Bay Street renoue avec Québecor

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Par l'entremise de sa filiale Vidéotron, Québecor a finalement déboursé 233 millions pendant les enchères, un montant jugé «très raisonnable» et même «opportuniste».

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Richard Dufour

(Montréal) Bay Street a applaudi Québecor jeudi pour sa gestion des enchères organisées dans le marché canadien de la téléphonie sans fil.

Après avoir cédé 13 % de sa valeur boursière depuis le début de l'année, Québecor a récupéré une partie du terrain perdu avec un bond de 8 % jeudi à Toronto.

Le titre a même commencé la séance en hausse de 10 % jeudi matin, en réaction à la publication la veille au soir des résultats des enchères du spectre de 700 MHz qui avaient commencé le 14 janvier.

Le repli du titre en 2014 semblait principalement s'expliquer par les craintes de voir Québecor dépenser au-delà de ses moyens (certains analystes pensaient que l'entreprise pourrait dépenser jusqu'à 600 millions durant les enchères) pour des licences dans le but éventuel de bâtir une plateforme sans fil pancanadienne.

Une occasion unique

Par l'entremise de sa filiale Vidéotron, Québecor a finalement déboursé 233 millions pendant les enchères, un montant jugé «très raisonnable» et même «opportuniste».

«Vidéotron a clairement saisi une occasion unique d'amasser du spectre pour pas cher non seulement au Québec, mais aussi en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta», dit Adam Shine, de la Banque Nationale.

«Québecor représentait le gros point d'interrogation des enchères, commente Robert Bek, de la CIBC. La grande question maintenant est de savoir ce que la direction entend faire avec les licences obtenues et comment la stratégie de la compagnie évoluera.»

Il faut s'attendre à ce que la spéculation entourant une expansion canadienne des activités de Québecor dans le sans-fil continue, compte tenu des licences acquises à l'extérieur du Québec.

«Je demeure sceptique et je conserve une opinion négative face à une stratégie nationale pour Québecor en raison des désavantages concurrentiels structurels hors Québec, mais aussi en raison des investissements que ça nécessiterait et des impacts négatifs sur la stratégie actuelle de l'entreprise», dit Tim Casey, de la BMO.

Le gouvernement canadien claironne que Québecor a maintenant la capacité de devenir le quatrième acteur national dans le sans-fil, derrière Bell, Telus et Rogers. Rien n'est cependant moins sûr.

«Québecor est le grand gagnant des enchères», dit Jeff Fan, de la Scotia. Mais l'acquisition de licences à l'extérieur du Québec n'est rien de plus qu'une décision financière, selon lui.

Il pense que le spectre acheté sera utilisé dans le cadre de négociations éventuelles avec Telus.

De son côté, Maher Yaghi, analyste chez Desjardins, doute que Québecor se lance dans la mise sur pied d'un réseau pancanadien sans changements importants à la réglementation.

Par ailleurs, les inquiétudes autour de l'arrivée prochaine de Verizon au Canada (par l'entremise d'une acquisition ou d'un partenariat) risquent de refaire surface. Et cette situation pourrait de nouveau placer les cours boursiers du secteur canadien des télécoms sous pression, prévient Drew McReynolds, de RBC.

Résultats à venir

Québecor présentera ses résultats trimestriels dans trois semaines. Les analystes voudront certainement tenter d'en savoir plus quant aux intentions des dirigeants pendant la conférence téléphonique qui servira à commenter la performance financière.

Sur la douzaine d'analystes qui suivent les activités quotidiennes de Québecor, huit recommandent l'achat du titre, trois suggèrent de le conserver et un en propose la vente.




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