Une collection de Rembrandt exposée au Louvre

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Le collectionneur américain Thomas Kaplan possède plusieurs Rembrandt exposés au musée du Louvre.

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Antoine Froidefond
Agence France-Presse
Paris

«J'ai hurlé dans le téléphone»: Thomas Kaplan se souvient parfaitement du jour où il a acquis son premier Rembrandt aux enchères. Depuis, il en acquis dix autres et a réuni en treize ans 250 oeuvres du Siècle d'or hollandais, dont une trentaine sont exposées au musée du Louvre.

Parmi cette sélection présentée à Paris figurent les Rembrandt, dont le milliardaire américain et son épouse, Daphne Recanati, détiennent désormais la première collection en main privée. Mais aussi Jan Steen, Jan Lievens, Frans van Mieris, Gerard Dou.... sans oublier un Vermeer, le seul qui ne soit pas détenu par un musée.

Les cimaises du Louvre, c'est une première pour cette collection Leiden, dédiée depuis 2003 aux peintres de la ville de Leyde, qui n'avait jamais eu les honneurs d'une exposition dans un grand musée, même si elle a consenti plus de 170 prêts de tableaux à de prestigieux établissements européens, américains et japonais.

«Nous avons pris une décision très réfléchie, explique Thomas Kaplan à l'AFP. L'art que nous collectionnons, nous ne devons pas vivre avec, nous devons le rendre accessible au public».

Avec le Louvre, ce très francophile homme d'affaires new-yorkais à la mise de lord anglais - petit gilet, pochette flamboyante - est allé plus loin: il vient d'offrir au plus grand musée du monde une oeuvre magistrale de Ferdinand Bol, le plus doué des disciples de Rembrandt, Eliezer et Rebecca au puits.

Pourquoi ce choix alors que la collection Leiden a des liens avec quatorze musées dans le monde?

«Le Louvre est notre musée préféré, nous avons une résidence à Paris, nous adorons la France», explique Thomas Kaplan, Légion d'honneur, la plus haute distinction française, à la boutonnière.

Rembrandt moins cher que Warhol

À l'origine de cette rencontre, une vente aux enchères où, sans le savoir, Kaplan l'emporte sur le Louvre pour acquérir le tableau de Ferdinand Bol. Informé par la maison de vente, le milliardaire propose un prêt de l'oeuvre à long terme, ce que le musée accepte en 2010.

«Le Louvre n'avait jamais fait ça auparavant», souligne-t-il avec fierté.

Tom Kaplan, qui a fait fortune dans les métaux précieux après un doctorat en histoire à Oxford, est un collectionneur tardif. «J'avais six ans quand j'ai découvert Rembrandt. C'est là que je suis tombé amoureux du Siècle d'or hollandais. Mais je n'ai jamais imaginé avant mes 41 ans qu'on pouvait acheter un Rembrandt ou un Vermeer. C'était inconcevable pour moi».

«En cinq ans, nous avons acheté en moyenne une peinture par semaine», dit-il. «Nous avons acheté ce que nous aimons, et, comparé à l'art contemporain, ces oeuvres n'étaient pas chères».

«La Minerve de Rembrandt», un grand format spectaculaire, «nous l'avons payée moins cher qu'un Warhol. Vous pouvez acheter un Greco pour beaucoup moins qu'un Cy Twombly», fait-il valoir.

Cette passion, Thomas Kaplan l'a assouvie dans la plus grande discrétion. Sa fiche Wikipedia fait à peine mention de ses activités de collectionneur, car le premier engagement du couple, à travers la fondation Panthera, est la sauvegarde des habitats naturels des grands félins.

«Jusqu'à très récemment, nous n'avions aucune envie de nous présenter comme collectionneurs, mais lorsque nous avons mis en ligne le catalogue de la collection, nous avons franchi le Rubicon», reconnaît Thomas Kaplan. Après Paris, une sélection de 70 tableaux va être présentée en Chine.

Aujourd'hui, «nous voulons dire pourquoi nous croyons si fortement que Rembrandt compte, que les grands maîtres comptent, que le pont créé par la culture entre les civilisations compte», martèle Thomas Kaplan, qui ne cache pas son admiration pour le projet du Louvre Abou Dhabi.

«C'est le premier musée dans le monde arabe qui présente tout le spectre de l'art, de l'antiquité aux manuscrits hébraïques enluminés en passant par la création contemporaine. C'est vraiment une idée fabuleuse», affirme le collectionneur, qui croit plus que jamais au «soft power» de la culture.




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