King Crimson à Wilfrid-Pelletier: toujours plus fort

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Remarquable. C'est le mot qui nous vient immédiatement à l'esprit pour qualifier le concert inspiré qu'a donné King Crimson à la salle Wilfrid-Pelletier, hier soir. C'était aussi fort sinon davantage que les deux spectacles que Robert Fripp et sa bande de lurons tirés à quatre épingles avaient livrés au Théâtre Saint-Denis en novembre 2015.

Cette fois, la barre était encore plus haute, justement parce que le retour en forme du monarque du rock dit progressif avait surpassé toutes les attentes il y a deux ans. Pour la première fois, Fripp avait alors consenti à revisiter presque toutes les périodes de l'histoire du groupe dont il aura été le seul membre de l'équipage présent du début à la fin. Une fin qui, heureusement, à la lumière de ce qu'on a vu et entendu hier, semble lointaine.

Fripp a modifié un peu son programme toujours axé sur sa production des années 70 mais dont la modernité était frappante.

Il a ajouté un peu de l'album Islands, est retourné visiter Lizard pour y repêcher la superbe Cirkus et, ô surprise, il a même accepté de relire une pièce de la période Adrian Belew, Indiscipline, durant laquelle ce guitariste-chanteur Jakko Jakszyk n'a pas cédé à la tentation de faire un petit David Byrne de lui-même comme Belew en 1981.

La dernière fois, Fripp avait recruté trois batteurs qu'il avait placés à l'avant de la scène. Hier, ils étaient quatre, mais Bill Rieflin a cédé sa place derrière la batterie centrale à son collègue Jeremy Stacey et, l'air impassible, il a joué des claviers toute la soirée durant sur l'estrade derrière aux côtés du saxophoniste Mel Collins, du bassiste Tony Levin, de Jakszyk et de Fripp. Le nouveau batteur au chapeau melon digne de The Clockwork Orange tâtait également des claviers à l'occasion pendant que Pat Mastelotto et Gavin Harrison, un ex-Porcupine Tree, travaillaient en symbiose.

Déjà impressionnant avant l'entracte, King Crimson nous a tous soufflés en deuxième partie. De l'antique Pictures of a City, qui semblait rajeunie, à Easy Money, qui a provoqué une ovation, en passant par les plus récentes Meltdown et Radical Action II, lourde à souhait, chacune des pièces au programme témoignait des vastes talents de cette équipe tricotée serré qui s'appropriait sans peine des créations de groupes parfois fort différents.

C'est toutefois The Letters, une pépite de l'album Islands paru en 1971, qui a fait ressortir la belle folie de King Crimson, son audace qui lui permet de passer d'un duo de flûtes traversières à une tempête orchestrale digne du jazz le plus free.

La finale, magnifique, ressemblait à celle de 2015. La grandiose Starless, suivie au rappel de The Court of the Crimson King et de 21st Century Schizoid Man, avec entre les deux Heroes, empruntée au regretté David Bowie. Jakszyk n'est évidemment pas l'immense chanteur qu'était Bowie mais la guitare lyrique de Fripp, associée à jamais à cette grande chanson, donnait la chair de poule.

Fripp, le guitariste, était dans une forme superbe. À la toute fin, le musicien qu'on a souvent qualifié de cérébral avait l'air d'un petit garçon à qui on vient de donner une caméra en cadeau quand il s'est mis à photographier les spectateurs en liesse.

C'était ce genre de soirée.




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