Arsenal art contemporain: mises à nu

Jean-François Bouchard poursuit sa visite des marges avec... (Photo fournie par Sid Lee)

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Jean-François Bouchard poursuit sa visite des marges avec Transpose, un regard au scalpel sur l'expérience singulière de transsexuels.

Photo fournie par Sid Lee

Mario Cloutier

La photographie documentaire est tout un art. Ce vocable qualifie bien les démarches de Jean-François Bouchard et de Sophie Lambert, dont les travaux sont exposés par Arsenal art contemporain.

Jean-François Bouchard poursuit sa visite des marges avec Transpose, un regard au scalpel sur l'expérience singulière de transsexuels. Sa série photographique transcende les clichés et les appréhensions pour rendre l'humanité des sujets.

Le photographe nous avait donné Still Life, une exposition troublante sur des visages de poupées érotiques plus vraies que nature, obscurs objets de désir avec lesquels des hommes entretenaient des rapports étranges.

Avec Transpose, il continue sa quête en se penchant sur le cas d'hommes qui étaient malheureux dans un corps de femme. Le photographe capte ses sujets de manière à la fois crue et belle. Son esthétique expose le grain de leur peau, tout en adoptant un côté très « plastique », voire irréel, par son utilisation de la lumière.

Au-delà de l'anecdote et du caractère sexuel des transformations photographiées par Bouchard, on trouve une véritable réflexion sur la réalité de ces nouveaux hommes. De courts textes, écrits par les sujets eux-mêmes, nous font comprendre qu'on se situe à mille lieues d'un voyeurisme simpliste, au pays complexe de l'intimité et des sentiments.

Le partage

Sophie Lambert, de son côté, s'intéresse aux réseaux sociaux et à l'idée de partage, malgré l'isolement souvent inhérent aux échanges numériques.

Sa mini-rétrospective, Moi et nous, comprend des milliers de photos tirées du web ou réalisées à la suite de rencontres sur l'internet, ainsi que des objets échangés par l'entremise des réseaux sociaux. Son travail se situe exactement sur la ligne de force des réseaux sociaux, une frontière mince séparant l'intime du public.

Des confidences très personnelles recueillies sur le web ont été exposées dans la rue, provoquant des réactions diverses et éloquentes des passants. Aussi, sa série de photos de nus d'inconnus, qui ont choisi des lieux insolites de mise en scène, est porteuse d'humanité touchante, comme l'extension insoupçonnée de réseaux devenus ici véritablement sociaux.

Il sera intéressant de suivre les prochains projets de Sophie Lambert. Voilà une artiste qui ose explorer la psyché humaine dans ce qu'elle a de plus fragile, de plus dérangeant aussi.

Transpose et Moi et nous chez Arsenal art contemporain jusqu'au 10 mai.




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