Les Rothschild exposés à Paris

L'Angélus de Jean-Francois Millet fait partie de l'exposition... (Photo: AFP)

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L'Angélus de Jean-Francois Millet fait partie de l'exposition Les Rothschild en France au XIXe siècle.

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Sandra Lacut
Agence France-Presse
Paris

Les Rothschild, c'est d'abord un empire financier ou des grands crus prestigieux, mais une nouvelle exposition qui s'ouvre mardi à la Bibliothèque nationale de France (BnF) révèle une famille passionnée par les arts dont les collections ornent les plus grands musées.

«C'est une famille très unie qui va créer avec quelques autres la haute finance au XIXe siècle et dont la branche française va contribuer à moderniser la France», explique Claude Collard, commissaire de l'exposition avec Melanie Aspey, directrice des archives Rothschild à Londres.

Intitulée Les Rothschild en France au XIXe siècle, elle rassemble près de 200 tableaux, manuscrits, photographies et documents d'archives autour d'une figure centrale, James, l'un des cinq frères de la famille Rothschild (originaire de Francfort et anoblie par l'empereur d'Autriche en 1822), arrivé à Paris à l'âge de 20 ans en 1812.

Tantôt allié, tantôt rival des célèbres frères Pereire, portugais, et Camondo, espagnols, James va faire de Paris une grande place financière.

Trois de ses frères, Nathan, Salomon et Carl s'établissent à Londres, Vienne et Naples, Amschel, le quatrième, reste à Francfort. Grâce à leurs réseaux, ces grands banquiers juifs s'engagent dans l'industrie, les matières premières, les transports.

Acteurs de la révolution du rail, du textile et des mines, promoteurs d'un nouvel urbanisme, ils témoignent également du passage d'une société aristocratique et rurale à une société bourgeoise et industrielle.

Mais ce sont aussi de grands esthètes, des mécènes et collectionneurs qui animent la vie artistique: «Renoir, Degas, Pissaro, Cézanne, Monet... De très nombreux tableaux du musée d'Orsay proviennent de leurs collections tout comme beaucoup d'oeuvres d'art rassemblées au Louvre, à la BnF, au musée national de la Renaissance, au château d'Ecouen ou au musée des Arts Décoratifs», souligne Mme Collard.

Tournedos Rossini

Parmi les descendants de James, «Henri (1872-1942) créera le théâtre de Pigalle et deux sociétés philanthropiques, l'une du lait, l'autre du vin. Son fils, Philippe (1902-1988), viticulteur, poète et réalisateur, lancera les étiquettes du Château Mouton créées par des artistes comme Chagall, Picasso ou Soulages», ajoute Mme Aspey.

Généreux donateurs, les Rothschild lègueront notamment au Louvre La laitière de Jean-Baptiste Greuze ainsi que 40 000 dessins de peintres dont Rembrandt, Raphaël et Dürer.

Ils collectionnent des objets religieux, conservés aujourd'hui au musée d'art et d'histoire du Judaïsme, mais également une statuaire catholique dont plusieurs vierges à l'enfant.

Des manuscrits enluminés, des autographes de Pierre Corneille et Madame de Maintenon, des ouvrages à reliure précieuse et des clichés des photographes Eugène Disderi et Edouard Baldus ont également été légués à la BnF.

«Parallèlement aux arts, ils soutiennent la recherche médicale, créent un hôpital, des dispensaires, un sanatorium et une mission pour les brûlés de la Grande Guerre», poursuit Mme Aspey.

Leur goût pour le raffinement et le brassage des idées se reflète dans des intérieurs parfois chargés. Leur demeure de la rue Lafitte à Paris et le château de Ferrières sont le cadre de somptueuses réceptions où se croisent Balzac, Delacroix, Heinrich Heine, Berlioz, Rossini ou Chopin.

James inspirera plusieurs personnages de romans d'Honoré de Balzac, de Stendhal ou d'Émile Zola.

Selon Mme Collard, le compositeur italien «Rossini affectionnait le cuisinier de James, Antonin Carême - considéré comme le père de la haute cuisine française - auquel il offrait des arias en échange de pâtés. Il a certainement donné son nom au célèbre tournedos» à base de foie gras.

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Les Rothschild en France au XIXe siècle, BnF, 5 rue Vivienne, du 20 novembre au 10 février 2013

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