican Jihad, a cofondé le label mexicain NAAFI, consacré à la musique électronique.

Photo María Fernanda Molins, fournie par MUTEK

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OLY, Omaar, Lao et Mexican Jihad servent aujourd'hui le menu principal de la série INTER_CONNECT, consacrée à l'électro de Mexico, l'une des métropoles mises en évidence au 18e MUTEK - les autres étant Londres, Barcelone et Berlin.

Ces quatre artistes sont liés au label mexicain NAAFI - No Ambition And Fuck-all Interest pour les intimes! L'étiquette indépendante de musique électronique est considérée comme l'une des plus vivaces à fleurir dans le champ gauche de Mexico, que prise MUTEK. On sait que l'organisation montréalaise y présente annuellement un festival, comme elle le fait à Barcelone, Tokyo et Buenos Aires.

«Sans conteste, MUTEK est l'un des festivals électros les plus intéressants de notre ville. Sa direction artistique y fait toujours une place intéressante à la production locale et accorde un grand soin aux conditions de production. Plusieurs de nos artistes y ont été présentés au cours des dernières années», explique Alberto Bustamante, alias Mexican Jihad, cofondateur de NAAFI.

Selon notre interviewé, il est vain de chercher à circonscrire le son de l'électro mexicaine. L'hétérogénéité y règne, même au sein d'un label indépendant.

«Au sein de NAAFI, il y a une grande diversité de sons dans les productions. Bien sûr, nous aimons travailler avec des DJ et producteurs qui ne craignent pas de sortir des sentiers battus. Ce processus n'est pas cérébral, il est organique: tout simplement, nous invitons les artistes à participer à nos soirées, et si la relation s'intensifie au terme de performances concluantes, nous envisageons des collaborations.»

Ainsi, les affinités seraient «plus humaines et culturelles qu'esthétiques». Comme la majorité des artistes établis dans des mégapoles, ceux de NAAFI ne cherchent pas systématiquement à intégrer directement des fragments de folklore ou de musiques populaires mexicaines, quoique...

«L'usage de musiques locales n'est pas un objectif en soi. Nos créations s'inscrivent dans une mouvance internationale, mais nous sommes très sensibles au contexte de notre production artistique, ce qui la rend forcément locale.»

Il fournit l'exemple des plus jeunes DJ et producteurs de NAAFI invités à Montréal: «OLY et Omaar proviennent d'Ecatepec de Morelos et de Coacalco, banlieues de la grande région de Mexico, réputées pour leur violence urbaine, mais aussi pour d'autres caractéristiques culturelles. On ressent forcément une ambiance de chez nous à travers ces musiques. Elles ne pourraient être imaginées à Londres ou Paris. Elles sont donc indéniablement mexicaines.»

Système D

Alberto Bustamante souligne en outre que les artistes NAAFI ne sont pas tous mexicains: des artistes de l'Uruguay, du Chili et de Porto Rico font également partie du répertoire, soit une quinzaine de projets actifs. Lui-même est originaire d'Oaxaca, dans la partie méridionale du pays.

«Je me suis installé à Mexico, car la culture est très centralisée dans ce pays, bien que l'on puisse trouver des communautés d'artistes électroniques à Guadalajara, Monterrey, Veracruz, etc. La majorité des familles de producteurs électros évoluent dans la capitale, les collectifs de producteurs s'y adressent à différents publics et marchés. Mexico manque cruellement d'infrastructures, mais traverse néanmoins une très bonne période côté créativité. Ses artisans y ont appris à maîtriser le système D.»

C'est exactement dans cet esprit qu'est né NAAFI en 2010.

«Pendant quelques années, raconte Alberto Bustamante, nous devions exercer d'autres métiers pour survivre: rénovation, décoration, graphisme, etc. Les activités du label étaient menées dans mon propre salon et, à un certain stade de notre développement, nous avons pris le risque de nous consacrer exclusivement à notre passion. Aujourd'hui, nous sommes trois à travailler à temps plein pour NAAFI.»

Pour assurer l'expansion de leur label, les gestionnaires de NAAFI doivent faire preuve de pragmatisme, pense Alberto Bustamante: «Sans négliger le volet exploratoire du label, destiné à des auditoires plus pointus, nous essayons de lancer des productions grand public, propices à la diffusion radiophonique, à la télévision, au cinéma ou à la publicité.»

Éternelle tension entre création et accessibilité... NAAFI apprend à assumer.

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À la Société des arts technologiques ce soir, 21 h 30, dans le cadre de la série INTER_CONNECT de MUTEK.




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