IAM à la défense du français

Au fil des années, l'influence d'IAM a été... (Photo fournie par Universal)

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Au fil des années, l'influence d'IAM a été marquante dans l'univers du hip-hop québécois. «Pour nous, c'est une fierté», a dit à ce sujet le rappeur Akhenaton.

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Même si on ne l'a pas vu aux Francos depuis 16 ans, IAM n'a pas boudé le Québec. En 2011, Akhenaton s'est produit aux Francos et IAM a joué peu après à Laval. N'empêche, 16 ans, c'est tellement long qu'au bout du fil, Akhenaton est mêlé dans ses souvenirs et confond le concert de 1997 au Métropolis avec un autre, en plein air, trois ans plus tôt.

Dans les bureaux de leur compagnie de disques à Marseille avec son pote Kheops, le rappeur se met à rêver à voix haute d'un concert gratuit aux Francos un de ces jours, comme celui qu'IAM va donner à Central Park ce vendredi.

Akhenaton, Kheops, Shurik'N, Imhotep et Kephren en seront à leur premier concert à New York, mais leur groupe a des racines profondes dans la métropole américaine. «New York, pour nous, c'est quelque chose de magique, dit Akhenaton. C'est la ville qui nous a formés, où on a fait nos premiers disques, c'est un peu un retour aux sources pour nous. Ça va être un moment émouvant.»

Dans sa chanson Dernier coup d'éclat, du récent album Arts martiens, IAM raconte les jours où Akhenaton et Kheops ont «frôlé la mort» à New York. «C'était dans les années 80, on n'avait pas d'argent, on allait chez un ami qui vivait à Coney Island, se souvient Akhenaton. Coney Island, à cette époque, c'était le Liban pendant la guerre: on s'endormait au son des armes à feu. Mais nous, on ne voyait pas ça, on n'en avait que pour la musique, le hip-hop. Dans la maison où on était, il y avait un studio où les Chambers Brothers enregistraient leur album. On a eu la chance de côtoyer énormément de groupes américains et on a pu les voir travailler en studio, observer leurs techniques.»

De bons textes

IAM n'est pas qu'un groupe phare du rap en français dans son propre pays. Son influence a également été marquante dans l'univers du hip-hop québécois. Akhenaton s'en réjouit.

«Pour nous, c'est une fierté, répond-il. Autant on peut avoir de grosses faiblesses au niveau des prods - les Américains, on ne peut pas leur enlever ça, c'est leur musique: même quand c'est underground, c'est super bien bossé -, autant s'il y a un endroit où on peut rivaliser avec eux et même les dépasser des fois, c'est au niveau du contenu. La proportion de très bons textes aux États-Unis est beaucoup plus faible que la proportion de très bons textes en français.»

Il s'en trouve d'ailleurs pour dire qu'alors que plusieurs jeunes artistes, en France peut-être même plus qu'au Québec, décident de chanter en anglais, le rap et le hip-hop sont peut-être les meilleurs défenseurs de la langue française.

«C'est paradoxal parce que cette musique qui était décriée et pointée du doigt comme étant une émanation de la culture américaine est aujourd'hui la musique qui défend la francophonie au Québec, comme quoi le rap peut réserver de très belles surprises aussi, constate Akhenaton. Bizarrement, le rock qui était vu comme quelque chose de très québécois, très traditionnel, a basculé dans l'anglophonie tout simplement parce que beaucoup d'artistes québécois rêvent d'une carrière américaine. C'est aisé à comprendre.»

Les forçats du hip-hop

Spartiate Spirit, le premier morceau d'Arts martiens, se veut presque un manifeste d'IAM, une façon de regarder dans le rétroviseur tout en allant de l'avant. «On est un peu des forçats du hip-hop, on a la passion pour cette musique, on adore ce qu'on fait, clame Akhenaton. Nos seules certitudes aujourd'hui, ce sont les concerts: 24 dates en été et une tournée qui démarre le 18 octobre en France et qui, je l'espère, passera par le Canada. Donc voilà, on met nos harnais sur nos épaules et on avance.»

IAM se réjouit d'avoir pu pratiquer son métier depuis près de 30 ans en accord avec ses valeurs et ses convictions, même si parfois on le considérait comme pas très docile, sinon ingérable. «Maintenant, il y a une sorte de revival chez les plus jeunes, à travers des groupes comme 1995, Orelsan ou même Youssoupha qui sont de nouveau axés sur l'écriture et qui, indirectement, forment un nouveau public à l'écoute d'IAM. On voit dans nos concerts énormément de gens de la nouvelle génération.»

Contrairement à ses deux visites précédentes, IAM ne sera pas entouré de musiciens additionnels au Métropolis. «À Montréal, vous connaissez bien IAM: quand tout le monde fait quelque chose, nous on s'arrange pour faire le contraire, répond Akhenaton. On jouait depuis cinq ans avec des musiciens, et comme aujourd'hui tous les groupes de rap jouent avec un band, nous on a choisi de revenir à quelque chose de très basique: c'est très électronique, très hip-hop et en même temps très théâtral.»

IAM, au Métropolis, 18 juin, 21 h




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