Sylvie Cotton: ouvrir les yeux

L'exposition Dessiller présente notamment des objets-métaphores posés sur... (Photo: Olivier Jean, La Presse)

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L'exposition Dessiller présente notamment des objets-métaphores posés sur des socles religieux.

Photo: Olivier Jean, La Presse

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Mario Cloutier

La maison de la culture Maisonneuve présente jusqu'au 16 février l'exposition Dessiller de l'artiste Sylvie Cotton qui nous ouvrent les yeux sur la fin de vie des aînés.

Sylvie Cotton a effectué une résidence de huit semaines au CHSLD Ma Maison Saint-Joseph à la fin de 2013. Elle en est revenue avec une matière étonnante dont l'exposition Dessiller en est la trace.

Quelques objets seulement. Un journal de bord, des photos et dessins, ainsi que des objets-métaphores posés sur des socles religieux. Un climat de recueillement, de réflexion.

L'artiste performeuse a été touchée par ce qu'elle a vu, ce qu'elle a ressenti au contact des personnes âgées. «J'ai voulu tendre une main, une oreille, être un coeur et des poumons. J'y ai compris que chaque moment est précieux», explique-t-elle.

L'art action tel qu'elle le pratique amène Sylvie Cotton à la rencontre de l'autre. Mais pas nécessairement dans le but de transformer les gens desquels elle prend la main. «Il s'agit d'être là, être en relation, créer un lien, composer avec ce qui est là au lieu de l'arranger et de le manipuler», dit-elle encore.

L'artiste explore de nouvelles «façons d'approcher et de contempler la mort», mais cette résidence aura été féconde de vie. On peut le lire dans son journal de bord et le voir dans ses créations. «Ce sont eux qui m'ont donné l'envie d'explorer de nouvelles façons de dessiner, par exemple. En rencontrant quelqu'un, on se reconnaît soi-même», croit-elle.

Il ne faut pas chercher de message politique ou polémique dans le travail de Sylvie Cotton. Son oeuvre éphémère ne représente en rien une critique envers le personnel débordé des CHSLD, tout au plus une réflexion sur les processus de fin de vie.

Une question relationnelle

L'art a toujours été une question relationnelle pour celle qui préfère être reconnaissante que reconnue. «Quand j'ai commencé, j'ai voulu rapprocher l'art et la vie. On n'est jamais seul, même en atelier. L'art est toujours le fruit d'une rencontre entre une oeuvre et un public.»

Cette rencontre fera l'objet d'une table ronde qui s'annonce des plus intéressantes le 13 février. L'artiste y sera en présence d'Adriana de Oliveira, de l'organisme Turbine, spécialisé en résidences d'artistes dans les écoles, et de Serge Marchetta, de C2S arts et événements, organisme de médiation culturelle dans Hochelaga-Maisonneuve.

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Expo jusqu'au 16 février et table ronde le 13 février à la maison de la culture Maisonneuve.




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