Les Grecs - D'Agamemnon à Alexandre le Grand: héritage inégalé

Découpée en six zones, l'exposition permet un retour... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Découpée en six zones, l'exposition permet un retour chronologique sur l'histoire de la Grèce antique.

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Avec l'exposition Les Grecs - D'Agamemnon à Alexandre le Grand, le musée Pointe-à-Callière présente, jusqu'au 26 avril, non seulement la plus prestigieuse exposition qu'il ait jamais accueillie depuis sa création en 1992, mais aussi la plus grande sur la Grèce antique jamais réalisée en Amérique.

Visiblement, les dieux et les déesses de l'Olympe sont descendus sur Montréal avec les meilleures intentions du monde. La Grèce gratifie la métropole d'une grande première mondiale avec cette exposition magnifique et émouvante sur le passé glorieux, les héros et les mythes de la respectée République hellénique.

«Jamais un tel corpus de la Grèce antique, le berceau de la civilisation occidentale, n'avait voyagé jusqu'à nous, en Amérique», a expliqué Francine Lelièvre, directrice générale du musée Pointe-à-Callière, lors de l'inauguration de l'exposition jeudi.

Cet événement muséal - qui partira en tournée internationale en 2015 et 2016 - ne consiste pas seulement en une présentation de 500 artefacts provenant de 21 musées grecs et couvrant 6000 ans d'histoire de la Grèce, du néolithique à Alexandre le Grand, en 323 avant Jésus-Christ. Ce n'est pas non plus seulement une évocation de figures remarquables de l'histoire grecque telles qu'Homère, Platon, Aristote ou Philippe II de Macédoine. Il s'agit aussi d'une affirmation des valeurs qui ont fondé nos sociétés modernes.

«L'exposition est un voyage de 6000 ans au coeur d'une nation qui a excellé dans des domaines tels que la philosophie, la politique, les arts, l'architecture, les mathématiques, la littérature et les sports», a déclaré, jeudi, Elena Korka, directrice générale des Antiquités et du Patrimoine culturel au sein du ministère de la Culture et des Sports de Grèce.

Témoins du passé

L'héritage est en effet considérable. D'une première visite de cette expo - qui en nécessitera sûrement deux -, on ressort avec l'impression d'avoir retrouvé une histoire qui nous est familière. Comme si l'on avait renoué avec une parenté.

La plus grande contribution de la Grèce à l'humanité est sûrement la démocratie, qui est née au IVe siècle avant Jésus-Christ, âge d'or de la Grèce classique. Il est émouvant de voir, dans la salle baptisée Athlètes et citoyens de la Grèce classique, ces quelques pierres sur lesquelles on gravait les annonces importantes à faire au peuple. Des stèles de marbre qu'on exposait au public, avec le souci d'informer la population et de tenir compte de son point de vue. Les ancêtres des journaux et de la publicité, finalement...

Et puis, ce qui fascine, c'est d'apprendre qu'un grand nombre de ces témoins du passé ont été découverts récemment. Comme ces casques du VIe siècle avant Jésus-Christ mis au jour entre 2002 et 2012, près de Thessalonique. Des fouilles se poursuivent en permanence et des centaines de tombes ne sont pas encore explorées, ont expliqué nos guides grecs jeudi.

Dans chaque section, une vidéo explicative prépare le visiteur aux objets qu'il va découvrir. Afin de bien comprendre le parcours de l'exposition, de grandes tentures présentent les thèmes des salles et des cartes géographiques magnifiquement détaillées situent les diverses régions de la Grèce.

La scénographie a été réalisée par la République hellénique et le musée Pointe-à-Callière avec l'aide du Field Museum de Chicago, du National Geographic Museum de Washington et du Musée canadien de l'histoire de Gatineau, où cette exposition sera présentée du 5 juin au 12 octobre 2015.

Des conférences seront organisées à Pointe-à-Callière et à l'Université de Montréal en janvier, février et mars en lien avec cette exposition.

Info: www.pacmusee.qc.ca

L'expo en six zones

Prélude de la civilisation grecque

> Du VIIe au IIe millénaire avant notre ère

Ce prélude néolithique est représenté par des parures, des vases, des broches en forme de fleur, des plateaux et des amphores. L'objet le plus ancien de l'expo est un grand bol en terre cuite datant de 5800 à 5300 ans avant Jésus-Christ. On peut aussi admirer une amulette datant de la période 4800 à 3300 ans avant Jésus-Christ, des figurines en marbre poli des Cyclades datant de 3200 à 2300 ans avant Jésus-Christ et des céramiques de Kamarès, en Crète, comme on en a trouvé par la suite un peu partout dans la région méditerranéenne. À voir également, un étroit diadème (usé car longtemps porté, semble-t-il), en or, découvert dans la tombe la plus luxueuse du cimetière de Mochlos, en Crète orientale.

Au temps des Mycéniens

> Du XVIe au XIIe siècle avant notre ère

Cette section est marquée par la naissance de la forme archaïque de la langue grecque, dont on peut voir quelques exemples sur des plaquettes en terre cuite. Les deux oeuvres d'art importantes de cette époque sont deux masques funéraires en or. Le premier, dit «des yeux d'Agamemnon» (exposé hors de Grèce pour la première fois), a été découvert par l'archéologue allemand Heinrich Schliemann en 1876 à Mycènes. Sa datation de 1550 à 1500 ans avant Jésus-Christ a par la suite montré qu'il ne pouvait pas représenter le commandant grec de la guerre de Troie, qui aurait eu lieu (si elle s'est réellement passée!) autour de 1200 ans avant Jésus-Christ. Trouvé dans la même tombe, le second est appelé «masque d'Agamemnon» et symbolise depuis l'archéologie grecque.

Héros de l'âge de fer

> Du XIe au VIIIe siècle avant notre ère

Après la chute de Mycènes, c'est le poète Homère qui marque cette période. L'auteur de l'Iliade (relatant la guerre de Troie) et de l'Odyssée (le voyage d'Ulysse) a inspiré des artistes dont on voit dans cette salle quelques oeuvres, notamment des vases en argile créés plus tard. On trouvera aussi, dans une vitrine, des ossements (notamment une colonne vertébrale) datant de 750 ans avant Jésus-Christ pour illustrer les rituels funéraires d'alors. Ces restes calcinés ont été découverts en Crète, avec des armes et des objets personnels, dans la tombe d'un guerrier princier. Un vase funéraire illustre également l'histoire d'Achille qui tua Hector, chef de l'armée troyenne, parce qu'il avait tué son ami Patrocle... à sa place.

Aristocrates et guerriers de Grèce archaïque

> VIIe et VIe siècle avant notre ère

La section correspond à une période de prospérité et d'inspiration artistique en Grèce, avec notamment la dynastie des Argéades. On découvre le contenu des tombes de deux aristocrates, la dame d'Archontiko et la dame de Sindos. Les bijoux en or datant de 540 ans avant Jésus-Christ sont des colliers, des épingles à cheveux et des bandes dorées entourant une coiffe. Ils sont accompagnés d'objets du quotidien «pour usage après la mort». On peut aussi observer de magnifiques casques en bronze et or, sans traces d'usure, laissant penser qu'il s'agissait d'objets d'apparat témoignant du statut de leur possesseur et qui les accompagnaient dans leur tombe. Seulement huit des 474 tombes mises au jour près de Pella contenaient de tels casques, démontrant qu'ils appartenaient à des membres de l'élite locale.

Athlètes et citoyens de la Grèce classique

> Ve et IVe siècle avant notre ère

L'âge d'or de la Grèce antique. La philosophie, l'art et le théâtre se développent à Athènes, où naît la démocratie. Pour la première fois, l'homme devient citoyen et peut s'exprimer, notamment par le vote. Pour les femmes, il faudra attendre encore... C'est aussi le début des confrontations d'athlètes à Olympie, tous les quatre ans. Plusieurs artefacts glorifient Héraclès à qui l'on doit, dit la légende, la paternité des Jeux olympiques. On appréciera aussi quatre statues en marbre d'environ 500 ans avant Jésus-Christ assez bien conservées: des kouroi (statues masculines) qui ornaient le temple d'Apollon édifié au sommet du mont Ptoion, en Béotie, et des korê (statues féminines) portant tuniques et robes. On peut aussi y écouter Platon et Aristote parler de philosophie et de gouvernance...

Les rois de la Macédoine antique

> IVe siècle avant notre ère

La dernière zone rend hommage à Philippe II de Macédoine et à son fils Alexandre le Grand qui lui succéda à l'âge de 20 ans. On y trouve une couronne en or avec branches de myrte, de la reine Meda, sixième épouse de Philippe II, et un portrait sculpté en marbre d'Alexandre le Grand, avec ses célèbres cheveux bouclés, sa tête légèrement inclinée vers la gauche, son visage imberbe et son regard tourné vers le ciel. Une petite statue datant de 280 ans avant Jésus-Christ montre Alexandre représenté en Pan, le dieu de la nature, avec des cornes sur son front. Enfin, une vitrine contient le diadème d'or et d'argent de Philippe II, orné du noeud d'Héraclès (strophion), qui illustrait le caractère divin du roi macédonien.

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