BCE et Bell Aliant: l'inévitable fusion

George Cope, PDG de BCE.... (PHOTO MATHIEU BELANGER, ARCHIVES REUTERS)

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George Cope, PDG de BCE.

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Paul Durivage
La Presse

C'était écrit dans le ciel des télécoms. La fermeture du capital de Bell Aliant (T.BA) par BCE (T.BCE) ne surprend aucunement la communauté financière. Même qu'elle était prête à attendre encore quelques trimestres, les généreux dividendes de l'opérateur d'Halifax favorisant la patience.

Déjà en septembre dernier, l'analyste Maher Yaghi, de Valeurs mobilières Desjardins, jonglait avec le montant que BCE pourrait payer pour avaler sa filiale régionale. Un prix de 31$ par action lui paraissait juste. L'offre du conglomérat lui semble aujourd'hui d'autant plus appropriée, considérant l'apathie du marché pour les titres de télécoms.

L'analyste Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, avait lui aussi envisagé l'acquisition en octobre dernier. «Aussitôt que l'acquisition d'Astral sera digérée, nous prévoyons que BCE cherchera une nouvelle acquisition bénéfique pour les flux libres de trésorerie», écrivait-il. Et d'enchaîner aussitôt sur tout le potentiel financier de Bell Aliant.

Les marchés boursiers n'ont d'ailleurs pas sursauté outre mesure. L'action de BCE a pris 81 cents, à 49,82$, dans un marché par ailleurs haussier. Pour sa part, le titre d'Aliant a nettement dépassé le prix offert dans le scénario «tout comptant» avec une valeur de 31,53$, un gain de 12% par rapport à la veille. C'est par ailleurs bien moins que les 36$ de 2006 quand Aliant était devenu un fonds de revenus, ce qui n'a jamais été autorisé à BCE.

L'offre publique d'achat sur l'opérateur établi à Halifax arrive néanmoins plus tôt qu'attendu par les experts. «La transaction n'est pas imminente, mais une fenêtre plus favorable pourrait s'ouvrir en 2015», prévoyait l'expert de RBC l'automne dernier. Oups! Adam Shine, de la Financière Banque Nationale, ne voyait pas non plus de dénouement avant 18 à 36 mois.

«Cela n'était pas nécessairement dans les plans immédiats alors que les actionnaires de Bell Aliant jouissent d'un robuste rendement en dividendes en attendant l'inévitable», constatait hier l'expert en télécoms de la Banque Nationale. Le titre «pépère» rapportait encore près de 6,8% avant le déclenchement de l'offre d'achat. BCE, avec déjà 44% des actions, n'était pas à la bourre non plus.

Croissance du dividende

En acceptant de convertir entièrement leurs actions en titres de BCE (le deuxième scénario), les actionnaires d'Aliant se contenteront d'un rendement de 5,6% sur leur mise, soit le rendement en dividende de 5,1% de BCE majoré de leur prime du jour. Ils peuvent cependant compter sur la croissance soutenue du dividende de BCE qui a pour politique de redistribuer jusqu'à 75% de ses flux de trésorerie.

Les versements du géant des télécommunications ont ainsi augmenté de 16% ces cinq dernières années, tandis qu'Aliant rapporte moins qu'au temps où elle rétribuait ses porteurs de parts chaque mois.

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LA RECOMMANDATION

La mainmise sur Bell Aliant n'a rien changé à l'appréciation de BCE dans la communauté financière. Les deux tiers des analystes intéressés recommandent de «conserver» le titre. Maher Yaghi, de Valeurs mobilières Desjardins, croit que l'opération assure la croissance du dividende de BCE pour une année ou deux, au cas où la rentabilité de ses activités de téléphonie sans fil serait pressurisée par la venue d'un quatrième joueur dans l'industrie. Le cours de BCE surpasse le prix cible sur 12 mois établi par le consensus des analystes.




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