L'intense dialogue de Ehnes et Vogler

James Ehnes et Jan Vogler, solistes de Kent... (PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE LANAUDIÈRE)

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James Ehnes et Jan Vogler, solistes de Kent Nagano et l'OSM vendredi soir à l'Amphithéâtre de Lanaudière.

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Claude Gingras

Le dernier week-end du 36e Festival de Lanaudière commence bien, avec le premier de deux concerts de l'Orchestre Symphonique de Montréal et son chef Kent Nagano. On avait annoncé de la pluie. Il n'y en eut point. Il faisait même très beau et il y avait là 5000 personnes qui ont applaudi et même crié «Bravo!» dès après le premier mouvement de l'Eroica.

D'un geste très discret, Nézet-Séguin a habilement appris au public du Métropolitain à respecter en silence le déroulement normal d'une oeuvre, mais Nagano n'a jamais fait le moindre effort en ce sens.

Grosse assistance, donc, mais beaucoup de retardataires aussi, un accident sur la route Montréal-Joliette ayant causé un retard d'une bonne demi-heure.

L'événement du concert, c'est le Double Concerto de Brahms, qui ramène ensemble le violoniste canadien James Ehnes et le violoncelliste allemand Jan Vogler, entendus avec Louis Lortie lors des séries Beethoven de 2001 organisées par l'imprésario Daniel Poulin. Les deux jeunes solistes étaient techniquement au sommet de leur forme. Mieux encore: Ehnes continue de mûrir comme interprète et Vogler, plutôt ordinaire il y a une douzaine d'années, devient enfin un musicien intéressant. Plus grand que nature grâce aux écrans géants, leur dialogue se déroulait avec naturel et sur un subtil rubato, l'un reprenant la phrase où l'autre l'avait laissée. En fait, ce dialogue était tellement intense qu'on en oubliait l'orchestre, qui fut pourtant exemplaire.

Après l'entracte, Nagano et l'OSM reprenaient l'Eroica qu'ils ont déjà donnée en concert et même enregistrée. Ce choix n'avait rien d'original, surtout lorsqu'on songe à la quantité de symphonies valables qu'on ne joue jamais et dont plusieurs trouveraient leur cadre idéal dans un festival comme celui-ci. Mais il faut aussi comprendre Lanaudière de s'en tenir aux valeurs sûres après des déconfitures comme ce mince auditoire de 2000 personnes pour Hamelin et son impossible programme Medtner-Scriabine.

Revoici donc, pour la nième fois, l'Eroica. On aimerait bien que Nagano parvienne à la diriger sans avoir à regarder sa partition. Bien des chefs dirigent de mémoire cette oeuvre essentielle de leur répertoire. Pourquoi pas lui? Comme un acteur, un chef qui possède pleinement son sujet n'a pas besoin du texte. Quoi qu'il en soit, cette Eroica fut plutôt bonne. Nous avons entendu une exécution irréprochable et même une sorte d'interprétation. L'orchestre sonnait bien, l'acoustique de l'Amphithéâtre clarifiait le contrepoint, on devinait même une certaine pensée dans la Marche funèbre. On aurait simplement souhaité un peu plus d'ivresse dans les variations finales.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef d'orchestre: Kent Nagano. Solistes: James Ehnes, violoniste, et Jan Vogler, violoncelliste. Vendredi soir, Amphithéâtre Fernand-Lindsay de Joliette. Dans le cadre du 36e Festival de Lanaudière.

Programme: Concerto pour violon, violoncelle et orchestre en la mineur, op. 102 (1887) - Brahms

Symphonie no 3, en mi bémol majeur, op. 55 (Eroica) (1804) - Beethoven

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