Benjamin Biolay: Palermo... Montréal

Près de quatre ans après avoir pulvérisé au Métropolis les clichés du tombeur... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Près de quatre ans après avoir pulvérisé au Métropolis les clichés du tombeur de femmes ou du  jetsetter condescendant que certains lui collent encore, Benjamin Biolay renouait dimanche soir avec son public montréalais.

Dans le cadre du festival Montréal en lumière, le chanteur, compositeur, parolier, arrangeur, réalisateur et leader d'orchestre français (parisien d'origine lyonnaise) a suggéré au Théâtre Maisonneuve un mélange de ses classiques (La superbe, Négatif et autres Cerfs-volants) ainsi que des chansons neuves, enregistrées récemment à Buenos Aires avec plusieurs musiciens latino-américains de renom (albums Palermo Hollywood, lancé en mai dernier et Volver, prévu en mai prochain). 

Palermo... Montréal, donc.

Ses accompagnateurs d'hier, cependant, étaient tous d'Europe: le guitariste français Philippe Almosnino, le batteur français Denis Benarrosh, le bassiste et guitariste belge Nicolas Fiszman ainsi que le clavirériste hollandais Reyn Ouwehand. À l'évidence de très bons musiciens mais...

Personnellement, j'aurais aimé de plus claires évocations argentines dans le jeu, j'aurais aimé une meilleure intelligibilité côté sonorisation (excès de basses fréquences!), j'aurais aussi souhaité une préparation plus rigoureuse et plus soignée comme Biolay en est capable.

Il a préféré la spontanéité et l'énergie brute dans l'exécution. Ou encore a-t-il repris du service après une trop longue pause, allez savoir. Parfois, cette approche contraire à celle du travail studio peut produire les résultats escomptés, des versions plus «sales» peuvent s'avérer concluantes. Dimanche, en tout cas, ce choix était loin d'être évident.

D'entrée de jeu, nous étions plongés à Palermo Hollywood, la chanson titre de son dernier opus était précédée de la bande opératique du même enregistrement. Biolay et sa voix d'outre-tombe se sont postés devant le pied de micro, au côté duquel deux claviers allaient le servir le soir durant. 

Ce n'était qu'un aperçu argentin car nous étions du coup catapultés un 15 septembre, soit dans les souvenirs du narrateur sur fond de rupture amoureuse et d'esprit dandy rock, gracieuseté de l'album La superbe.

Des motifs de guitares morriconesques allaient ensuite tisser une ballade inédite, magnifiquement écrite et qui porte le titre de son prochain album: Volver.

Et voilà encore une chanson-titre d'un album dont les rimes principales se termient en if: mort ou vif... natif... dubitatif... plaintif... craintif... Négatif. Biolay est penché sur les ivoires, l'accompagnement a la lourdeur et l'empreinte dramatique  d'une power ballade dont les inflexions de la conclusion ne sont pas sans rappeler Alain Bashung.

Toujours au piano, le narrateur s'adresse à la chair de sa chair et lui prodigue les conseils paternels de l'existence et l'assomption de son bagage: Ton héritage.

Il nous rappelle qu'il avait écrit, composé et cultivé Jardin d'hiver pour feu Henri Salvador, servie cette fois en mode bossa nova, sans le faste des arrangements, le tout coiffé d'un solo de trompette plutôt rudimentaire, néanmoins bien senti - on sait qu'il a reçu une formation de tromboniste avant de se lancer dans la chanson.

De l'album Trash Yéyé, il nous sort la trottinante  Dans la Merco Benz avec quelques variations de Cabrel (et ça continue encore et encore... d'accord d'accord).

Compositeur éclectique, Biolay se met ensuite à l'italo-disco et entonne son nouveau single au titre réversible: Roma (amoR) ... les filles ad-o-rent!

De retour en Argentine, il fait dans el rock nacional et soulève le public avec Pas d'ici, virile  et costaude à souhait. Du même album, il entonne une Ballade française on ne peut plus classique, avec les échantillons de cordes en prime. On ne s'étendra pas sur la petite étendue de son registre vocal,  on observera néanmoins que Biolay sait composer avec les limites de son organe.

Au grand bonheur des accrocs de la série Narcos, Biolay reprendra bellement Tuyo, du chanteur brésilien Rodrigo Amarante, qu'on a pu entendre au festival Pop Montréal en septembre dernier, soit en première partie d'Angel Olsen.

En fondu enchaîné, on a droit à l'intro de Je pense à toi qu'avaient popularisé Amadou & Mariam et de l'encore fraîche Miss Miss, de même esprit  et signée Benjamin.

Les oeufs sont finalement montés en neige, c'est carrément La superbe. Comme dans la chanson, on y flaire la flamme singulière, on y perd la gagne... quelle aventure.  Le crescendo et la finale sont plus qu'appropriés, la foule est chauffée à bloc, l'ovation précède les rappels.

Deux claviers tisseront l'introduction des Cerfs-volants, chanson entrelardée d'une citation d'un vieil air popularisé jadis par Marilyn Monroe (River of no Return), rallonge galante à la structure.

Le chanteur conclut avec Pas sommeil, une des ballades les plus réussies de Palermo Hollywood. «Le corps en sang, le coeur endolori, je visite les vestiges de ma vie... je n'ai pas sommeil du tout.»

Nous non plus n'avions pas sommeil du tout au terme de ce spectacle trop court et mal ficelé mais... c'était dimanche soir et le métro et le boulot nous attendaient après le dodo.




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