David Bowie de retour à Berlin pour une exposition

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Un portrait de l'auteur japonais Yukio Mishima peint en 1977 par Dawid Bowie.

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Kate Millar
Agence France-Presse
Berlin

Une grande exposition consacrée à David Bowie s'installe à Berlin, la rétrospective plébiscitée à Londres augmentée d'un chapitre sur ses années passées dans la ville, à la fin des années 70, une période majeure dans la carrière du musicien.

C'est dans la ville divisée de la Guerre froide que l'auteur de Ziggy Stardust retrouva l'inspiration, composant notamment Heroes, un de ses albums les plus marquants.

Le manuscrit raturé de la chanson-titre de cet album, qui raconte l'histoire d'un couple se rencontrant devant le Mur de Berlin, une lettre écrite à Marlene Dietrich ou encore des peintures que Bowie réalisa à l'époque et qui l'aidèrent à abandonner la drogue font partie des quelque 60 objets ajoutés à l'exposition londonienne, retraçant les «années berlinoises» de l'auteur-compositeur.

Cette présentation multimédia, inaugurée lundi par le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, s'est installée au Musée Martin Gropius, un bâtiment construit sous l'empereur Guillaume 1er pour abriter ses collections d'art décoratif, et que longeait le Mur.

«Bowie sans Berlin, ça ne marche pas», a souligné lors d'une conférence de presse Martin Roth, directeur du Victoria and Albert Museum de Londres où fut montée l'exposition originale.

Pour Victoria Broackes, une des commissaires de l'exposition londonienne, Berlin «semblait correspondre» à la personnalité de Bowie.

Elle rappelle l'intérêt de ce féru d'histoire pour la République de Weimar (1919-1933) mais aussi «sa soif de découvertes et d'innovations», nourrie par son amour de la scène culturelle berlinoise et de ses avatars underground des années 70.

«C'est ici qu'il a semblé échapper à ses démons et à son vide créatif pour offrir une nouvelle jeunesse à son inspiration», a-t-elle dit.

Au milieu des costumes extravagants de l'artiste, l'exposition explore son parcours dans la ville, ses influences, raconte ses rencontres.

1976. Usé par la gloire, accroc à la cocaïne, Bowie alias David Robert Jones débarque en provenance de Los Angeles dans un Berlin-Ouest encore balafré par les traces de la guerre. À son départ, trois ans plus tard, il aura composé une trilogie d'albums révolutionnaires: Low, Lodger et l'emblématique Heroes, enregistré dans les studios Hansa, et aboli les frontières entre mode, musique et performance artistique.

«C'est une ville dans laquelle il est si facile de se perdre... Mais aussi de se trouver», a dit l'artiste à propos de Berlin, dans une interview datant de 2001.

Entre autres curiosités, l'exposition montre les tableaux qui ont inspiré la pochette de Heroes, des oeuvres du peintre Erich Heckel, figure de l'expressionnisme allemand qui plaisait tant au chanteur britannique. Ces mêmes tableaux dont Iggy Pop, compère de Bowie à Berlin, offrit lui-aussi une variation photographique pour illustrer son propre album The Idiot en 1977.

Le visiteur peut également découvrir des extraits - inédits - de la correspondance entretenue en 1978 entre Bowie et l'actrice Marlene Dietrich, avec laquelle il tourna le film Just a Gigolo ou encore des rapports de la police secrète de RDA, la Stasi, évoquant le risque que de jeunes Allemands de l'Est tentent de s'approcher du Mur pour mieux entendre un concert de la star, devant le Reichstag, côté Berlin-Ouest, en 1987.

Même un banc, provenant de l'un des repaires berlinois de Bowie, Dschungel (la jungle), a trouvé sa place au Martin Gropius.

Silencieux pendant plusieurs années, le chanteur a renoué le fil de son histoire d'amour avec Berlin en sortant l'an passé un titre surprise à l'occasion de son 66e anniversaire. Where Are We Now? égrène les souvenirs de l'artiste, associés à des noms de lieux symboles de la ville.

Celle-ci lui rend d'ailleurs volontiers son affection, voyant fièrement en Bowie l'un des ambassadeurs qui ont su faire découvrir le visage cool de ce qui était à l'époque un ilot capitaliste perdu derrière le Rideau de fer. «Son aura demeure perceptible», soulignait d'ailleurs récemment le quotidien berlinois TAZ.

Les «années berlinoises» font partie de la légende Bowie. Et aujourd'hui, le touriste peut même suivre la visite guidée qui retrace les pas de la star, dans la désormais capitale de l'Allemagne.




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