Les Jardins du précambrien : là où le silence est d'art

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Cette année, pour la 19e édition du Symposium international d'art nature organisée à Val-David par les Jardins du précambrien, les 3,5 km de sentiers accueillent huit artistes d'Amérique du Nord, des Caraïbes et du Chili. Et samedi, l'auteur de littérature jeunesse Gilles Tibo participera à une activité comprenant un atelier de céramique. De quoi donner envie d'emmener les jeunes prendre un bol d'air culturel dans les Laurentides!

Prenez une demi-douzaine d'artistes visuels des Amériques, un poète, un compositeur de musique et un auteur de littérature jeunesse, brassez-les et vous obtiendrez une recette culturelle gagnante à 1h30 de Montréal.

La Presse s'est rendue à Val-David pour découvrir la programmation 2013 des Jardins du précambrien, cet événement multidisciplinaire créé en 1995 sur ses terres par le graveur et céramiste René Derouin. Un événement que la nouvelle directrice Marie-Claude Cossette a baptisé Territoire Art-Nature afin qu'on comprenne bien que ces Jardins n'ont rien à voir avec ceux de Métis. Ici, c'est le génie des artistes qui fleurit.

D'abord, une bonne nouvelle: il n'y a plus de mouches dans les sentiers! Ouf! On peut ainsi grandement profiter de ces lieux paisibles et frais où les artistes sélectionnés par la commissaire Chloë Charce ont créé, durant leur résidence au début de juillet, des oeuvres basées sur le thème «Lieux/Lieues». Un thème qui évoque l'espace autant physique qu'imaginaire.

Au début du circuit, on trouve quelques oeuvres des années précédentes, notamment l'oeuvre collective de 2012 faite de dizaines de petits objets en céramique créés par les jeunes de l'école Élan. Puis, on découvre la création du compositeur Jean-François Blouin, pompeusement appelée Invisible opacité de la transcendance de l'empreinte, un mélange de musique électronique et de sons de la nature qu'on peut écouter couché dans une chaise longue.

Intégration

Puis, sur le Sentier des chevreuils, l'oeuvre de Guillaume Labrie apparaît subitement. L'artiste de Québec associe objets et lieux dans des contextes architecturaux. Son installation rappelle le cube blanc. Au sein d'un bosquet, il a construit un mur qui se moule autour d'une roche et dans lequel un coyote joue à cache-cache. Belle intégration. Plus loin, pour sa première exposition hors galerie, la New-Yorkaise d'origine ontarienne Sherri Hay (qui est inspirée par l'animisme) a placé entre les arbres des pastilles roses et vertes suspendues dans les airs. Cette installation intitulée Des millions de feuilles donne une perspective surprenante vue du sentier.

Du Chili, Mónica Bengoa propose quelques mètres plus loin une belle illustration du mariage entre art et nature avec les six arbres qu'elle a habillés de longues écharpes de mots en feutre cousus les uns aux autres. Des mots en français, en anglais et en espagnol, les langues majeures des Amériques, et qui illustrent la pensée de Georges Perec sur l'impossibilité de classer les choses avec satisfaction.

Avec Wes Johnston, de Nouvelle-Écosse, l'installation TBD offre différents sons émis dans la nature. On se croirait dans un sous-marin perdu dans les arbres!

Les joies ineffables de l'énumération, de Mónica Bengoa.... (Photo: fournie par Les Jardins du précambrien) - image 2.0

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Les joies ineffables de l'énumération, de Mónica Bengoa.

Photo: fournie par Les Jardins du précambrien

De Cuba

Les arbres jouent aussi un rôle majeur avec le Cubain Humberto Díaz dont l'installation Petites connexions est constituée de deux interventions. D'abord, des crayons à mine jaunes et rouges plantés dans les noeuds de dizaines d'arbres pour signifier le retour du crayon à son origine, et une montagne de meubles cassés ou abandonnés qu'il a placés dans et autour d'un arbre, dans le même objectif de ce retour à la nature du bois transformé.

Christine Juillard et Michel Bachelet, qui composent le collectif Zoné vert, ont créé une installation faite de planches de pin blanc dans lesquels ont été percés des ouvertures géométriques illustrant l'intervention de l'homme dans la nature. Une sorte de cathédrale de bois. Magnifique.

José Acquelin

Enfin, le poète José Acquelin a créé un site rappelant la tente amérindienne mais inspirée de Gaston Miron d'où son nom de pyramide «amirondienne». On peut s'y reposer grâce à quatre chaises longues en textilène, ce qui a fait dire au poète qu'il s'agissait de laine de textes... «Un obélisque de jeux de mots», ajoute Chloë Charce.

Avant de quitter ces lieux enchanteurs, on visite l'atelier-boutique de René Derouin pour ses linogravures, ses sculptures et ses papiers découpés. Il fera l'objet d'une exposition à la Grande bibliothèque en octobre.

Enfin, samedi à 13h30, l'auteur Gilles Tibo discutera de son travail et participera à un atelier de céramique avec le public. Avec pour matériel de l'argile et 40 mots qu'il a choisis dont bruissement, écorce ou silence. Ce silence si richement accompagné dans ce musée d'art contemporain en plein air. Là où le silence est d'art.

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Pour informations, itinéraire et tarifs: www.jardinsduprecambrien.com

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