Les jeux vidéo envahissent les musées

Un ordinateur sur lequel les premiers adeptes des... (Photo fournie par le Museum of the moving image)

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Un ordinateur sur lequel les premiers adeptes des jeux vidéo ont pu d'adonner à Spacewar!

Photo fournie par le Museum of the moving image

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Yves Schaëffner, collaboration spéciale
La Presse

(New York) Aller au musée pour jouer à des jeux vidéo? C'est possible au Museum of the Moving Image de New York avec l'exposition Spacewar! Video Games Blast off. À vos manettes!

Première surprise en arrivant au Museum of the Moving Image dans le quartier Queens: le prix d'entrée inclus quatre jetons. Gros comme des pièces de 25 cents, ces derniers sont à l'effigie des créatures de Space Invaders et servent à jouer aux bornes d'arcade qui constituent l'épine dorsale de l'exposition Spacewar! Video Games Blast Off.

Une fois à l'étage de l'expo, seconde surprise. Les murmures polis qui peuplent généralement les musées sont ici remplacés par une joyeuse cacophonie de cliquetis et de bruits électroniques en tout genre. On se croirait dans une salle d'arcade. Une salle d'arcade des années 80 pour être précis, étant donné l'âge vénérable de la plupart des machines présentées.

À l'entrée, on trouve le jeu vidéo qui donne son nom à l'exposition. Créé en 1961 par un groupe de chercheurs et d'étudiants du Massachussetts Institute of Technology, Spacewar! présente un écran circulaire où deux triangles (des vaisseaux spatiaux, avec un peu d'imagination) s'affrontent à coups de poussifs tirets lumineux.

Quasi préhistoriques, les manettes de contrôle se composent de deux interrupteurs en métal et d'un bouton rouge en plastique. En quelques secondes, on se rend compte que Spacewar! est aux jeux vidéo ce que le télégraphe est au iPhone 5: un lointain, mais vénérable ancêtre.

Révolution

Lors de sa présentation en 1962, Spacewar! a toutefois instigué une petite révolution. Il a incité toute une génération de créateurs de jeux vidéo à s'inspirer de thèmes chers à la science-fiction (vaisseaux-spatiaux, extra-terrestres, guerre nucléaire, etc.).

Et surtout, Spacewar! est le précurseur du type de jeu le plus populaire: les jeux de tir. C'est pourquoi on retrouve à ses côtés une myriade de jeux qui partagent son code génétique, tels Computer Space (la première borne d'arcade commercialisée en 1971), Space Invaders (1978) ou Battlezone, une borne d'Atari qui a introduit en 1980 le concept du jeu de tir en vue subjective si commun depuis.

En tout, l'expo offre 10 bornes d'arcade (dont l'impressionnante Galaxy Force II) et une dizaine d'autres titres jouables aussi bien sur la vénérable console Atari 2600 que sur la récente XBox 360.

Reconnaissance

Si Spacewar! Video Games Blast Off est loin d'être la première expo du genre, elle arrive à un moment où les jeux vidéo semblent faire l'objet d'une plus large reconnaissance.

En effet, plus tôt cette année, le célèbre Smithsonian de Washington a présenté The Art of Video Games une exposition très commentée, tandis que le Museum of Modern Art de New York a récemment fait l'acquisition de 14 jeux, dont Pac-Man et Tetris.

Contrairement à bien d'autres manifestations du genre, Spacewar! a l'avantage de permettre aux visiteurs d'interagir directement avec les bornes et autres consoles. Fragiles et de plus en plus rares, les questions relatives à leur conservation reviennent régulièrement. Mais pour les commissaires de l'exposition, il était essentiel de présenter des jeux fonctionnels. «Juste voir ce qui se passe sur un écran ne permet pas de comprendre ce qui fait qu'un jeu est unique et intéressant», explique le directeur du musée, Carl Goodman. L'expo se poursuit jusqu'au 3 mars 2013.

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