Rêveurs définitifs: rêveries éparpillées

Éric Antoine et Yann Frisch pendant le spectacle Rêveurs... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Éric Antoine et Yann Frisch pendant le spectacle Rêveurs définitifs

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La PresseStéphanie Dupuis 2/5

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Stéphanie Dupuis
La Presse

Fraîchement débarqué au Théâtre St-Denis, le spectacle Rêveurs définitifs du metteur en scène Raphaël Navarro propose de la magie nouveau genre. Adapté à la sauce québécoise avec notamment la participation de Patrick Watson à titre de musicien invité, le spectacle alliant magie, danse et humour n'a toutefois pas trouvé la recette parfaite.

Ce spectacle multimédia, créé à Paris pour le Théâtre du Rond-Point, rassemble une dizaine de tableaux inégaux qui jumellent la magie à de nouvelles disciplines, explorant cinq thématiques récurrentes, sans grande cohérence. Dans un souci de plaire à un large public, la production se perd dans sa multidisciplinarité.

Dès les premières minutes, la danseuse Ingrid Estarque épate la salle grâce à ses mouvements aussi gracieux que bien exécutés. Elle donne le ton aux premières lévitations - procédé parfaitement maîtrisé par l'artiste.

Étienne Saglio fait son entrée en scène avec deux objets : une lumière et une pellicule plastique. Mis en commun, les matériaux lui permettent de recréer l'envolée d'un fantôme survolant le Théâtre St-Denis du balcon au parterre, au grand émerveillement du public.

La scène laisse place à un théâtre d'objets qui fait mouche, puis à l'incroyable sens de la répartie d'Éric Antoine et de Yann Frisch, tous deux de la production originale. Leur numéro de cartes, de prime abord simplet, se transforme en un véritable numéro d'humour qui contraste avec le reste du spectacle, mais qui crée des moments privilégiés entre les spectateurs et les artistes.

Suit un numéro humain-écran qui rappelle les galipettes du groupe humoristique Les Chick'n Swell. Deux artistes partent à la rencontre de leur hologramme, conjuguant poésie et humour. La finale, déstabilisante, crée l'illusion en confondant le fictif et le réel.

Ravissement et faux pas

Les musiciens Isabelle Mathieu, côté jardin, et Patrick Watson, côté cour, s'immiscent avec justesse dans les numéros présentés. Le chanteur montréalais a été chargé par Navarro de revitaliser les mélodies, omniprésentes tout au long de la soirée. La douce voix du chanteur est particulièrement mise en valeur l'espace d'un numéro très classique, qui ravit l'auditoire.

Mardi soir, quelques faux pas ont brisé la magie : la table utilisée pour le numéro de manipulation de balles et de cartes était chambranlante. Le solo de danse lévitante d'Ingrid Estarque a quant à lui laissé transparaître un fin câble.

Le manque de rodage est probablement la cause de ces couacs, la production ayant été adaptée par des artisans locaux. La salle s'est tout de même laissé porter par la rêverie et a accueilli la pièce par des rires constants et de chauds applaudissements.

* * 1/2

Rêveurs définitifs. Spectacle multidisciplinaire mis en scène par Raphaël Navarro. Au Théâtre St-Denis jusqu'au 22 juillet.




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