Plastic Bertrand: chanteur de la bonne humeur

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Juste pour rire
Juste pour rire

Nos articles sur le Festival Juste pour rire. »

Josée Lapointe

Pour l'occasion, le chanteur de 63 ans est venu passer une semaine à Montréal, question de préparer ce spectacle unique avec des musiciens québécois. «Nous devons faire plusieurs ajustements, car c'est quand même gros. C'est beaucoup de travail pour eux et pour nous, mais je le fais avec bonheur, car ils sont exceptionnels!»

Son séjour ici lui fait rater deux représentations de la tournée Stars 80, qui cartonne partout où elle va en Europe depuis novembre. «Nous avons fait 100 dates et il en reste une vingtaine. En tout, nous aurons rejoint environ un million de spectateurs, c'est extraordinaire! En plus, il y a plein de gens de 20 ans qui viennent nous voir.»

Nous avons rencontré Plastic Bertrand plus tôt cette semaine, dans le lobby d'un hôtel du centre-ville. L'artiste, qui a vendu des millions de disques dans le monde, est enjoué, bavard et sympathique. Au cours de l'entrevue, une famille de touristes suisse vient lui demander de poser pour une photo et il s'exécute avec grâce et gentillesse. Manifestement, Plastic Bertrand a du métier et le goût d'être là.

Anniversaire

Comment prend-il le fait d'être invité par le Festival Juste pour rire? «Plutôt bien. Je suis un chanteur de la bonne humeur. Et puis Juste pour rire est une institution, ce sont mes 40 ans carrière, les 35 ans du festival, les 375 ans de Montréal. C'est une histoire d'anniversaire!»

Chanteur de la bonne humeur, oui, mais pas chanteur comique, tient-il à préciser. «Quand on lit les textes de mes chansons trois secondes, on se rend compte qu'il y a des choses qui se disent, ce n'est pas juste pour mettre de l'ambiance.»

On pense à un autre chanteur belge, Stromae, qui maîtrise l'alliage de paroles significatives et de musique festive. «Nous sommes différents, mais il y a peut-être une manière de faire typiquement belge, parce qu'on a beaucoup de décalage sur nous», dit le vieux routier, qui par contre n'aime pas le cynisme.

«Il faut faire ce métier honnêtement, comme un artisan. C'est important d'être un artiste au premier degré, de savoir qui on est sans se poser de questions. Le public, il est premier degré, sinon c'est de la moquerie, de la méchanceté. La musique, c'est tout sauf ça: c'est de l'amour, du partage.»

Pas de gêne

Plastic Bertrand a sorti son premier disque il y a 40 ans, en 1977. Y figurait le tube Ça plane pour moi, qui l'a propulsé vedette planétaire instantanément. Ce disque comprenait aussi des titres comme Dance Dance, 5.4.3.2.1.0, Pogo Pogo ou Wha Wha. Quand on lui fait remarquer qu'il aimait bien les répétitions et les onomatopées à cette époque, il sourit.

«Je n'ai aucune gêne. C'est comme quand on regarde les photos des looks qu'on avait. C'est une vraie histoire... J'aime bien être marqué dans l'époque, mais aussi ne pas être gêné de ce qu'on a fait. On y est allés à fond, au premier degré, avec les fautes de goût qui vont avec. C'est très facile de ne pas être démodé : on rentre sur scène avec costard noir et cravate.»

Comment explique-t-il que ses chansons, comme Stop ou encore et Tout petit la planète, aient traversé le temps? «Je ne sais pas, c'est peut-être parce qu'elles sont naïves et touchantes», dit Plastic Bertrand, qui se pince «chaque jour» en constatant sa chance d'avoir toujours pu vivre de son métier.

«Je suis encore surpris. Chaque fois que je suis à Montréal, je sais que nous sommes peu d'artistes francophones à venir ici, j'ai la larme à l'oeil en me disant que j'ai une chance hallucinante.» Ce qui explique probablement pourquoi il a tant le trac avant chaque spectacle. «Je flippe à mort. J'ai peur que les gens ne viennent pas.»

Xavier Caféine

Mais le chanteur, manifestement très en forme, tourne toujours 40 ans plus tard. Il est tellement occupé, précise-t-il, qu'il doit constamment remettre ses projets d'album à plus tard. Dandy Bandit, son plus récent qui remonte à 2009, a d'ailleurs été réalisé par... Xavier Caféine !

«C'est mon agent québécois qui me l'avait présenté. A priori, on ne se ressemble pas. Moi plus variétés, Xavier plus underground. Mais nous avons accroché tout de suite, nous avons la même vision du métier. C'est comme si on se connaissait depuis 30 ans.»

Xavier Caféine jouera d'ailleurs de la basse demain soir. «Il y aura aussi DJ Frigid en première partie. Nous ferons aussi en duo la pièce Machine!, qu'on a sortie il y a quelques années.»

On peut donc s'attendre à un spectacle festif. Et bien sûr, on a hâte de voir comment le flamboyant personnage, élégamment vêtu de noir lors de l'entrevue - «parce que je n'avais pas de place dans mes bagages!» -, sera habillé.

«J'aime le kitsch des années 80, ça me fait marrer. Mais si j'ai une réputation d'extravagance, je ne l'étais pas tant que ça non plus. Un blouson rose... ce n'est pas si extravagant! Ce que j'aime, c'est être à contre-courant, sortir de l'uniforme du moment. Je ne cherche pas l'outrance, mais plutôt à être à côté du truc.» Pas de danger qu'il s'affiche en jeans et t-shirt comme les vedettes rock d'aujourd'hui. «Le jeans, ça, jamais. Je ne l'ai jamais porté.»

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Plastic Bertrand sera en spectacle sur la place des Festivals ce soir à 21 h 15.




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