André Dubois: le projecteur d'histoires

Avec son exposition La main en abat-jour sur les... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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Avec son exposition La main en abat-jour sur les yeux, André Dubois est de retour avec ses sculptures lumineuses où la perspective et l'ombre chinoise émergent de son coup de couteau à lame rétractable (X-Acto).

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Avec son langage d'ombres et de lumière, l'artiste contemporain André Dubois présente, avec La main en abat-jour sur les yeux, une nouvelle série d'oeuvres poétiques et théâtrales s'appréciant dans la noirceur. On s'immerge dans son univers magique et intime à la maison de la culture d'Ahuntsic, jusqu'au 16 janvier.

Après ses Temples consommés présentés chez Art Mûr en 2010, ses Objets crépusculaires montrés dans le cadre d'Art souterrain, en 2013, et son expo Sublimer le tranquille à la maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce, au printemps dernier, André Dubois est de retour avec ses dernières sculptures lumineuses. La perspective et l'ombre chinoise émergent encore avec délicatesse de ses coups de couteau à lame rétractable (X-Acto).

L'artiste originaire de Sainte-Foy poursuit en effet sa création de petites installations tout en finesse. Avec ce filet de lumière qui passe à travers un papier (ou un autre support) troué à divers endroits et qui reproduit sur le mur une image de type anamorphique, légèrement déformée.

Dans le cas de sa neuvième expo solo, André Dubois a décidé d'utiliser des abat-jour. Logique. Si ces accessoires ont pour fonction de filtrer la lumière pour éclairer avec douceur, André Dubois les transforme pour en faire des projecteurs d'histoires.

Quelques petits trous, une lumière qui voyage, et André Dubois nous plonge dans des univers variés avec une même magie.

Soroa 02, 2015, d’André Dubois, abat-jour, papier Teraskin,... (Photo André Pichette, La Presse) - image 2.0

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Soroa 02, 2015, d’André Dubois, abat-jour, papier Teraskin, acrylique, découpage, fil de nylon, métal, lumière DEL, 44 cm de diamètre x 38 cm.

Photo André Pichette, La Presse

Une école et un musée

Son oeuvre Vasistas reconstitue sur le mur la scène d'un cours de dessin tirée de la photo d'une école de sculpture européenne. Guggenheim 1 est une installation créée avec une carte géographique de Manhattan trouée de telle sorte que l'image projetée montre des visiteurs dans les étages circulaires du musée new-yorkais.

Une autre oeuvre, sans titre pour l'instant, reprend les fins détails d'un abat-jour en dentelle auxquels se mêlent quatre ou cinq dessins coquins habilement dissimulés.

André Dubois crée aussi des images à partir de photos personnelles, comme Soroa 01 et Soroa 02, deux installations autobiographiques montées à partir de photos prises lors d'un voyage à Cuba. Deux oeuvres qui ont trait à l'enfance et rappellent au visiteur des souvenirs de baignades en famille, des souvenirs de bonheur simple qui ressurgissent avec quelques petits points de lumière.

Rembrandt projette le Louvre

L'oeuvre intitulée Le Louvre ne contient pas d'abat-jour. André Dubois l'a concoctée avec la couverture cartonnée et le dos d'un livre d'art sur Rembrandt.

Troué en de multiples endroits, le livre engendre l'image d'une perspective de la pyramide du Louvre et de ses visiteurs.

Dans ce cas, l'artiste n'a pas utilisé le couteau, mais un découpage au laser.

L'expo comprend aussi une soixantaine de petites oeuvres circulaires de sa série Ouvrir-Fermer qu'il élabore depuis trois ans à partir de couvercles récupérés de pots de peinture, de confiture, de miel ou encore de crème glacée qu'il a peints. Un des plus réussis est le couvercle d'un pot de peinture blanche. Il en a fait une oeuvre alpestre en utilisant seulement la peinture restée collée sur le couvercle.

Les autres couvercles ont été décorés d'animaux, de paysages, de portraits (Rimbaud ou Rachmaninov) ou de natures mortes selon un style romantique de fin du XIXsiècle. Une installation où, là encore, le recyclage de la matière croise l'art. Comme avec cette lumière qui illumine le génie d'André Dubois.

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À la maison de la culture d'Ahuntsic (10 300, rue Lajeunesse) jusqu'au 16 janvier.

Nouvelles et autres expositions

Le prix Sobey désormais à Ottawa

Organisé depuis 2002 par le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, le prix Sobey pour les arts sera désormais sous la tutelle du Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa. Ce prix destiné aux artistes canadiens d'art contemporain de moins de 40 ans est décerné chaque année par un jury représentatif des cinq régions du Canada. Parmi les gagnants des dernières années figurent Michel de Broin, David Altmejd, Raphaëlle de Groot, Nadia Myre et l'Ontarien Abbas Akhavan, récompensé en octobre dernier.

Annie Gauthier au MNBAQ

La directrice générale du Musée d'art de Joliette, Annie Gauthier, quittera ses fonctions en mars prochain pour devenir directrice des collections et de la recherche au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), à Québec. Arrivée à Joliette en mars 2012, Annie Gauthier aura mené à bon port le projet de mise aux normes, de rénovation et de réaménagement de la collection du musée lanaudois. Dans la Vieille-Capitale, elle aura le mandat de s'occuper de la collection nationale et de faire rayonner le MNBAQ qui vivra une métamorphose l'été prochain avec l'ouverture du nouveau pavillon Pierre-Lassonde.

Exposition Blanc

L'espace culturel Salon b présente, jusqu'au 19 décembre, Exposition Blanc, un ensemble d'oeuvres déclinant la couleur blanche selon différents médiums. On y trouve les sculptures en porcelaine et fil de fer de Marianne Chemla, les tableaux architecturaux de Jean-Michel Correia, les ombres mouvantes des créations de Pnina C. Gagnon, les sculptures murales grillagées de Malgosia Bajkowska, trois collages d'Eva Richardson, les peintures encaustiques de Marie-Claude Robillard et les gravures de Wah Wing Chan.

Au Salon b - espace culturel (4231b, boulevard Saint-Laurent), jusqu'au 19 décembre, les mardis, de 13 h à 18 h, et les samedis, de 11 h à 16 h, ou sur rendez-vous.

Centre d'apprentissage parallèle au MBAM

Le service de l'éducation du Musée des beaux-arts de Montréal présente jusqu'au 10 janvier, dans le cadre de son programme Le Musée en partage, une exposition originale intitulée La création, voie de tous les possibles. Le Centre d'apprentissage parallèle (CAP) au Musée. Il s'agit d'une présentation éducative comprenant une oeuvre collective, des sculptures et de nombreuses peintures réalisées par des participants du CAP, un organisme qui favorise l'insertion par l'art depuis 10 ans.

Au Musée des beaux-arts de Montréal (1380, rue Sherbrooke Ouest) jusqu'au 10 janvier.

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