GRAND ANGLE

Priorité: traverser janvier

Après le tollé causé en août par son... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Après le tollé causé en août par son collègue de l'Éducation, Mme David, par ailleurs, avait déjà rétabli le budget de 15 millions pour l'achat de livres par les bibliothèques scolaires. Jeudi, nos sources chez les distributeurs disaient que les achats étaient «très lents».

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Daniel Lemay
La Presse

Entre la baisse du prix du brut et celle du mercure et le décompte macabre de la dernière attaque terroriste, les dossiers culturels, ce matin, ne constituent certainement pas une priorité.

Pas plus, il est vrai, qu'ils ne compteraient parmi les urgences nationales si le litre d'ordinaire coûtait toujours 1,29 $ et si les échelles Celsius et Fahrenheit ne menaçaient pas de se rejoindre à 40 au-dessous de zéro, comme elles le font parfois. Temps austères...

Reste que la rentrée d'hiver - qui porte bien son nom cette semaine - arrive avec son lot de dossiers «à régler», certains chauds comme la lecture à l'école, d'autres réchauffés et d'autres encore placés sur le back burner - les difficultés des salles privées du Quartier des spectacles, notamment -, faute de volonté ou de ressources pour les résoudre.

Chaque secteur, bien sûr, a ses problèmes et sa feuille de route: ceux du livre diffèrent largement de ceux du disque ou du spectacle vivant, même si tous les secteurs prétendent participer de la vitalité culturelle du Québec quand ce n'est pas de sa survie. L'impact média dépend du degré d'intégration desdits secteurs, du prestige de leurs porte-parole, de leur indépendance relative par rapport aux organismes subventionnaires ou de la place qu'on leur prête dans l'échelle de la «grande» culture: le livre et le cinéma en haut et puis le reste, en un long dégradé.

À cet égard, le livre constitue certainement la «chaîne» la mieux organisée et la majorité la plus audible, comme a pu s'en rendre compte depuis son arrivée en poste la ministre de la Culture, Hélène David. «De manière générale, le nouveau gouvernement semble prêter bien peu d'intérêt au livre et à la lecture», écrivait en décembre la Table de concertation du livre qui réunit les associations des bibliothèques publiques, des distributeurs, des libraires et des écrivains du Québec. L'objet de la lettre à la ministre: «Plan de soutien à la librairie agréée». Les librairies agréées, au nombre de 180 au Québec, sont les seules où peuvent s'approvisionner les écoles, ministères et autres institutions publiques. Des librairies ferment, autant de coups portés, selon les gens du livre, à la «bibliodiversité».

Trois jours après la lettre de la Table, la ministre annonçait la mise en place, «au début de 2015», de «mesures structurantes qui auront des effets sur les librairies agréées, sur les lecteurs et sur l'ensemble des acteurs de la chaîne québécoise du livre». La chaîne a bien hâte de voir les «effets». Les lecteurs aussi.

Après le tollé causé en août par son collègue de l'Éducation, Mme David, par ailleurs, avait déjà rétabli le budget de 15 millions pour l'achat de livres par les bibliothèques scolaires. Jeudi, nos sources chez les distributeurs disaient que les achats étaient «très lents». Des commissaires et des directrices d'école croient peut-être, à l'instar du ministre Bolduc, que les écoles ont «assez de livres»...

Dans un autre ordre d'idées, l'Union des écrivaines et des écrivains québécois, avec ses alliés du milieu du livre auxquels doivent se joindre des universités et autres organismes, s'apprête à dénoncer la décision du gouvernement Couillard de mettre fin à la subvention - moins de 200 000 $ par année - versée à l'Association internationale des études québécoises. Créée en 1997 avec comme mission de «mieux faire comprendre le Québec», l'AIEQ réunit plus de 3000 membres dans 82 pays, des universitaires pour la plupart oeuvrant dans quelque 40 disciplines comme la linguistique, la littérature et la politique.

Semblerait que quelqu'un, quelque part au gouvernement, n'a pas saisi la totalité des enjeux qui dépassent largement, ici, le rayonnement des créations artistiques québécoises.

À l'échelle fédérale, l'année 2015 nous amènera d'autres élections générales, les cinquièmes depuis 2004. Les milieux de la culture, qui dénoncent depuis longtemps les compressions du gouvernement «Art-Peur», n'attendent rien de neuf des conservateurs. La campagne ne se fera pas sur la culture, mais il sera intéressant de voir ce qu'auront à proposer aux Québécois Justin Trudeau et les libéraux (34 sièges en 2011) de même que le NPD qui voudra conserver ses acquis au Québec.

L'année 2015 nous rapproche aussi à deux ans de 2017, aux anniversaires multiples dont le 375e anniversaire de la fondation de Montréal. Au-delà des voeux pieux, qu'en sera-t-il de la marche vers «Montréal, métropole culturelle internationale»? Et de sa position comme centre de création et de diffusion par rapport aux autres régions du Québec?

Même si personne ne le crie, le temps de la parité est révolu.

Entre-temps, la priorité est la même à Montréal qu'à Saguenay: traverser janvier.

À L'AGENDA

Pendant janvier et février, Pointe-à-Callière, le Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, offre une réduction du prix d'entrée équivalente, en pourcentage, à la température au-dessous de zéro. Si, samedi matin à 10h, comme le prédit Environnement Canada, le mercure indique un confortable 10° Celsius au-dessous de zéro, vous pourrez bénéficier d'une réduction de 10 % pour visiter l'expo Les Grecs - D'Agamemnon à Alexandre le Grand. Bonne raison d'arrêter de chialer contre l'hiver.

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