Japon: l'artiste Makoto Aida sommé de modifier des oeuvres

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Agence France-Presse
Tokyo

Un artiste japonais, Makoto Aida, a révélé être entré en conflit ouvert avec le Musée d'art contemporain de Tokyo (MoT) qui lui a demandé de modifier ou retirer d'une exposition collective des oeuvres jugées critiques envers le gouvernement.

«On m'a dit que ces installations n'étaient pas appropriées, qu'on voulait que je les retire», a expliqué à l'AFP M. Aida, un artiste polyvalent souvent jugé provocateur, connu pour ses dessins, peintures, installations, photos et sculptures exposés dans les grandes capitales artistiques.

L'une des deux oeuvres visées est un «appel» à l'adresse du ministère de l'Éducation sous la forme d'une bannière verticale où sont écrites à la plume diverses revendications comme «recrutez plus de profs» ou «des cartables moins lourds».

«Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas une oeuvre politique. Il n'y a pas un mot ni une expression qui vise plus particulièrement le régime actuel ou tel parti. Ce ne sont que des remarques d'ordre général à l'attention d'une structure nommée ministère de l'Éducation», s'est défendu dans une lettre ouverte M. Aida.

«J'ai toujours pensé qu'on ne devait pas utiliser l'art pour lancer des cris politiques», a-t-il ajouté sans s'exprimer sur la seconde oeuvre polémique.

Celle-ci, qui date de l'an passé, est une vidéo parodique présentant «un homme se faisant appeler Premier ministre lors d'un discours devant une assemblée internationale». Le personnage central en est M. Aida qui singe le chef du gouvernement Abe s'exprimant dans un anglais rudimentaire.

«Nous avons commencé à imiter les autres puissances, nous avons colonisé les plus petites nations alentour, et nous avons lancé une guerre d'agression. Nous avons insulté ces braves gens, avons blessé, puis tué. Pour cela, je présente mes sincères excuses aux peuples de Chine, de Corée du Sud et des pays d'Asie... Je suis désolé», dit l'artiste/acteur dans cette vidéo d'une vingtaine de minutes sous-titrée en japonais.

Ces propos font écho à la réticence de M. Abe à exprimer comme l'ont fait ses prédécesseurs des «excuses sincères» envers les populations d'Asie victimes de l'impérialisme nippon avant et durant la guerre du Pacifique, en dépit de nombreux appels à redire les mots de repentance de ses prédécesseurs.

Le musée, qui dit ne s'être rendu compte du problème que lors de la visite générale avant l'inauguration, juge que ces installations n'ont pas leur place dans une exposition estivale plus particulièrement destinée aux enfants, tandis que l'artiste, souvent qualifié de provocateur, se défend d'avoir voulu prendre une position politique.

Le musée a cependant dit à l'AFP souhaiter que soit «modifié» le travail, sans préciser de quelle façon. Il a aussi reconnu avoir reçu une plainte relayée par les services compétents du gouvernement métropolitain.

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