Six Mil Antennas : du cinéma immersif qui a de l'étoffe

Film à la fois futuriste et fantaisiste, Six... (Photo: fournie par la SAT)

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Film à la fois futuriste et fantaisiste, Six Mil Antennas s'interroge sur le destin de la planète et de ses locataires avec grand art et sans outrance.

Photo: fournie par la SAT

Six Mil Antennas est le troisième projet conjoint du réalisateur Johnny Ranger et du musicien Manuel Chantre. C'est aussi l'un des premiers longs métrages immersifs 360º à se frayer un chemin dans le domaine de la fiction, ce qui donne à la SAT des idées de commercialisation.

Six Mil Antennas était sorti discrètement dans une version de 1 h 25 l'an dernier. Plus ramassée, la version 2.0 est destinée aux amoureux du cinéma, des jeux vidéo et de la musique électronique. Son concept est né dans les méninges de Johnny Ranger, ex-directeur artistique chez Moment Factory, qui vient de créer deux vidéos pour la tournée de Madonna.

Pour Six Mil Antennas, il s'est inspiré des recherches sur la conscience et le psychédélisme du philosophe et scientifique John C. Lilly. «Dans le film, on est dans le monde du rêve et du fantasme, dit-il. C'est plus un film sur la conscience que sur l'esprit rationnel, une narrativité proche de la peinture en mouvement, avec une esthétique contemporaine et épurée.»

Six Mil Antennas ouvre un espace artistique fascinant, au croisement du film d'art et du film d'auteur. L'oeuvre, qu'on regarde couché sur de longs matelas, évoque des univers parallèles tout en se référant à la réalité. Le film débute comme un long métrage de science-fiction, mais sa narration n'est pas évolutive. Le réalisateur a privilégié un séquençage en tableaux.

Dépourvu de dialogues, le scénario prend du coffre grâce à la musique de Manuel Chantre, qui travaille sur les fréquences et les vibrations tout en faisant appel à des sonorités variées: basson, flûte, harpe ou guitare. «Globalement, je me suis dirigé vers le son psychédélique des années 2000», dit-il.

Diffusée par 157 haut-parleurs, la musique, très planante, est bien ancrée au visuel. Le travail d'assemblage d'images et de formes géométriques s'accompagne de scènes avec des acteurs comme celle du kamikaze autour duquel une danseuse interprète un flamenco. Les images sont poétiques (des êtres humains qui se retournent sur des amas cellulaires), mais aussi engagées: puits de pétrole polluants, manifestations citoyennes évoquant le Printemps arabe ou évocation du cataclysme de Fukushima.

Sous des airs de film expérimental, Six Mil Antennas parle de condition humaine, de protection de l'environnement, de respect des différences, de trafic d'armes et du danger d'une économie sans garde-fous. Film à la fois futuriste et fantaisiste, il s'interroge sur le destin de la planète et de ses locataires avec grand art et sans outrance. Son propos est d'autant plus efficace qu'il est emballé dans une belle bande sonore qui fait léviter pendant 55 minutes!

Au-delà des frontières

Johnny Ranger aimerait que son film soit distribué dans un réseau de planétariums. Celui de New York serait intéressé. Mais on en est encore aux premiers frémissements de la distribution de films numériques immersifs. La SAT y travaille...

«À la SAT, on traverse les disciplines, les générations, les cultures, dit sa présidente fondatrice, Monique Savoie. C'est notre ADN. On est dans l'avant-garde et la contamination positive. Six Mil Antennas est peut-être plus près du cinéma que de l'oeuvre expérimentale.»

«On fait notre chemin tranquillement pas vite, ajoute Johnny Ranger. Les arts numériques sont assez récents dans la culture. Aucune industrie n'est encore organisée pour ça. On sait aussi que ça n'intéresse pas tout le monde. Comme la philosophie!»

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À la SAT, du mardi au vendredi, 20 h, jusqu'au 31 août




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