Picasso saisi en Corse: un banquier poursuivi

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Agence France-Presse
Madrid

Le banquier espagnol Jaime Botin, personnalité en vue en Espagne, est poursuivi pour contrebande de biens culturels, deux mois après avoir tenté de sortir du pays un Picasso, à bord d'un yacht, a-t-on appris vendredi de sources proches de l'enquête.

Tête de jeune fille, l'oeuvre saisie le 31 juillet à bord du plateau en Corse par la douane française et entreposée désormais au musée Reina Sofia de Madrid, vaut à l'ancien patron de Bankinter des poursuites pénales devant le tribunal de Pozuelo de Alarcon, en banlieue de Madrid, selon ces sources.

Le banquier tentait en vain depuis 2012 d'obtenir l'autorisation d'exporter la toile d'une valeur de 26 millions d'euros et considérée en Espagne comme un bien culturel «inexportable», parce qu'il «n'existe pas d'oeuvre similaire en Espagne» de cette époque de la vie de Pablo Picasso.

La douane française l'avait saisie dans le port corse de Calvi (France), après le dépôt d'une demande d'autorisation d'exportation vers la Suisse.

Le tableau se trouvait à bord de l'«Adix», yacht battant pavillon britannique, généralement ancré à Valence mais parti cette fois pour l'île méditerranéenne. Cet argument a été utilisé par les avocats du propriétaire pour soutenir que l'oeuvre, achetée à Londres en 1977, a «toujours été domiciliée à l'étranger» et qu'elle n'est pas soumise au droit espagnol.

Mais au mois de mai, la justice espagnole a confirmé qu'il n'était pas possible de l'exporter. L'oeuvre a été peinte par Picasso pendant la période dite de «Gosol» (en Catalogne), avant que le peintre espagnol n'opère un virage décisif vers le cubisme.

Le litige remonte à 2012, quand la maison de ventes aux enchères Christie's avait demandé l'autorisation d'exportation définitive du tableau, au nom de M. Botin. Cette autorisation lui avait été refusée par le Ministère de la Culture, partie civile dans cette affaire. Ensuite, le banquier a changé de version, assurant que la toile n'était pas en Espagne et ne lui appartenait pas directement mais à une société panaméenne.

Dans tous les cas, le tableau devrait désormais appartenir à l'État espagnol, un effet administratif automatique pour ce type d'exportation interdite.

M. Botin n'a cependant pas encore baissé les bras. Il a interjeté appel de sa mise en cause pénale. Un dernier recours administratif est également en cours d'examen devant la Cour suprême.

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