Virée des galeries: Annie Baillargeon et Art public Montréal

Annie Baillargeon... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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Annie Baillargeon

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Quelles sont les expositions à voir ce week-end? Nos critiques en arts visuels proposent une tournée montréalaise de galeries et de centres d'artistes. À vos cimaises!

Annie Baillargeon: maturité et petits déclins

Fascinée par la danse et le cinéma, l'artiste Annie Baillargeon s'est forgé un nom depuis 15 ans avec ses représentations performatives du corps féminin. Moins ancrées dans l'esthétique pure et plus loquaces, les oeuvres de son nouveau corpus, Les natures mortes: Épisodes de petits déclins, sont présentées à la galerie D'Este jusqu'au 25 octobre.

Des femmes, lors d'une caricature de fête d'anniversaire, se vautrent dans la nourriture sous un déluge de confettis. Dans une autre oeuvre, elles sont coiffées de chapeaux de princesse et se mêlent à de petits fantômes aux yeux brillants. Là, des corbeaux laissent échapper leurs plumes sur les voiles de femmes abattues. Manipulant couteaux et fourchettes, d'autres femmes dénudées, sans identité et recouvertes de goudron, intègrent un décor d'épinettes squelettiques...

Comme toujours dans son travail, ces femmes sont une seule et même femme: Annie Baillargeon, qui se met en scène de façon cinématographique.

Pour Les natures mortes: Épisodes de petits déclins, elle a voulu transposer le corps dans la tradition de la nature morte et utilise parallèlement de multiples références à l'alimentation (courges, gâteaux, couteaux, fourchettes) projetées dans une nature champêtre de fin d'été.

Du coup, sa volonté d'évoquer le côté sombre de la nourriture se traduit par des mises en scène qui ont un parfum d'Halloween. C'est de saison!

Aquarelle sur photographie

Dans ce nouveau travail, le charme de la femme et le souci du bien-manger sont supplantés par une laideur et un dénuement assez déprimants. Les courges sont en voie de décomposition. L'herbe des champs est fanée. Les dentelles des personnages sont ternies, voire maculées. Et les couleurs des photos sont tristes, à peine rehaussées par des dessins à l'aquarelle, un nouveau procédé chez elle, apparu avec ses oeuvres Les cannibales, La lune de miel et Le banquet, de 2014.

On est loin, en tout cas, de ses corps de femmes multipliés par photomontage numérique, lors de chorégraphies esthétiques qu'elle avait présentées notamment dans l'exposition Emballage anatomique à la galerie d'art d'Outremont, en 2011, puis à la maison de la culture Frontenac en 2012.

Le contenu narratif est aujourd'hui plus évident, plus proche d'une réalité brute, d'une critique de la consommation, de la propension à la boulimie ou à l'anorexie. Une expression sur nos petits déclins qui tranche avec l'aspect ornemental de ses oeuvres précédentes.

Parfum de maturité

Cette nouvelle exposition d'Annie Baillargeon est un signe évident de maturité. Elle a aujourd'hui 37 ans. Elle reflète aussi son sens de la performance, son goût pour la danse contemporaine et l'ambiance glauque des films d'horreur. L'élégance de ses oeuvres précédentes a un peu disparu, il est vrai, mais aussi leur caractère un peu froid.

Moins mystérieux et moins abstrait, son travail récent est surprenant sans être décevant.

D'ailleurs, il n'y a pas que de tristes constats dans ce corpus. Son oeuvre La correspondance, avec la richesse de la terre meuble, a quelque chose de vibrant et d'optimiste. Les explosions, Le rêve, Les sommeils et Les paralysies sont dans la même veine.

À noter qu'en ce moment, on peut encore avoir accès à sa série Territoire perdu, qui est présentée jusqu'au 17 octobre au Centre d'art Jacques & Michel Auger, à Victoriaville, son lieu d'origine. À la fin du mois, elle exposera trois autres oeuvres de la série Les natures mortes: Épisodes de petits déclins au Toronto Art Fair, du 23 au 26 octobre.

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À la galerie D'Este (4396, boulevard Saint-Laurent) jusqu'au 25 octobre.

Prendre le pouls, 2014, sculpture du duo d'artistes... (PHOTO CLAUDE LABOSSIÈRE, FOURNIE PAR ART PUBLIC MONTRÉAL) - image 2.0

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Prendre le pouls, 2014, sculpture du duo d'artistes Cooke-Sasseville placée au Centre universitaire de santé McGill, et faisant partie de la nouvelle collection d'Art public Montréal.

PHOTO CLAUDE LABOSSIÈRE, FOURNIE PAR ART PUBLIC MONTRÉAL

Art public Montréal

Un nouvel organisme, Art public Montréal, a vu le jour, hier à Montréal, afin de mettre en valeur l'art public. Des banques canadiennes, des hôpitaux, des musées et des universités de Montréal, des entreprises publiques comme Hydro-Québec ou la Société de transport de Montréal, des sociétés privées et la Ville de Montréal ont décidé de réunir sur l'internet leurs oeuvres d'art pour constituer une banque de 600 oeuvres réalisées par un demi-millier d'artistes québécois et étrangers.

Michel Huneault

Post Mégantic, fruit de deux année de travail du photographe Michel Huneault sur les suites de l'accident ferroviaire du 6 juillet 2013, à Lac-Mégantic - avec des photographies, des vidéos, des témoignages oraux, des installations et des textes - a remporté le 23e prix Dorothea Lange - Paul Taylor, décerné chaque année par le Centre d'études documentaires de la Duke University, aux États-Unis. Ce prix doté d'une bourse de 10 000 $ récompense la qualité du travail de Michel Huneault et son engagement auprès de la communauté de Lac-Mégantic tout en soulignant l'universalité de la catastrophe - reliée au transport du pétrole - qui a entraîné la mort de 47 personnes.

Nos artistes en Allemagne

Le centre d'artistes montréalais Perte de signal a été invité par le KunstKraftWerk, un centre d'art de Leipzig, à présenter l'exposition La mécanique de l'objet. Jusqu'au 8 novembre, les commissaires Julie Bélisle et Ariane de Blois exposent des oeuvres de Nicolas Bernier, Myriam Bessette et Robin Dupuis, Martin Messier, Darsha Hewitt, Samuel St-Aubin, Jonathan Villeneuve et Pavitra Wickramasinghe. L'expo est un clin d'oeil aux expérimentations mécaniques qui ont mené à la naissance de l'enregistrement sonore et du cinématographe.

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Au KunstKraftWerk, à Leipzig, en Allemagne, jusqu'au 8 novembre.

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