Grande rétrospective animalière à la Galerie Simon Blais

Yseult et Sylvie Riopelle, les deux filles de... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Yseult et Sylvie Riopelle, les deux filles de l'artiste Jean Paul Riopelle.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Une centaine d'oeuvres de Jean Paul Riopelle consacrées au thème animalier seront exposées d'ici deux ans au Québec à l'occasion de la tournée intitulée Les migrations du bestiaire qui débute aujourd'hui à la Galerie Simon Blais, à Montréal. La Presse a rencontré hier les deux filles de l'artiste, Sylvie et Yseult, à l'origine de ce projet unique sur l'oeuvre de leur père.

Jean Paul Riopelle a eu une telle palette de sujets picturaux que bien des thèmes de rétrospective sont possibles. Sa fille Yseult a eu l'idée il y a deux ans d'écrire une monographie sur l'oeuvre de Riopelle consacrée aux animaux, thème central de ses créations. La monographie Les migrations du bestiaire sort donc en même temps qu'un cycle d'exposition s'amorce à la galerie de Simon Blais, le marchand d'art montréalais qui embrasse le legs créatif de Riopelle depuis une vingtaine d'années.

Les animaux ont passionné Riopelle. Pêcheur et chasseur dès son plus jeune âge, il a peint des dizaines de sortes d'animaux dont l'obsédant hibou et l'oie blanche si souvent représentés, mais aussi le gibier, les animaux domestiques et les oiseaux de proie.

«Tout le monde disait qu'il était abstrait, mais lui disait qu'il ne l'était pas, dit Yseult Riopelle. Depuis le début, les animaux et la nature sont présents partout. Les titres de ses oeuvres le montrent.»

«Il nous emmenait au cirque et au Zoo de Vincennes, à côté de Paris, ajoute Sylvie Riopelle. Il achetait des revues sur la vie des bêtes et il allait à la chasse très souvent.»

La plupart des 40 oeuvres exposées à Montréal proviennent de la collection des soeurs Riopelle ou de celle de Simon Blais, mais la tournée comprendra aussi des oeuvres prêtées. La présentation couvre tout l'éventail de création de Riopelle avec les huiles, l'estampe, le bronze, les collages, les techniques mixtes, le fusain, la lave émaillée et la céramique.

Yseult Riopelle décrit ainsi, dans sa monographie, l'étendue du langage riopellien présenté: «Textures veloutées, couleurs éclatantes, bestiaire d'une grande complexité, porteur de symboles où l'artiste acharné défriche de nouvelles sentes. Imaginaire sans limite... lecture infinie.»

Elle a composé son ouvrage en faisant des liens entre des oeuvres de différentes époques. Cette méthodologie a été conservée dans la scénographie de l'expo. On retrouve, par exemple, des peintures reliées à des bronzes, comme l'eau-forte L'élan de 1968 présentée à côté de la sculpture Famine wapiti de 1970. Dans la même salle, on a mis côte à côte la sculpture Loup-garou, de 1970, et celle Sans titre, vers 1973, qui représente un lièvre les oreilles dressées.

On peut admirer aussi une de ses dernières créations, faite à partir du même rouleau de toile que son oeuvre la plus imposante, L'hommage à Rosa Luxemburg. La peinture, Sans titre, Autour de Rosa, créée en 1992, est une des quatre oeuvres ultimes de l'artiste. Il y a représenté des oiseaux, une souris, un poisson, et divers objets comme un harnais, une pince, un ventilateur et une paire de ciseaux.

Il faut voir l'immense peinture Au pays des ouaouarons, de 1983, oeuvre d'avant-garde de 3,2 m x 3,2 m composée de lithographies rehaussées avec la technique du pochoir, les bombes aérosols servant à dessiner la silhouette d'animaux morts placés par l'artiste sur sa toile. «Le cercle central de l'immense ventilateur a été fait au pochoir avec notre table de jardin qu'il a bombée à côté des oiseaux de Cap-Tourmente», explique Yseult Riopelle. Une oeuvre très «inventive», mentionne Simon Blais, et qui est à vendre pour 450 000$.

On retrouve aussi Riopelle le grand recycleur, lui qui utilise ses propres essais de lithographies de sa série des Hiboux pour créer une oeuvre de collages. Et lui qui détourne ses oeuvres pour en créer d'autres, comme cette technique mixte de 1989 élaborée sur une lithographie de 1972 et constituée de cartons découpés notamment dans des caisses de cigarettes Gauloises.

Une grande tournée

Cette expo est le prélude d'une tournée Les migrations du bestiaire, une présentation qui ne sera jamais la même dans chacun des lieux visités, les oeuvres choisies dépendant du conservateur et de l'espace disponible. Après la Galerie Simon Blais, elle sera au Centre d'exposition Lethbridge de Saint-Laurent du 18 décembre au 25 janvier 2015, puis à la maison de la culture Frontenac, du 28 janvier au 1er mars 2015, à la Galerie d'art Desjardins de Drummondville, du 8 septembre au 18 octobre 2015, au Musée régional de Rimouski, presque en même temps, du 17 septembre au 22 novembre 2015, et enfin à la Maison Hamel-Bruneau, à Québec, durant l'été 2016.

Comme l'explique Yseult Riopelle, ces expositions auront un parfum différent pour faire découvrir encore et encore l'univers attachant, fantastique et mâtiné de surréalisme de ce génie de la peinture qu'était son père.

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Les migrations du bestiaire, oeuvres de Jean Paul Riopelle, à la Galerie Simon Blais, 5420, boulevard Saint-Laurent, jusqu'au 14 juin.




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