La Caisse de dépôt augmente sa mise dans SNC-Lavalin

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La Caisse de dépôt et placement du Québeca débloqué environ 75 millions de dollars pour acquérir près de 2 millions d'actions jeudi et vendredi derniers.

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Richard Dufour

Après une nouvelle chute de l'action de SNC-Lavalin depuis la mi-février, la Caisse de dépôt et placement du Québec et la direction de SNC passent à l'action en intervenant de façon directe sur le marché boursier.

La Caisse de dépôt a débloqué environ 75 millions de dollars pour acquérir près de 2 millions d'actions jeudi et vendredi derniers. De son côté, SNC-Lavalin a racheté de gros blocs d'actions chaque jour la semaine passée, pour une somme globale d'environ 13 millions de dollars.

Ces informations sont révélées dans des documents qui viennent d'être déposés auprès des autorités réglementaires.

Ensemble, ces gestes de la Caisse et de SNC-Lavalin ont une valeur de près de 90 millions de dollars sur le marché boursier.

Cette intervention de la part de l'entreprise et de son plus important actionnaire contribue à soutenir le titre et à mieux situer ce qui pourrait être un plancher à court terme.

Chute de 20% de l'action

Le titre de SNC-Lavalin a perdu plus de 20% en un mois pour reculer à 36$ dans la foulée d'accusations pour fraude et corruption en février, ainsi que de l'annonce (le 5 mars) de prévisions décevantes pour les mois à venir. L'action a rebondi de 12% en deux jours la semaine dernière sous l'impulsion, notamment, des décisions prises par la Caisse et SNC. Le titre reste cependant encore loin de la barre des 60$ frôlée à la fin de l'été.

Fidèle à son habitude, la Caisse n'a pas voulu commenter les transactions qu'elle effectue au quotidien. Chez SNC-Lavalin, le porte-parole, Louis-Antoine Paquin, soutient que la décision de racheter des actions n'a pas été prise dans le cadre d'une action concertée avec la Caisse.

«Jusqu'au 4 juin, nous pouvons racheter 3 millions d'actions ordinaires aux fins d'annulation. À ce stade, il ne m'est toutefois pas possible de m'avancer sur la possibilité que d'autres rachats soient effectués d'ici le mois de juin», souligne M. Paquin.

Selon le gestionnaire de portefeuille Pierre Lacroix, qui a longtemps suivi les activités de SNC-Lavalin en tant qu'analyste chez Desjardins, la Caisse a simplement décidé de profiter d'une occasion d'investissement. «Il y a beaucoup de valeur et d'actif dans SNC-Lavalin. Si, demain, cette entreprise se vendait à la pièce, ça vaudrait beaucoup plus que le prix du titre à l'heure actuelle. C'est pourquoi les gens de la Caisse de dépôt sont positifs», dit-il.

Le plus gros actionnaire

Avec une participation qui atteint maintenant environ 12% dans SNC, la Caisse de dépôt demeure le plus gros actionnaire de la firme montréalaise de génie-conseil. Au cours actuel, la valeur des 17,2 millions d'actions de la Caisse est de près de 700 millions de dollars.

En annonçant en janvier qu'elle souhaitait augmenter son exposition aux grands projets d'infrastructures, la Caisse s'est beaucoup rapprochée du terrain sur lequel SNC-Lavalin fait affaire. L'acquisition de nouveaux blocs d'actions de SNC par la Caisse est assurément un signal fort envoyé aux marchés, à tout le moins en ce qui concerne son évaluation boursière de l'entreprise.

Hier, l'action de SNC-Lavalin a clôturé en recul de 2,5%, à 39,43$, à la Bourse de Toronto. Le creux de 36,24$ atteint durant la séance du 6 mars était le plus bas niveau observé depuis l'été 2012.




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