Liège mise sur l'art pour son renouveau

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Une installation faisant partie de l'exposition En plein air présentée au musée La Boverie.

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Philippe Siuberski
Agence France-Presse
Liège

Sept ans après l'inauguration de sa nouvelle gare, signée par l'architecte de réputation mondiale Santiago Calatrava, la ville belge de Liège, au coeur de l'ancien bassin sidérurgique wallon, poursuit son renouveau économique en misant sur l'art, grâce au soutien du prestigieux musée du Louvre.

Situé sur une petite île verdoyante, entre la Meuse et un canal de dérivation du fleuve, un nouveau pôle d'attraction de la métropole régionale de 200 000 habitants ouvre jeudi au public: le musée La Boverie, aménagé dans un pavillon construit pour l'exposition universelle de Liège de 1905 dans un style inspiré du Petit Trianon du domaine de Versailles.

Le bâtiment accueille notamment les riches collections de la ville de Liège - baptisée la «Cité ardente» en raison des hauts fourneaux et de la chaleur de ses habitants -, dont des pièces phares acquises par la municipalité lors d'une grande vente aux enchères organisée par le régime nazi le 30 juin 1939 à Lucerne d'oeuvres d'art considérées comme «dégénérées», et le 1er août de la même année à Paris.

«Des vrais gens»

Parmi ces oeuvres, l'un des plus célèbres tableaux de Picasso, La famille Soler (1903), côtoie dorénavant Gauguin, Chagall, Monet, Kokoschka, Ingres et le Belge Ensor dans les sous-sols réaménagés et agrandis du musée de La Boverie. Auxquelles il faut ajouter des toiles de Toulouse-Lautrec, Matisse, Dufy, Poliakoff ou encore Vasarely, offerts à la ville dans les années 1970 par le collectionneur belge Fernand Graindorge.

Pour mettre un coup de projecteur sur ce patrimoine, redorer l'image d'une région qui a vu ses charbonnages et ses hauts-fourneaux fermer les uns après les autres, il fallait un geste architectural fort, dont la conception a été confiée à l'architecte français Rudy Ricciotti, concepteur du «Cube» accueillant sur le front de mer à Marseille le MuCEM (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée).

L'architecte français a optimisé l'aménagement des salles d'exposition, tout en respectant la structure du bâtiment qui avait été laissé à l'abandon. Il a surtout greffé une extension de verre et de béton sur pilotis, ouvrant le musée vers le grand canal de la Dérivation.

«Je trouve que ce n'est pas le bordel ici à Liège (sic). Il y a des vrais gens, dans de vraies situations, avec une vraie pensée, un vrai regard politique, un vrai regard esthétique. Donc la tendresse que j'ai reçue en arrivant ici à Liège, j'ai essayé de la traduire en retour dans mon travail», a confié à l'AFP l'architecte français.

Mais le nouveau musée liégeois - rénové pour 27 millions d'euros - peut aussi compter sur l'expertise et l'expérience du Louvre, le grand musée parisien aux 8,7 millions de visiteurs par an avec qui il a signé une convention de 2016 à 2018.

«Musée-jardin»

L'exposition temporaire inaugurale, intitulée En plein air, est la première manifestation de cette collaboration.

«C'est une exposition où on peut voir comment des peintres comme Corot, l'École de Barbizon, mais aussi, au 20e siècle, des gens comme Picasso, ont mis l'artiste, qui regarde le promeneur ou le baigneur, au coeur de leur art», explique à l'AFP le président-directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez.

«C'est une rencontre entre l'artiste et le promeneur, comme un musée est un carrefour entre le visiteur et le créateur», exposé dans un «musée-jardin», a-t-il ajouté en référence au parc à l'atmosphère «impressionniste» qui ceinture le musée, lieu de promenade privilégié des Liégeois.

Dans les salles éclairées d'une lumière naturelle tombant de verrières masquées par des toiles claires, les oeuvres de Cézanne, Monet ou Bonnard illustrent, pour la durée de cette exposition, cette réappropriation de la nature par l'homme il y a un siècle et son interprétation par les artistes alors d'avant-garde, des bords de la Seine aux quais de la Meuse.

Le musée La Boverie se situe à quelques minutes à pied de la principale gare de Liège (Guillemins). L'exposition inaugurale est ouverte jusqu'au 15 août 2016. Renseignements: www.laboverie.com.

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